LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2202093

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2202093

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2202093
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSELARL CABINET AURELIE JOURNAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 avril et 15 décembre 2022, M. D B, représenté par Me Journaud, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux à lui verser une somme de 50 663,80 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait du traitement inadapté par irradiation qu'il a reçu dans cet établissement ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux une somme de 3 236,50 euros au titre des dépens.

Il soutient que :

- le CHU a commis une faute en ne lui permettant pas de choisir, en toute connaissance de cause, l'irradiation ou non du lit tumoral, faute à l'origine d'une perte de chance d'éviter cette irradiation et l'ensemble de ses conséquences, pour laquelle il doit être indemnisé à hauteur de 3 000 euros ;

- le CHU a commis une erreur de latéralité lors de l'exécution de la radiothérapie de nature à engager sa responsabilité ;

- l'irradiation qu'il a subie du côté droit a entrainé un déficit fonctionnel temporaire qui doit être indemnisé à hauteur de 277,50 euros, des souffrances endurées à hauteur de 12 000 euros et un préjudice esthétique temporaire de 1 000 euros ;

- il a subi un préjudice d'angoisse lié à l'évolution de sa pathologie qui doit être indemnisé à hauteur de 30 000 euros ;

- les frais divers qu'il a engagés dans le cadre de l'expertise ordonnée par le juge des référés doivent être indemnisés à hauteur de 4 386,30 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2022, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux, représenté par Me Rodrigues, conclut :

1°) à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que les sommes demandées par M. B soient ramenées à de plus juste proportions, et à ce que la somme sollicitée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative n'excède pas 1 000 euros.

Il soutient que :

- la requête de M. B qui n'a formé aucune demande indemnitaire préalable avant de saisir le tribunal, est irrecevable ;

- il n'entend pas contester le principe de sa responsabilité au titre de l'erreur de latéralité commise ;

- la perte de chance ne saurait être indemnisée en tant que préjudice autonome et alors que l'expert judiciaire n'a retenu aucun défaut d'information ;

- les préjudices tirés du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées, du préjudice esthétique et du préjudice d'angoisse doivent être indemnisés à de plus justes proportions, soit respectivement 117 euros, 6 500 euros, 1 000 euros et 8 000 euros ;

- le requérant ne justifie pas de ce qu'il aurait acquitté la somme de 3 864 euros correspondant à la note d'honoraires du médecin-conseil qui l'a assisté lors de l'expertise.

Par un mémoire enregistré le 15 mars 2024, la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde, représentée par Me de Boussac-Di Pace, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Bordeaux à lui verser la somme de 7 285, 97 euros en remboursement des débours qu'elle a exposés pour son assuré M. B ;

2°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Bordeaux à lui verser la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de 13 euros correspondant au droit de plaidoirie, ainsi que les entiers dépens.

Elle fait valoir que :

- c'est à juste titre que M. B recherche la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Bordeaux en raison de l'erreur non contestée de latéralité de l'irradiation ;

- sa créance définitive s'élève à la somme de 7 285,97 euros.

Vu :

- l'ordonnance du 25 janvier 2022 par laquelle la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a taxé et liquidé les frais et honoraires de l'expertise à la somme de 3 236,50 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chauvin,

- les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique,

- et les observations de Me Rodrigues, représentant le CHU de Bordeaux.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B a subi, le 10 avril 2019, une exérèse d'un carcinome épidermoïde sur la lèvre supérieure gauche. Il a ensuite été pris en charge par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux pour la réalisation d'un acte opératoire de reprise, le 22 mai 2019, puis un traitement par radiothérapie adjuvante, lequel a débuté le 8 juillet 2019. Le 31 juillet, M. B a signalé des effets secondaires du côté droit de la muqueuse buccale (radioépithélite, mucite et douleurs) lors de la consultation de surveillance de radiothérapie, à la suite de laquelle, après reprise de l'ensemble du dossier médical et dosimétrique, une erreur de latéralité du traitement a été reconnue. M. B a bénéficié d'une irradiation complémentaire de la lèvre supérieure gauche du 12 septembre au 27 septembre 2019 réalisée dans un établissement privé.

2. Par une ordonnance du 22 février 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux, saisi par M. B, a ordonné une expertise médicale et désigné le docteur C A en qualité d'expert, lequel a déposé son rapport au greffe le 29 septembre 2021. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner le centre hospitalier universitaire de Bordeaux à lui verser une somme de 50 663,80 euros au titre des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de sa prise en charge par cet établissement.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". La condition tenant à l'existence d'une décision de l'administration doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, régularisant ce faisant la requête.

4. Il résulte de l'instruction que M. B a formé une demande préalable indemnitaire le 4 janvier 2022, réceptionnée le 12 janvier 2022 par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux. Une décision implicite de rejet est née et existait à la date du présent jugement. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux doit être écartée.

