jeudi 12 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201547 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CABINET BERTIN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 mars 2022 et le 22 août 2022, la commune d'Escoussans, représentée par Me Benoît Coussy, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de prescrire une expertise aux fins de préciser la nature et les causes des différents désordres qui affectent les travaux de réhabilitation de la mairie et des aménagements extérieurs du bâtiment effectués entre juin 2019 et juillet 2020 ainsi que la nature et les coûts des travaux qui sont nécessaires pour remédier à ces désordres et de chiffrer les préjudices qu'elle a subis et enfin que les dépens soient réservés.
Elle soutient que :
- elle a fait réaliser des travaux de réhabilitation de la mairie et des aménagements extérieurs du bâtiment pour lesquels :
- le Cabinet A Virginie était maître d'œuvre pour la réhabilitation de la mairie,
- la société Technivert était le locateur de de l'ouvrage pour les espaces verts,
- la société Atlantic Route était locateur d'ouvrage et la société Azimut Ingénierie était maître d'œuvre pour la voirie et réseaux divers,
- le 10 mai 2020 des désordres ont été constatés dans la cave de la mairie ; le 3 juillet 2020, lors de la réception des aménagements extérieurs, des réserves sont émises sur les infiltrations d'eau dans la cave de la mairie ainsi que dans la salle principale et dans la salle des fêtes ; plusieurs réunions d'expertise amiables ont permis de constater des moisissures au plafond de la cave de la mairie et sur les murs de la salle des fêtes et ont mis en évidence que les travaux effectués à la cave ont contribué aux désordre puisque les matériaux utilisés sont inadéquats aux exigences émanant de la composition de la cave (sol en terre battue, murs de pierres sans étanchéité) ; des plaques de plâtre en BA13 ont été utilisés au plafond alors que ce matériau n'est pas conforme dans le cas de locaux humides du fait de la présence de carton non-hydrofuge ; la pièce ne comporte aucun moyen de ventilation, que ce soit un moyen mécanique ou naturel ; concernant les désordres dans la salle des fêtes, la réunion d'expertise aurait mis en évidence que les infiltrations d'eau étaient dues à une absence de drain en pied de murs de façade dont le sol extérieur a été surélevé durant les travaux ;
- en l'absence de rapport d'expertise et les désordres s'aggravant, une approche amiable aux fins de règlement du litige n'apparait plus suffisante considérant notamment le manque de diligences des parties en cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2022, Mme D A, représentée par Me David Czamanski, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise mais demande au juge des référés de prendre acte de ses protestations et réserves d'usage et de compléter l'expertise en proposant un apurement des comptes entre les parties. Elle demande en outre que l'expert rédige un pré-rapport et qu'il soit enjoint à l'ensemble des constructeurs assignés, à produire, avant l'ouverture des opérations de l'expert qui sera désigné, les attestations d'assurance de leurs assureurs respectifs d'une part au moment de la déclaration d'ouverture de chantier et d'autre part au moment de la délivrance de l'assignation de la commune d'Escoussans et enfin que les dépens soient réservés.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2022, la SMABTP et la société Azimut Ingénierie, ayant pour avocat Me Jean Coronat, déclarent ne pas s'opposer à la mesure d'expertise mais demandent au juge des référés de prendre acte de leurs protestations et réserves d'usage sur les griefs susceptibles d'être formés à leur encontre par la commune d'Escoussans et que les dépens soient réservés.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mars 2022, la SAS Atlantique Route, la SARL Technivert, et la SA SMA SA, ayant pour avocat Me Jean-Jacques Bertin, déclarent ne pas s'opposer à la mesure d'expertise mais demandent au juge des référés de prendre acte de leurs protestations et réserves d'usage sur les griefs susceptibles d'être formés à leur encontre par la commune d'Escoussans et que les dépens soient réservés.
La SA SMA SA demande au juge des référés de déclarer recevable son intervention volontaire à la présente procédure en lieu et place de la SMABTP qui a été mise en cause en sa qualité d'assureur de la société Atlantique Route et de la société Technivert.
Elle soutient que les attestations d'assurance permettront d'identifier l'assureur ayant vocation à mobiliser ses garanties en fonction de la nature des désordres.
La requête a été communiquée à la mutuelle des architectes français qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. La commune d'Escoussans a fait réaliser des travaux de réhabilitation de la mairie et des aménagements extérieurs du bâtiment pour lesquels le Cabinet A Virginie était maître d'œuvre pour la réhabilitation de la mairie, la société Technivert était le locateur de l'ouvrage pour les espaces verts, la société Atlantic Route était locateur d'ouvrage et la société Azimut Ingénierie était maître d'œuvre pour la voirie et réseaux divers. Le 10 mai 2020 des désordres ont été constatés dans la cave de la mairie. Le 3 juillet 2020 lors de la réception des aménagements extérieurs, des réserves sont émises sur les infiltrations d'eau dans la cave de la mairie ainsi que dans la salle principale et dans la salle des fêtes. Trois réunions d'expertise amiables ayant eu lieu les 28 août 2020, 26 avril et 29 septembre 2021 ont permis de constater des moisissures au plafond de la cave de la mairie et sur les murs de la salle des fêtes et ont mis en évidence que les travaux effectués à la cave ont contribué aux désordres au motif que les matériaux utilisés sont inadéquats aux exigences émanant de la composition de la cave. Concernant les désordres dans la salle des fêtes, les infiltrations d'eau seraient dues à une absence de drain en pied de murs de façade dont le sol extérieur a été surélevé durant les travaux. La commune d'Escoussans soutient qu'en l'absence de rapport d'expertise et les désordres s'aggravant, une approche amiable aux fins de règlement du litige n'apparait plus suffisante considérant notamment le manque de diligences des parties en cause.
