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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2201446

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2201446

jeudi 8 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2201446
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantMOUILLAC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 mars 2022, M. F E, représenté par Me Agathe Mouillac-Delage, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise en vue de déterminer son entier préjudice résultant de sa prise en charge au centre hospitalier de Périgueux par le docteur C D à partir du 16 mars 2015 suite à une fracture ouverte de la cheville gauche ayant conduit à plusieurs opérations puis à une amputation trans-tibiale gauche le 6 avril 2017 au centre hospitalier universitaire de Bordeaux.

Le requérant soutient que :

- l'expertise sollicitée est utile pour déterminer précisément les circonstances des séquelles des opérations qu'il a subies depuis le 16 mars 2015 ayant conduit à son amputation trans-tibiale gauche le 6 avril 2017, si des fautes ont été commises par le centre hospitalier de Périgueux et afin d'évaluer et chiffrer l'ensemble de ses préjudices ;

- la responsabilité du centre hospitalier de Périgueux et du docteur C D semble être engagée en raison de la tardiveté de prise en compte de la pseudarthrose septique et de l'existence d'une faute technique du docteur D qui n'aurait pas pris la mesure des suites des interventions chirurgicales.

Par un mémoire enregistré le 17 mars 2022, la caisse primaire d'assurance maladie des Pyrénées Atlantiques, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie de la Dordogne, indique au tribunal qu'elle ne s'oppose pas à la désignation d'un expert sollicitée par M. F E, que la victime ayant été prise en charge au titre du risque accident du travail, elle chiffrera sa créance à réception du rapport d'expertise et demande que ses droits soient réservés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2022, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Ali Saidji, fait part de ses protestations et réserves sur le bien-fondé de sa mise en cause et demande que l'expertise sollicitée soit complétée, notamment sur les critères déterminant l'intervention de l'ONIAM au titre de la solidarité nationale, que l'expert rédige un pré-rapport qui sera adressé aux parties aux fins d'observations et que les dépens soient réservés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2022, le centre hospitalier de Périgueux, représenté par Me Catherine Tamburin-Bonnefoy, déclare ne pas s'opposer à l'expertise sollicitée, à condition que la mission d'expertise soit confiée à un collège d'experts constitué d'un expert chirurgien orthopédiste et d'un expert infectiologue avec possibilité pour eux de s'adjoindre un sapiteur d'une spécialité distincte de la leur. Il demande en outre la mise hors de cause du docteur D et que les opérations d'expertise soient étendues au centre hospitalier universitaire de Bordeaux.

Il soutient que le docteur D est intervenu exclusivement dans le cadre de son activité hospitalière et que M. E a été pris en charge par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux à compter du 8 juin 2016.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2022, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux, représenté par Me Amélie Chiffert, fait part de ses protestations et réserves sur les faits exposés dans la requête et s'en rapporte à la justice en ce qui concerne l'expertise sollicitée. Il demande, en outre, que l'expert rédige un pré-rapport, que les frais d'expertise soient mis à la charge de M. E et que les dépens soient réservés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la mesure d'expertise sollicitée :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

2. M. E, victime d'un accident du travail le 16 mars 2015, a présenté une fracture ouverte complexe du pilon tibial gauche et a subi le jour même une intervention chirurgicale par ostéosynthèse et fixateur externe, réalisée par le docteur C D au sein du centre hospitalier de Périgueux. Suite à une chute, M. E a bénéficié d'une reprise chirurgicale pour réalignement de la fracture le 2 avril 2015. En raison de retard de cicatrisation puis d'une pseudarthrose tibiale et fibulaire gauche M. E a subi plusieurs hospitalisations au centre hospitalier de Périgueux. Après une consultation le 8 juin 2016, M. E a été hospitalisé en hôpital de jour les 5, 13 et 14 octobre 2016, au sein du centre hospitalier de Bordeaux et le diagnostic de pseudarthrose septique a été confirmé. Le 6 avril 2017, devant l'échec des traitements, M. E a bénéficié d'une amputation trans- tibiale. Le requérant, compte tenu des préjudices qu'il estime avoir subis demande au juge des référés de désigner un expert aux fins de déterminer les conditions de sa prise en charge et d'évaluer et chiffrer l'ensemble de ses préjudices. Par suite, la mesure d'expertise médicale judiciaire demandée par le requérant, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, est utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, pour le juge des référés, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

3. Toutefois, les fautes commises par un agent public, dans l'exercice de ses fonctions, peuvent constituer des fautes de service de nature à engager la responsabilité de l'administration et, dans cette mesure, la juridiction administrative est compétente pour apprécier la gravité de telles fautes et condamner la puissance publique ; par suite, dans la mesure où aucune faute détachable du service n'est invoquée à l'encontre du docteur D, il n'est pas utile de le mettre en cause personnellement dans les opérations d'expertise. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions de M. E en tant qu'elles sont dirigées contre le docteur C D. Ces circonstances ne font cependant pas obstacle à ce que l'expert l'entende à titre de sachant.

