jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201486 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | PRAXIOME BORDEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mars 2022, Mme B A, représentée par Me Sébastien Bach, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise en vue de déterminer la nature de la pathologie dont elle est atteinte, de dire si elle est en lien direct et certain avec ses conditions de travail ainsi que d'évaluer l'intégralité de ses préjudices.
Elle soutient que l'expertise sollicitée est utile car elle a formé un recours préalable resté sans réponse contre la décision du 6 janvier 2022, reçue le 14 janvier 2022, du centre intercommunal d'action sociale du Fronsadais refusant de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie et la maintenant en activité, et elle envisage d'exercer un recours indemnitaire contre son employeur pour obtenir réparation intégrale des préjudices qu'elle a subis en raison de ses conditions de travail, car elle souhaite un aménagement de son poste.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, le centre intercommunal d'action sociale du Fronsadais, représenté par Me Alizée Scaillierez, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée mais demande que la mission de l'expert soit complétée afin de dire si les lésions, séquelles et autres préjudices développés présentent un lien, même non exclusif, avec les conditions de travail et de préciser, le cas échéant, l'existence d'un état antérieur et les motifs permettant d'exclure tout lien entre les symptômes présentés par la requérante et les conditions d'exercice de son service. Il demande enfin qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que Mme A a exercé pendant ses différents arrêts maladie d'autres activités.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. " ;
2. Mme B A, agent territorial depuis 1988, a été titularisée au sein du centre intercommunal d'action sociale (CIAS) en 2011. En raison de problèmes de santé, notamment de dos, Mme A a fait l'objet de plusieurs arrêts de travail à compter du 9 septembre 2019 puis d'un mi-temps thérapeutique du 6 juillet 2020 au 6 juillet 2021. Par un courrier du 6 juillet 2021, Mme A a sollicité la reconnaissance de maladie professionnelle. Ayant repris à temps plein, elle a fait l'objet de nouveaux arrêts de travail. Par un courrier du 6 janvier 2022, le CIAS informait Mme A de sa décision de ne pas reconnaitre l'imputabilité au service de la maladie de Mme A dès lors qu'il résultait des éléments du rapport communiqué à la commission de réforme du 1er décembre 2021, et dont Mme A a eu connaissance préalablement à la séance de cette commission, que le lien entre la demande de reconnaissance de maladie professionnelle et le service n'était pas établi, Mme A ayant exercé d'autres activités professionnelles, sans autorisation préalable de la part du CIAS et ce, alors que Mme A était en congé maladie ordinaire puis en période de mi-temps thérapeutique. Toutefois la commission de réforme du 1er décembre 2021 a émis un avis favorable à l'imputabilité au service de la maladie professionnelle 98 de Mme A. La requérante, qui souhaite que sa pathologie soit reconnue imputable au service et qui envisage d'engager la responsabilité de son employeur aux fins d'obtenir la réparation intégrale des préjudices qu'elle a subis en raison de ses conditions de travail, demande au juge des référés de prescrire à cette fin, une expertise judiciaire.
3. D'une part, la mesure d'instruction demandée par Mme A, en tant qu'elle vise à demander l'avis d'un expert médical sur l'imputabilité au service de la pathologie dont elle est atteinte est, en l'état du dossier soumis au juge des référés, utile dès lors que la présente procédure suspend les voies et délais de recours à l'encontre de la décision implicite de rejet du recours préalable de Mme A contre la décision du 6 janvier, reçue le 14 janvier, du CIAS du Fronsadais refusant de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie et la maintenant en activité.
4. D'autre part, le dispositif déterminant la réparation à laquelle un fonctionnaire victime d'un accident de service ou atteint d'une maladie imputable au service peut prétendre, au titre de l'atteinte qu'il a subie dans son intégrité physique, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions, ne fait obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui a enduré, du fait de l'accident ou de la maladie, des souffrances physiques ou morales et des préjudices esthétiques ou d'agrément, obtienne de la collectivité qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, distincts de l'atteinte à l'intégrité physique, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la collectivité, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette collectivité.
