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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2201321

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2201321

lundi 10 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2201321
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge social

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 février 2022, M. et Mme B doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 12 juillet 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Gironde a confirmé, sur recours préalable, le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 10 204,05 euros au titre de la période du 1er décembre 2019 au 31 octobre 2021, réduite à 6 106,52 euros suite à un rappel de droits de prime d'activité, ainsi que la décision du 14 mars 2022 par laquelle la commission de recours amiable, instituée au sein de la caisse d'allocations familiales, a rejeté son recours préalable tendant à la contestation des indus de prime d'activité d'un montant de 52,73 euros au titre de la période du 1er août 2019 au 31 janvier 2021 et la décision du même jour par laquelle la caisse d'allocations familiales, après avis de la commission de recours amiable, a également rejeté son recours préalable contestant le bien-fondé de l'indu d'allocation personnalisée au logement d'un montant de 156,57 euros sur la période du 1er octobre au 31 décembre 2020.

Ils soutiennent qu'ils ont toujours effectué leurs déclarations de ressources mais elles n'ont pas été prises en compte, que la caisse d'allocations familiales ne leur a pas communiqué le rapport d'enquête demandé et n'a pas répondu à leurs interrogations alors qu'une amende leur a été infligée, qu'ils ne bénéficient plus d'aucune aide alors qu'ils sont placés dans une situation financière compliquée et enfin, qu'ils peuvent apporter les preuves qu'ils n'ont commis aucune fraude dans leurs déclarations.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

-le code de l'habitation et de la construction ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :

- les observations des consorts B relevant que leur fille avait accompli un service civique et que la rémunération perçue par cette dernière a été attribuée à Mme B ; en outre, il y a eu une confusion entre les membres de la famille pour le calcul des revenus perçus.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B contestent le bien fondé des décisions du 12 juillet 2022 du président du conseil départemental de la Gironde et celles du 14 mars 2022 de la commission de recours amiable, et de la caisse d'allocations familiales par lesquelles leurs recours préalables exercés à l'encontre des décisions leur réclamant le remboursement d'un trop perçu de revenu de solidarité active, de prime d'activité et d'allocation de logement leur a été réclamé pour un montant total de 7 938,95 euros.

2. D'une part, si les requérants soutiennent que le rapport d'enquête ne leur a pas été communiqué, et entendent ainsi mettre en cause la régularité des décisions en litige, ils n'établissent pas l'avoir demandé et en outre, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose la communication à l'allocataire de ce rapport. Au demeurant, les intéressés ne contestent pas avoir été avisés des conclusions formulées. A cet égard, et alors qu'au cours de la procédure contradictoire adressée par courrier électronique le 14 septembre 2021 à la suite de l'enquête diligentée à leur encontre, ils se sont abstenus d'émettre la moindre observation, ils ont exercé le recours administratif préalable obligatoire dans lequel ils ont contesté leur intention de frauder ou de dissimuler des informations.

3. D'autre part, la caisse d'allocations familiales soutient que les indus en litige trouvent leur origine, en premier lieu, dans l'intégration des revenus perçus par la fille des requérants qui n'avaient pas été déclarés alors qu'ils étaient supérieurs à 50 % du SMIC sur la période comprise entre le 1er octobre et le 31 décembre 2020. Il résulte de cette circonstance qui n'est pas contestée que la fille A et Mme B ne pouvait plus être regardée comme étant à charge au sein du foyer en application de l'article R. 512-2 du code de la sécurité sociale pour le bénéfice de l'aide personnelle au logement ; en deuxième lieu, la caisse d'allocations familiales a pris en compte dans le calcul des droits des consorts B des revenus perçus par Mme B pour la période courant du mois d'août 2019 au mois de janvier 2021 qui n'avaient pas été mentionnés dans leur déclaration trimestrielle pour ce qui concerne la prime d'activité et, en troisième lieu, pour le revenu de solidarité active, il a été tenu compte d'une formation rémunérée suivie par Mme B entre février et octobre 2020, d'encaissements en espèces au mois de novembre 2020, et enfin, des salaires perçus par M. B du mois de mai 2019 au mois d'avril 2020, outre l'activité liée à la création d'une entreprise en octobre 2020, ressources qui n'avaient pas été non plus mentionnées dans les déclarations trimestrielles. Les requérants soutiennent que la caisse d'allocations familiales a commis des erreurs dans l'appréciation de leur situation financière en ne prenant pas en compte leurs déclarations effectuées régulièrement. Cependant, les constatations de fait précitées résultent de l'enquête conduite par un agent agrée et assermenté lequel a usé du droit de communication prévu à l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale en sollicitant les établissements financiers dont les requérants relevaient et en accédant aux différents portails disponibles. Il résulte du rapport d'enquête que M. et Mme B ont eu accès à ces informations. Ils n'apportent aucune preuve, contrairement à leurs allégations, de nature à remettre en cause les constats ainsi opérés qui font foi.

4. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à contester le bien-fondé des décisions du 12 juillet 2022 du président du conseil départemental de la Gironde et des décisions du 14 mars 2022 de la commission de recours amiable et de la caisse d'allocations familiales relatives à des indus de revenu de solidarité active, de prime d'activité et d'allocation personnelle au logement susvisées pour un montant total de 7 938,95 euros.

5.Si M. et Mme B entendent contester l'amende qui leur aurait été infligée, ils n'en précisent pas la nature et ne formulent aucun moyen à l'encontre de cette décision.

6. Il résulte ainsi de l'ensemble de ce qui précède que la requête A et Mme B ne peut qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête A et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au président du conseil départemental de la Gironde.

Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.

La magistrate désignée,

P. CLa greffière,

C. AHIN

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet de la Gironde, chacun en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,-

La greffière

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