jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201365 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | AUDIT-CONSEIL-DEFENSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 mars 2022 et le 8 avril 2022, l'union pour le placement des apprentis en entreprise, représentée par Me Cuny, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une provision de 169 998,30 euros correspondant au montant des aides prévues par l'article L. 6243-1 du code du travail qui auraient dû lui être versées depuis le mois de septembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de lui verser cette somme dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le montant de cette créance n'est pas sérieusement contestable.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 mars 2022 et le 19 avril 2022, l'agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités lui a demandé de suspendre le versement de cette aide dans l'attente de l'issue de l'enquête dont la requérante fait actuellement l'objet.
Vu la décision du magistrat renvoyant l'affaire devant une formation collégiale ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'union pour le placement des apprentis en entreprise est une association regroupant des employeurs. Elle a bénéficié, à hauteur de 779 575 euros, de l'aide aux employeurs d'apprentis prévue à l'article L. 6243-1 du code du travail au titre de la première année d'exécution des contrats d'apprentissage qu'elle a conclus à compter du 1er juillet 2020 en application de l'article 76 de la loi n° 2020-935 du 30 juillet 2020 de finances rectificative pour 2020. Elle demande au juge des référés de condamner l'agence des services et de paiement à lui verser une provision de 169 998,30 euros, correspondant au solde de cette aide dont le versement a été suspendu par l'agence.
Sur la demande de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. (). ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
3. Il résulte de l'instruction que l'agence de services et de paiement a suspendu le versement du solde de l'aide au recrutement des apprentis sollicitée par l'union pour le placement des apprentis en entreprise à la demande expresse du directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités, qui indique dans un courrier du 6 avril 2022, produit devant le tribunal, que l'association requérante a fait l'objet d'un contrôle de la part de ses services pendant plusieurs mois, qui a mis en évidence l'existence d'un montage juridique frauduleux le conduisant à envisager de saisir le parquet du tribunal correctionnel de Bordeaux. Dans ces conditions, et en l'état de l'instruction, l'obligation dont se prévaut l'union pour le placement des apprentis en entreprise ne peut être regardée comme non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Sa demande de provision doit en conséquence être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et tendant à la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de l'union pour le placement des apprentis en entreprise est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'union pour le placement des apprentis en entreprise et à l'agence des services et de paiement.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme B et Mme A, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La rapporteure,
E. B
Le président,
D.FERRARI Le greffier,
Y. JAMEAU
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026