5. Par suite, la mesure d'expertise médicale judiciaire demandée par Mme B A, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, pour le juge des référés, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme précisé à l'article 1err de la présente ordonnance.
Sur les frais de l'instance :
6. En l'absence de partie perdante, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le centre intercommunal d'action sociale du Fronsadais sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : Le docteur D C est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme B A ; convoquer et entendre les parties ainsi que tout sachant ; procéder à l'étude de l'entier dossier médical de Mme B A et à son examen clinique ;
2°) de décrire l'état de santé de Mme B A avant le 9 septembre 2019, date à laquelle elle a été placé en arrêt maladie pour la première fois suite à des problèmes de santé et notamment de dos, en précisant, le cas échéant les pathologies dont elle était atteinte ou les traitements dont elle faisait l'objet ; dire plus précisément si elle était déjà atteinte, avant le 9 septembre 2019, de la maladie professionnelle 98, affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes ;
3°) de décrire l'état de santé actuel de Mme B A et notamment ses lésions, affections et troubles, ainsi que les traitements qui y sont associés ; dire si cet état s'est aggravé depuis le 9 septembre 2019 ; déterminer dans quelle mesure les lésions, séquelles et autres préjudices développés présentent un lien, même non exclusif, avec ses conditions de travail et préciser, le cas échéant, l'existence d'un état antérieur et les motifs permettant d'exclure tout lien entre les symptômes présentés par la requérante et les conditions d'exercice de son service ; exclure ainsi la part des séquelles à mettre en relation avec une pathologie antérieure dont elle serait atteinte, son évolution ou toute autre cause extérieure ; dire si ces pathologies présentent un caractère invalidant et de gravité confirmée et nécessite un traitement et des soins prolongés ;
4°) d'indiquer à quelle date l'état de santé de Mme B A peut être considéré comme consolidé et dans cette hypothèse, fixer le taux du déficit fonctionnel permanent ; dans la négative, indiquer si l'état de santé de l'intéressée est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation et préciser le délai à l'issue duquel il pourra être procédé à un nouvel examen ; préciser si, dès à présent, un déficit fonctionnel permanent imputable au service est prévisible et en évaluer l'importance ;
5°) de dire si l'état de Mme A lié à l'inadéquation de son poste et de ses conditions de travail subséquentes a entraîné une incapacité totale ou partielle d'exercer son activité professionnelle et/ou un déficit fonctionnel temporaire partiel ou total résultant de troubles physiques, psychologiques, et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
6°) de donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux temporaires et permanents subis par Mme A tels que les souffrances endurées, le préjudice d'agrément, les dépenses de santé, l'assistance à tierce personne, l'incidence professionnelle (), et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable à ses conditions de travail, de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie ou qui relèverait d'un état antérieur ou postérieur ;
7°) de déterminer si l'état de Mme A lui permet de reprendre son poste à temps plein ou si elle doit bénéficier d'un congé ou d'une reprise à mi-temps thérapeutique ; dire, le cas échéant, si l'état de Mme A, nécessite un poste aménagé et décrire ces aménagements ;
8°) d'une manière générale, donner au tribunal tout renseignement utile à la détermination, au vu de l'état de santé actuel présenté par le requérant, de l'entier préjudice qu'elle subit.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre Mme A et le centre intercommunal d'action sociale du Fronsadais.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert, qui communiquera aux parties un pré-rapport, s'il l'estime utile, avec un délai leur permettant de faire valoir leurs dires avant d'analyser leurs observations dans un rapport définitif, déposera le rapport définitif au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A au centre intercommunal d'action sociale du Fronsadais et au docteur D C, expert.
Fait à Bordeaux, le 2 février 2023.
La présidente du tribunal,
C. MARILLER
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026