lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201598 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge social |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 15 mars et 19 avril 2022, Mme A demande au tribunal de lui accorder une remise totale du solde de sa dette d'un montant de 1 855, 50 euros correspondant à un indu d'allocation personnelle au logement d'un montant initial de 2 474 euros au titre de la période courant du mois de novembre 2019 au mois de décembre 2021.
Elle soutient que sa bonne foi ne peut être remise en cause dès lors qu'elle a actualisé sa situation professionnelle et familiale sur le site de la caisse d'allocations familiales en octobre 2019 sans que cette dernière ne l'enregistre ; elle fait également état de son impossibilité de rembourser la dette restée à sa charge, sa situation financière s'étant dégradée depuis la crise sanitaire, ses deux filles aînées étant à sa charge depuis mars 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2022, la caisse d'allocations familiales de Lot-et-Garonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
-le code de l'habitation et de la construction ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1 Mme A a bénéficié depuis l'année 2005 d'une aide personnelle au logement. Par un courrier du 25 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de Lot-et-Garonne a informé Mme A qu'elle avait indument perçu la somme de 2754 euros sur la période courant du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2021 alors qu'elle ne pouvait prétendre qu'à celle de 280 euros au motif qu'elle était considérée comme étant placée en maladie de longue durée depuis le 1er juin 2016 alors qu'elle était salariée depuis le 14 octobre 2019. Mme A a sollicité une remise de dette. Par une décision du 14 janvier 2022, après avis de la commission de recours amiable, la directrice de la caisse d'allocations familiales lui a accordé une remise de dette à hauteur de 75% laissant à sa charge un solde de 1855,50 euros. Dans la présente instance, Mme A sollicite la remise totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale rendu applicable par les dispositions de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation relatives aux modalités de recouvrement des aides personnelles au logement indûment versées : " () /la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. / () ".
3. Pour solliciter la remise totale de sa dette, Mme A se prévaut de la précarité de sa situation. Toutefois, en dépit de la demande qui lui a été faite par le greffe du tribunal le 25 mars 2022, Mme A n'a produit aucun justificatif permettant d'établir la réalité de la situation qu'elle invoque. Dans la présente instance, si elle invoque que sa situation financière s'est dégradée depuis la crise sanitaire notamment en raison de charges accrues du fait de la présence à son domicile de ses deux filles aînées, elle n'établit pas davantage que sa situation aurait évolué par rapport à celle dont la caisse d'allocations familiales a pu avoir connaissance. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition de bonne foi, en l'état du dossier, sa demande de remise du solde de la dette restant à sa charge ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie sera adressée à la Caisse d'allocations familiales de Lot-et-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.
La magistrate désignée,
P. B La greffière,
C. AHIN
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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