3. La commune d'Escoussans sollicite, par la présente requête, l'organisation d'une expertise aux fins de déterminer la nature et les causes des différents désordres qui affectent les travaux de réhabilitation de la mairie et des aménagements extérieurs du bâtiment effectués entre juin 2019 et juillet 2020, en particulier de déterminer les conditions d'exécution de la maîtrise d'œuvre par Mme D A pour la réhabilitation de la mairie, du louage d'ouvrage par la société Technivert pour les espaces verts, du louage d'ouvrage et de la maîtrise d'œuvre par les sociétés Atlantic Route et Azimut Ingénierie pour la voirie et réseaux divers. Elle demande enfin au juge des référés de déterminer la nature et les coûts des travaux qui sont nécessaires pour remédier à ces désordres et de chiffrer les préjudices qu'elle a subis. La mesure d'expertise sollicitée, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, est utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur l'intervention volontaire de la SA SMA SA en lieu et place de la SMABTP :
4. La SA SMA SA fait valoir qu'elle est l'assureur des sociétés Atlantique Route et de la société Technivert en lieu et place de la SMABTP. Il y a lieu dès lors d'admettre l'intervention volontaire de la SA SMA SA et de mettre hors de cause la SMABTP.
Sur les conclusions tendant à ce que l'expert propose un apurement de compte entre les parties :
5. Le juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, ne peut confier pour mission à l'expert de procéder à l'apurement des comptes entre les parties, dès lors qu'une telle mission impliquerait de sa part une appréciation sur l'étendue des droits des parties qu'il n'appartient qu'au juge de porter. L'expert pourra, en revanche, sans arrêter lui-même les comptes, fournir un avis technique à leur sujet, à partir des éléments de fait déjà constatés par ses soins. Sous cette réserve, il convient donc de faire droit à la demande de Mme D A dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
Sur l'établissement d'un pré-rapport :
6. S'agissant de l'exercice par l'expert de la mission qui lui est assignée par la présente ordonnance, aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit ne lui font obligation d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations qui lui sont confiées et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions de Mme D A tendant à ce que l'expert communique un pré-rapport aux parties afin qu'elles puissent y répondre sous forme de dires ne peuvent être accueillies.
Sur la demande d'injonction formulée par Mme D A concernant l'ensemble des constructeurs à produire les attestations d'assurance de leurs assureurs respectifs :
7. En l'état de l'instruction, la production par les constructeurs des attestations d'assurance de leurs assureurs respectifs ne présente pas un caractère d'utilité eu égard à la mission de l'expert telle que fixée par la présente ordonnance. Il appartiendra à l'expert de la solliciter, s'il l'estime nécessaire. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions tendant à la communication de ces documents.
O R D O N N E
Article 1er : M. C B, est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de se rendre sur les lieux ; d'entendre les parties et tous sachants ; de prendre connaissance de tous documents utiles, notamment les pièces contractuelles, à la bonne fin de l'expertise ;
2°) de rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées par le maître de l'ouvrage au groupement de maîtrise d'œuvre ainsi qu'à chacun des constructeurs attraits à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de service et tous autres documents utiles ;
3°) de dresser un état descriptif technique et qualitatif précis des travaux réalisés et dire si ces travaux présentent des dégradations, vices ou désordres et s'ils compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination ;
4°) de déterminer les causes de ces désordres, en précisant si et, le cas échéant, dans quelle mesure ils sont imputables à des erreurs de conception, à des déficiences dans l'exécution ou le contrôle des travaux ou à toute autre cause ; de dire si les travaux ont été conduits conformément aux documents contractuels et aux règles de l'art.
5°) de déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres constatés ;
6°) d'évaluer les préjudices subis par la commune d'Escoussans, en conséquence directe et certaine des désordres relevés ;
7°) d'apporter tous éléments utiles à la détermination des responsabilités encourues et à la solution amiable ou contentieuse du litige opposant les parties ;
8°) de concilier éventuellement les parties sur la base d'une transaction qui pourrait se révéler en cours d'expertise et d'engager éventuellement une médiation entre les parties ;
9°) d'une façon générale, recueillir tout élément et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis ;
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre la commune d'Escoussans, à la SA SMA SA, à la société Atlantic route, à la société mutuelle d'assurances du bâtiment et des travaux publics, à la société Azimut Ingénierie, à Mme D A, à la Mutuelle des Architectes Français et à la Société Technivert.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert qui communiquera aux parties un pré-rapport, s'il l'estime utile, avec un délai leur permettant de faire valoir leurs dires avant d'analyser leurs observations dans un rapport définitif, déposera le rapport définitif au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune d'Escoussans, à la SA SMA SA, à la société Atlantic route, à la société mutuelle d'assurances du bâtiment et des travaux publics, à la société Azimut Ingénierie, à Mme D A, à la Mutuelle des architectes français et à la société Technivert et à M. C B, expert.
Fait à Bordeaux, le 12 janvier 2023 .
La présidente du tribunal,
Juge des référés,
Cécile MARILLER
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026