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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2200438

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2200438

mardi 9 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2200438
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge social

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2022, M. C A demande au tribunal d'annuler la décision du 16 décembre 2021 par laquelle la commission de recours amiable instituée au sein de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne a refusé de faire droit à sa demande de prime d'activité.

Il soutient qu'il dispose d'un titre de séjour délivré le 2 octobre 2017 et qu'il y a lieu de tenir compte du titre de séjour dont bénéfice notamment sa mère ; dès lors, si l'on considère le titre obtenu par cette dernière à compter du 31 décembre 2015 qui chevauche sur la date de validité de son propre titre, sa durée de séjour équivaut à 5ans et 7 mois ; il remplit ainsi les conditions requises pour bénéficier de la prime d'activité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2022, la caisse d'allocations familiales de la Dordogne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'à la date de l'examen de sa situation par la commission de recours amiable, le requérant n'était pas titulaire d'un titre de séjour depuis au moins 5 ans, celui adressé ayant une date de validité à compter du 22 février 2019 et, en outre, il n'était pas autorisé à travailler.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :

- les conclusions de M. Dufour, rapporteur public.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A demande au tribunal d'annuler la décision du 16 décembre 2021 par laquelle la commission de recours amiable instituée au sein de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne a refusé de faire droit à sa demande de prime d'activité.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 842-2 du code de la sécurité sociale : " Le droit à la prime d'activité est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : 1° Etre âgé de plus de dix-huit ans ; 2° Etre français ou titulaire depuis au moins cinq ans d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : a) Aux ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; b) Aux réfugiés, aux bénéficiaires de la protection subsidiaire, aux apatrides et aux étrangers titulaires de la carte de résident ou d'un titre de séjour prévu par les traités et accords internationaux et conférant des droits équivalents ; c) Aux personnes ayant droit à la majoration prévue à l'article L. 842-7, qui doivent remplir les conditions de régularité du séjour mentionnées à l'article L. 512-2 ; 3° Ne pas être élève, étudiant, stagiaire, au sens de l'article L. 124-1 du code de l'éducation, ou apprenti, au sens de l'article L. 6211-1 du code du travail. Cette condition n'est pas applicable aux personnes dont les revenus professionnels excèdent mensuellement, pendant la période de référence mentionnée à l'article L. 843-4 du présent code, le plafond de rémunération mentionné au 2° de l'article L. 512-3 ; elle ne l'est pas non plus aux personnes ayant droit à la majoration prévue à l'article L. 842-7 ;()". Aux termes de l'article L. 843-2 du même code : " Sous réserve du respect des conditions fixées au présent titre, le droit à la prime d'activité est ouvert à compter de la date de dépôt de la demande ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 846-1 du code de la sécurité sociale : " La demande du bénéfice de la prime d'activité () peut également être réalisée par le dépôt d'un formulaire auprès de l'organisme chargé de son service () ". Aux termes de l'article R. 846-2 du même code : " L'allocation est due à compter du premier jour du mois civil au cours duquel la demande a été déposée conformément à l'article R. 846-1 ".

4. Il résulte des dispositions précitées que le bénéfice de la prime d'activité pour les étrangers, sous réserve de certaines exceptions, est soumis à une condition de détention d'un titre de séjour autorisant à travailler depuis au moins cinq ans à la date de la demande. Le droit à la prime d'activité est ouvert à compter de la date de dépôt de la demande, laquelle peut être effectuée par le dépôt d'un formulaire auprès de l'organisme chargé du service de la prime d'activité, et l'allocation est due à compter du premier jour du mois civil au cours duquel la demande a été déposée.

5. La caisse d'allocations familiales de la Dordogne a refusé d'allouer à M. A la prime d'activité au motif qu'il ne disposait pas depuis au moins cinq ans d'un titre de séjour l'autorisant à travailler conformément au 2° de l'article L. 842-2 du code de la sécurité sociale. Il résulte de l'instruction qu'à la date du dépôt de sa demande de prime d'activité, à laquelle s'apprécient les conditions d'ouverture du droit à cette allocation en vertu des dispositions combinées des articles L. 842-2 et L. 843-2 du code de la sécurité sociale, soit le 11 juillet 2021, M. A n'était pas titulaire depuis au moins cinq ans d'un titre de séjour l'autorisant à travailler, le premier titre de séjour de ce type lui ayant été délivré le 2 octobre 2017. M. A ne peut utilement se prévaloir du titre de séjour délivré à sa mère à compter du 3 décembre 2015 dès lors qu'il résulte des dispositions précitées que seule la situation du demandeur au regard de la régularité de son séjour doit être prise en compte. Si contrairement à ce que soutient la défense, M. A est autorisé à travailler, il ne rentre toutefois dans aucune exception prévue par les dispositions précitées qui serait de nature à l'exonérer de la condition de durée de séjour. Par ailleurs et ainsi qu'il l'indique lui-même, le requérant est étudiant.

6. Il résulte de ce qui précède que M. A ne remplit pas la condition requise permettant de lui ouvrir le droit à la prime d'activité. En conséquence, sa requête doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Dordogne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.

La magistrate désignée,

P. BLa greffière,

C. AHIN

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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