Sur la mise en cause du centre hospitalier universitaire de Bordeaux :

4. Il résulte de l'instruction qu'après avoir été pris en charge par le docteur C D du centre hospitalier de Périgueux à partir du 16 mars 2015, M. E a été pris en charge au centre hospitalier universitaire de Bordeaux à compter du 8 juin 2016 en service d'orthopédie puis d'infectiologie. Il y a subi une amputation trans-tibiale gauche le 6 avril 2017. Dès lors il y a lieu de rendre les opérations d'expertises communes au centre hospitalier universitaire de Bordeaux.

Sur la désignation d'un collège d'experts :

5. Il y a lieu de confier l'expertise à un collège d'experts comprenant un expert chirurgien orthopédiste et d'un expert infectiologue.

Sur la désignation d'un sapiteur :

6. Le centre hospitalier de Périgueux demande que la mission de l'expert soit complétée par la possibilité de s'adjoindre le concours de tout spécialiste de son choix, dans un domaine distinct du sien, après avoir avisé les conseils des parties. Il résulte cependant des dispositions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative que la désignation d'un sapiteur est subordonnée à l'autorisation préalable du président du tribunal administratif et cette décision est insusceptible de recours. Il suit de là que les conclusions du centre hospitalier de Périgueux tendant à ce que l'expert puisse s'adjoindre le concours de tout spécialiste de son choix ne peuvent être accueillies.

Sur l'établissement d'un pré-rapport :

7. S'agissant de l'exercice par les experts de la mission qui leur est assignée par la présente ordonnance, aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit ne leur font obligation d'établir un pré-rapport. Les experts, dans la conduite des opérations qui leur sont confiées et dont ils définissent librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne sauraient se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient aux experts d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et du centre hospitalier universitaire de Bordeaux tendant à ce que les experts communiquent un pré-rapport aux parties afin qu'elles puissent y répondre sous forme de dires ne peuvent être accueillies.

Sur les frais d'expertise :

8. Conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il n'appartient pas au juge des référés, mais au seul président de la juridiction administrative, lorsqu'il fixe les frais et honoraires de l'expertise, de désigner celle des parties qui devra s'en acquitter. Dès lors les conclusions présentées à ce titre par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux doivent être rejetées.

O R D O N N E

Article 1er : Le docteur G B et le docteur H A, sont désignés en qualité d'expert. Ils auront pour mission :

1°) de se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. E et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur lui lors de ses prises en charge au centre hospitalier de Périgueux à partir du 16 mars 2015 puis au centre hospitalier universitaire de Bordeaux à partir du 8 juin 2016 et procéder éventuellement à son examen clinique ; retracer la chronologie des hospitalisations et interventions subies par lui depuis cette date ; se faire communiquer notamment les protocoles et compte rendus du CLIN, les protocoles d'hygiène et d'asepsie applicables et les enquêtes épidémiologiques effectuées au moment des faits litigieux ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ;

2°) de décrire l'état de santé de M. E et les soins et prescriptions antérieurs à son admission au centre hospitalier de Périgueux, les conditions dans lesquelles il a été pris en charge et soigné dans cet établissement ; décrire l'état pathologique du requérant ayant conduit aux soins, aux interventions et aux traitements pratiqués au centre hospitalier de Périgueux ;

3°) de donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les traitements, interventions, soins et gestes opératoires prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents, pertinents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de M. E et aux symptômes qu'il présentait ; donner au tribunal tous les éléments lui permettant de déterminer si tout ou partie des séquelles présentées par M. E sont liées à une erreur médicale, à une infection nosocomiale, à l'état initial de M. E, à l'évolution prévisible de cet état ou à toute autre cause extérieure ;

4°) de manière générale, réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services lors de la prise en charge et des hospitalisations de M. E ; rechercher si les interventions et actes médicaux pratiqués ont été exécutés conformément aux règles de l'art ; dire si l'aggravation de l'état de santé survenu était inévitable pour n'importe quel opérateur normalement diligent ; déterminer les raisons de la dégradation de l'état de santé de M. E et des complications dont il souffre depuis ses hospitalisations ;

