jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201086 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | TAX TEAM ET CONSEILS SOCIÉTÉ D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 février 2022 et le 15 septembre 2022, la société Ceva Santé Animale, représentée par Me Calderini et Me de Ginestet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de réduire de 118 842 euros le montant des cotisations initiales et supplémentaires de cotisation foncière des entreprises qui lui ont été réclamées au titre des années 2019 et 2020 pour l'établissement industriel situé 10 avenue de la Ballastière à Libourne ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la décharge totale des seules cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises qui lui ont été réclamées au titre de ces deux années pour un montant global de 95 154 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a pas été mise en mesure de présenter ses observations préalablement au rehaussement des bases imposables ;
- la valeur locative des locaux abritant son siège social et la crèche doit être évaluée distinctement selon les règles prévues à l'article 1498 du code général des impôts.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 août 2022 et le 9 janvier 2023, le directeur des finances publiques chargé des vérifications nationales et internationales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il a accordé un dégrèvement de 28 906 euros en cours d'instance ;
- le surplus des conclusions de la requête n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La Société CEVA Santé Animale exploite un établissement industriel ayant pour activité la production de médicaments vétérinaires sur la commune de Libourne. Elle demande au tribunal, à titre principal, de réduire de 118 842 euros le montant des cotisations initiales et supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre de cet établissement pour les années 2019 et 2020. A titre subsidiaire, elle demande au tribunal de prononcer la décharge totale des seules cotisations supplémentaires mises à sa charge au titre de ces deux années pour un montant global de 95 154 euros.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 4 août 2022, postérieure à l'enregistrement de la requête, l'administration fiscale a accepté d'évaluer distinctement les locaux abritant la crèche selon les règles prévues à l'article 1498 du code général des impôts et a prononcé le dégrèvement de la somme de 14 501 euros au titre de la cotisation établie pour l'année 2019, et le dégrèvement de la somme de 14 405 euros au titre de la cotisation établie pour l'année 2020. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à hauteur du dégrèvement total de 28 906 euros ainsi accordé.
Sur les conclusions restant en litige :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 56 du même livre : " La procédure de rectification contradictoire n'est pas applicable : / 1° En matière d'impositions directes perçues au profit des collectivités locales ou d'organismes divers, à l'exclusion de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises prévue à l'article 1586 ter du code général des impôts () ". Toutefois, lorsqu'une imposition est assise sur la base d'éléments qui doivent être déclarés par le redevable, l'administration ne peut établir, à la charge de celui-ci, des droits excédant le montant de ceux qui résulteraient des éléments qu'il a déclarés qu'après l'avoir, conformément au principe général des droits de la défense, mis à même de présenter ses observations. Les dispositions de l'article L. 56 du livre des procédures fiscales, en vertu desquelles la procédure de redressement contradictoire prévue par les articles L. 55 à L. 61 de ce livre n'est pas applicable en matière d'impositions directes perçues au profit des collectivités locales, ont pour seul effet d'écarter cette procédure de redressement contradictoire mais ne dispensent pas du respect, en ce qui concerne la cotisation foncière des entreprises, des obligations qui découlent du principe général des droits de la défense.
4. Il résulte de l'instruction que l'administration a émis le 28 octobre 2019 un courrier à destination de la société Ceva Santé Animale l'informant du rehaussement de sa cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2019 auquel elle envisageait de procéder. Elle produit devant le tribunal ce courrier ainsi que l'avis de réception montrant qu'il a été notifié à la société, à son adresse à Libourne, le 30 octobre 2019. Si la société requérante soutient que cet avis ne comporte aucun tampon de l'entreprise et que la signature qui y est apposée ne permet pas d'en identifier l'auteur, elle s'abstient de dresser la liste des personnes qui auraient eu qualité pour signer cet avis. Elle ne peut, dès lors, être regardée comme ayant démontré que le signataire de l'avis de réception n'était pas habilité à réceptionner ce pli. Ce courrier devant être regardé comme lui ayant été régulièrement adressé, le moyen tiré de ce qu'elle n'aurait pas été mise en mesure de présenter ses observations sur le rehaussement envisagé en méconnaissance du principe général des droits de la défense doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France () dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle () ". Aux termes de l'article 1494 de ce code : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties () est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte. ". Il résulte des dispositions de l'article 324 A de l'annexe III à ce code que, pour l'application de ces dispositions, on entend : " / 1° Par propriété normalement destinée à une utilisation distincte : () b. En ce qui concerne les établissements industriels, l'ensemble des sols, terrains, bâtiments et installations qui concourent à une même exploitation et font partie du même groupement topographique () ". Enfin, aux termes de l'article 1500 du même code : " Les bâtiments et terrains industriels sont évalués : 1° selon les règles fixées à l'article 1499 lorsqu'ils figurent à l'actif du bilan de leur propriétaire ou de leur exploitant, et que celui-ci est soumis aux obligations définies à l'article 53 A ; () 3° Selon les règles fixées à l'article 1498, lorsque les conditions prévues aux 1° et 2° du présent article ne sont pas satisfaites. ".
6. Il résulte de l'instruction que les locaux abritant le siège social de la société requérante concourent à l'exploitation de son usine de production de médicaments, et font partie, bien que relevant de parcelles cadastrées différentes, du même groupement topographique quand bien même ces locaux disposent d'un accès et d'un parking distinct, et y seraient exercées les activités administratives et de direction de l'ensemble de ses filiales implantées dans le monde. Il suit de là qu'ils ne constituent pas une propriété destinée à une utilisation distincte au sens et pour l'application des dispositions citées ci-dessus. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que leur valeur locative devait être évaluée distinctement de son établissement industriel selon les règles prévues à l'article 1498 du code général des impôts.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Ceva Santé Animale doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante pour l'essentiel.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la société CEVA Santé Animale à concurrence des dégrèvements de cotisation foncière des entreprises établie au titre des années 2019 et 2020 d'un montant total de 28 906 euros accordés en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société CEVA Santé Animale et au directeur des finances publiques chargé des vérifications nationales et internationales.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme B et Mme A, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
La rapporteure,
E. B
Le président,
D.FERRARI La greffière,
E. SOURIS
La République mande et ordonne au directeur des finances publiques chargé des vérifications nationales et internationales, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026