lundi 10 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201148 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Juge social |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 27 et 28 février ainsi que le 2 mars 2022, Mme A saisit le tribunal à la suite de la réception de la décision du 11 février 2022 par laquelle la commission de recours amiable, instituée au sein de la caisse d'allocations familiales de la Gironde, lui a seulement accordé une remise partielle de la créance de prime d'activité d'un montant de 599,76 euros sur la période du 1er septembre 2020 au 31 mai 2021 notifiée le 18 janvier 2022.
Elle soutient que, compte tenu de ses ressources et des charges qui lui incombent, elle se trouve dans l'impossibilité de rembourser la dette restée à sa charge et qu'elle a intégralement procédé au remboursement de l'indu réclamé par Pôle emploi d'un montant de 506,70 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- et les observations de Mme A qui indique que la créance s'élève à 175 euros mais que sa dette a été soldée.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a bénéficié de la prime d'activité depuis 2016. A la suite d'un contrôle administratif réalisé par la caisse d'allocations familiales de la Gironde auprès de Pôle emploi, il est apparu que la requérante avait omis de déclarer les allocations de chômage perçues au mois de juillet et décembre 2020 pour un montant total de 709,38 euros. Après avoir recalculé ses droits à la prime d'activité, la caisse a réclamé à Mme A le remboursement de la somme de 599,78 euros par décision notifiée le 18 janvier 2022. La requérante, qui a sollicité la remise gracieuse totale du solde de sa dette, a vu sa demande partiellement satisfaite par une décision de la commission de recours amiable du 11février 2022 à hauteur de 50 % laissant ainsi à sa charge un solde de 299,88 euros. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de lui accorder la remise totale de cette dernière somme.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. "
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision de rejet partielle de remise gracieuse de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse supplémentaire est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
4. Pour solliciter la remise totale de sa dette, Mme A entend faire valoir qu'elle ne comprend pas l'origine de l'indu dès lors qu'elle a remboursé les indus réclamés par Pôle emploi et en a avisé la caisse d'allocations familiales, qu'elle est dans une situation financière précaire et que l'indu de prime d'activité laissé à sa charge d'un montant de 299,88 euros dépasse ses capacités contributives. Toutefois, en premier lieu, il résulte de l'instruction que la dette remboursée correspond à des allocations chômage perçues au mois de décembre 2020 d'un montant de 506,70 euros, ce qui n'est pas l'objet du litige ; en second lieu, si Mme A, qui ne conteste pas le bien-fondé de l'indu en litige, sollicite la remise totale de sa dette de prime d'activité, elle n'apporte pas de précisions suffisantes permettant au tribunal d'apprécier le bien-fondé de sa demande et ne produit aucun élément relatif à ses charges ou ses ressources de nature à établir que sa situation aurait évolué par rapport à celle dont la commission de recours amiable a eu connaissance. Par ailleurs, et sans que sa bonne foi ne puisse être remise en cause, il est constant que la responsabilité de l'indu résulte de l'omission déclarative par la requérante de l'intégralité de ses ressources sur la période en litige. Dans ces conditions, Mme A ne peut être regardée comme étant dans une situation de précarité telle qu'elle ferait obstacle au remboursement de l'indu de prime d'activité laissé à sa charge.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a pas lieu d'accorder à Mme A une remise totale du solde de sa créance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.
La magistrate désignée,
P. BLa greffière,
C. AHIN
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026