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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2200992

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2200992

lundi 26 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2200992
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge social

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 février 2022, M. A saisit le tribunal à la suite de la réception de la décision notifiée par courrier du 13 décembre 2021 par laquelle la commission de recours amiable, instituée au sein de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne, lui a seulement accordé une remise de dette partielle de dette correspondant à un indu de prime d'activité d'un montant de 614,56 euros au titre de la période du 1er mai au 31 septembre 2021 en laissant à sa charge 460,92 euros.

Il soutient qu'il a toujours déclaré ses revenus correctement et qu'en raison de sa situation, il pouvait bénéficier d'une prime d'activité ; il n'a jamais été informé des raisons pour lesquelles il devait procéder à un remboursement de la somme en litige ; en outre, il vit dans un camping-car avec sa conjointe.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales de la Dordogne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucune erreur d'appréciation n'a été commise quant à l'examen de la situation de M. A.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, qui bénéficiait d'une prime d'activité en sa qualité d'allocataire célibataire, a informé la caisse d'allocations familiales de la Dordogne d'un changement de sa situation familiale au mois d'août 2021 en raison de son mariage le 23 août. Toutefois, après une demande d'informations complémentaires, il est apparu que le requérant vivait en couple depuis le 24 février 2021. La caisse d'allocations familiales a alors procédé à une régularisation de son dossier et pris en compte l'ensemble des ressources du foyer à compter de cette date. La réintégration de ces ressources a alors généré un indu de prime d'activité s'élevant à la somme de 614,56 euros au titre de la période du mois de mai au mois de septembre 2021. Cet indu a été notifié à M. A par courrier du 19 octobre 2021. M. A a sollicité une remise de sa dette par courrier du 21 octobre 2021. Par une décision notifiée par courrier du 13 décembre 2021, la commission de recours amiable, instituée au sein de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne, lui a seulement accordé une remise de dette partielle de dette à hauteur de 25 % laissant à sa charge un solde de 460,92 euros. Dans la présente instance, M. A sollicite une remise totale de cette dette.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. Si M. A entend se prévaloir de sa bonne foi, au demeurant non remise en cause par la caisse d'allocations familiales de la Dordogne et qu'il n'y a pas lieu de remettre en cause, il n'a produit, en dépit de la demande adressée par le greffe du tribunal le 28 février 2022, ni au cours de la présente instance, aucun justificatif de nature à établir qu'il serait dans l'impossibilité de rembourser le solde de la dette restant à sa charge ou que sa situation aurait évolué par rapport à celle dont la commission de recours amiable a pu avoir connaissance. La circonstance qu'il n'aurait reçu aucune information sur l'origine de l'indu ne peut être utilement invoquée pour solliciter une remise de dette laquelle résulte uniquement de la bonne foi de l'intéressé et de sa situation de précarité, et au demeurant, il a reçu toutes les informations utiles par courrier du 28 juin 2022 en réponse à sa demande le 4 mars. Dans ces conditions, la demande de M. A tendant à une remise totale de sa dette ne peut qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Dordogne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2023.

La magistrate désignée,

P. BLa greffière,

C. AHIN

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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