5°) le cas-échéant, sur la ou les infection(s) en elle(s)-même(s) :

- déterminer le(s) type(s) d'infection(s)s contractée(s)s par M. E ;

- préciser à quelle date ont été constatés les premiers signes d'infection, a été porté le diagnostic, a été mise en œuvre la thérapeutique ;

- dire quels ont été les moyens permettant le diagnostic, les éléments cliniques, paracliniques et biologiques retenus ;

- dire quel acte médical ou paramédical a été rapporté comme étant à l'origine de l'infection et dire par qui il a été pratiqué ; dire si les règles d'hygiène et d'asepsie ont été suivies et respectées par l'équipe médicale notamment lors des interventions chirurgicales successives des 16 mars 2015, 02 avril 2015 et 22 mai 2015.

- déterminer quelles sont les causes possibles de cette ou de ces infection(s) ;

- préciser si la conduite diagnostique et thérapeutique de cette ou de ces infection(s) a été conforme aux règles de l'art et aux données acquises de la science médicale à l'époque où ces soins ont été dispensés ;

- en cas de réponse négative, faire la part entre les conséquences du retard de diagnostic et de traitement ;

- procéder à une distinction de ce qui est la conséquence directe de cette ou de ces infection(s) et de ce qui procède de l'état pathologique intercurrent ou d'un éventuel état antérieur ;

- se faire communiquer par le centre hospitalier de Périgueux et le centre hospitalier universitaire de Bordeaux les protocoles et comptes rendus, les protocoles d'hygiène et d'asepsie applicables, les enquêtes épidémiologiques effectuées au moment des faits litigieux ;

- vérifier si les protocoles applicables ont bien été respectés en l'espèce : dire si la vérification a pu être faite et si les règles de traçabilité ont, à cet effet, été respectées ;

- vérifier si un manquement quel qu'il soit, notamment un manquement caractérisé aux obligations posées par la réglementation en vigueur en matière de lutte contre les infections nosocomiales, peut être relevé à l'encontre de l'établissement de soins concerné ;

- préciser si cette infection a pu être à l'origine d'une perte de chances d'éviter des séquelles ;

6°) de donner son avis sur le point de savoir si le dommage corporel constaté a un rapport avec l'état initial de M. E, ou l'évolution prévisible de cet état ; le cas échéant, déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement reproché au centre hospitalier de Périgueux et / ou au centre hospitalier universitaire de Bordeaux ;

7°) de donner son avis sur le point de savoir si le ou les manquements éventuellement constatés ont fait perdre à M. E une chance sérieuse de guérison suite à son hospitalisation au centre hospitalier de Périgueux puis au centre hospitalier universitaire de Bordeaux ; donner son avis sur l'ampleur (pourcentage) de la chance perdue par M. E de voir son état de santé s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader en raison de ces manquements ;

8°) de dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir si M. E a été informé de la nature des opérations qu'il allait subir, et des conséquences normalement prévisibles de ces interventions et s'il a été mis à même de formuler un consentement éclairé ;

9°) de dire si l'état de M. E a entraîné une incapacité permanente partielle résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;

10°) d'indiquer à quelle date l'état de M. E peut être considéré comme consolidé ; préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;

11°) de dire si l'état de M. E est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;

12°) de donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice psychologique, préjudice sexuel, préjudice économique) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ;

13°) de donner son avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constatée sur la vie personnelle et professionnelle de M. E et si le cas échéant l'aide d'une tierce personne à domicile est nécessaire ainsi que des soins postérieurs à la consolidation des blessures.

Article 2 : Les experts accompliront leur mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Ils ne pourront recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, les experts prêteront serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre M. E, le centre hospitalier de Périgueux, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et la caisse primaire d'assurance maladie des Pyrénées Atlantiques.

Article 5 : Le docteur C D est mis hors de cause.

Article 6 : Les experts avertiront les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 7 : Les experts qui communiqueront aux parties un pré-rapport, s'ils l'estiment utile, avec un délai leur permettant de faire valoir leurs dires avant d'analyser leurs observations dans un rapport définitif, déposeront le rapport définitif au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par les experts aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. Les experts justifieront auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 8 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.

Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F E, au centre hospitalier de Périgueux, au centre hospitalier universitaire de Bordeaux, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse primaire d'assurance maladie des Pyrénées Atlantiques, au docteur C D, au docteur G B et au docteur H A, experts.

Fait à Bordeaux, le 8 septembre 2022.

La présidente,

Cécile MARILLER

La République mande et ordonne au préfets de la Gironde et de la Dordogne en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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