Sur la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Bordeaux :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1111-4 du code de la santé publique : " Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu'il lui fournit, les décisions concernant sa santé. / Toute personne a le droit de refuser ou de ne pas recevoir un traitement. Le suivi du malade reste cependant assuré par le médecin, notamment son accompagnement palliatif./ Le médecin a l'obligation de respecter la volonté de la personne après l'avoir informée des conséquences de ses choix et de leur gravité. Si, par sa volonté de refuser ou d'interrompre tout traitement, la personne met sa vie en danger, elle doit réitérer sa décision dans un délai raisonnable. Elle peut faire appel à un autre membre du corps médical. L'ensemble de la procédure est inscrite dans le dossier médical du patient. Le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins palliatifs mentionnés à l'article L. 1110-10. / Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment. ". Il résulte de ces dispositions que toute personne a le droit de recevoir les traitements et les soins les plus appropriés à son état de santé sous réserve de son consentement libre et éclairé.

6. M. B soutient que l'expert a relevé qu'il appartenait au patient, en connaissance de cause, de prendre la décision ou non d'une irradiation du lit tumoral. Toutefois, ni les dispositions précitées de l'article L. 111-4 du code de la santé publique, ni aucune autre disposition ne consacrent, au profit du patient, un droit de choisir son traitement. Dans ces conditions, le requérant, qui ne conteste pas avoir été informé sur les risques liés au traitement par radiothérapie, n'est pas fondé à reprocher au centre hospitalier universitaire de Bordeaux de ne pas lui avoir permis de décider ou non d'une irradiation du lit tumoral. Aucune faute, à la supposer soulever, ne peut être retenue sur ce point.

7. En second lieu, aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".

8. Il résulte de l'instruction que M. B s'est vu prescrire, en juin 2019 une radiothérapie sur le lit tumoral gauche de la lèvre supérieure en remontant le nerf maxillaire, avec une intensité de 60 Gy ainsi que sur les aires ganglionnaires A, IB, H, III homolatérales, avec une intensité de 50 Gy par 25 fractions de 2 Gy. Le traitement, qui devait totaliser vingt-cinq séances, a commencé le 8 juillet 2019. Toutefois, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux a admis qu'une erreur de latéralité avait été commise, ayant conduit à l'irradiation du lit paramédian, le long du trajet du nerf maxillaire, et des aires ganglionnaires cervicales à droite. Il résulte de l'expertise, et il n'est pas contesté en défense, que les actes et soins pratiqués n'ont ainsi pas été attentifs et que cette faute est de nature à engager sa responsabilité.

9. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander la condamnation du CHU de Bordeaux à réparer l'intégralité des conséquences dommageables en lien avec la faute tenant à la réalisation d'une radiothérapie du côté droit après reprise chirurgicale d'un carcinome épidermoïde sur la lèvre supérieure gauche.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les préjudices temporaires :

10. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que M. B a subi en lien avec l'erreur de latéralité fautive un déficit fonctionnel temporaire de classe II (25%) sur une période courant du 8 juillet au 13 août 2019, date de consolidation de son état de santé. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, en l'évaluant sur la base de 21 euros par jour, à la somme totale de 189 euros.

11. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que M. B a éprouvé, durant la période antérieure à la consolidation de son état de santé, des souffrances en lien avec la faute décrite au point 8, dont l'intensité a été évaluée par l'expert à 4 sur une échelle de 7 eu égard aux douleurs ressenties et à la nécessité d'un traitement médicamenteux ayant évolué vers la prescription de morphinique ainsi qu'à deux séances laser de cicatrisation sur la lèvre supérieure droite, et au retentissement psychologique dû à l'erreur d'irradiation. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 7 200 euros.

12. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que M. B a développé des aphtes, des lésions internes et rougeurs cutanées modérées au niveau de la lèvre et de la joue droite, que l'expert évalue à 2 sur une échelle de 7. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire subi en allouant au requérant la somme de 1 000 euros qu'il demande.

En ce qui concerne le préjudice d'anxiété :

13. M. B demande l'indemnisation d'un préjudice d'anxiété lié à l'absence d'irradiation sur les aires ganglionnaires gauches, qui augmente le risque de récidive. Il résulte de l'instruction que la faute de latéralité commise au centre hospitalier universitaire de Bordeaux a notamment conduit à une absence de radiothérapie sur les aires ganglionnaires gauches. Il résulte de l'expertise que cette absence a entraîné un risque de récidive ganglionnaire de 40% sur trois ans et de 60% sur cinq ans. En outre, l'expert souligne que la survie d'un patient en cas de cancer de la cavité buccale s'élève à 41% en cas de récidive ganglionnaire contre 91% en l'absence d'une telle récidive. Il est constant que l'erreur de latéralité qui a conduit à l'absence de radiothérapie adjuvante des ganglions cervicaux gauches a ainsi fait courir au requérant, à court terme, un risque de récidive qui n'est pas modéré et au pronostic vital défavorable. Dans ces conditions, M. B, pouvant légitimement craindre une récidive dans un laps de temps court et dont l'issue comportait des probabilités non négligeables de lui être fatale, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'anxiété dont la réalité n'est pas contestée en lui allouant une somme de 8 000 euros.

En ce qui concerne le " préjudice de perte de chance " :

14. Si M. B soutient qu'il n'a pas été mis à même de choisir, en toute connaissance de cause, l'irradiation ou non du lit tumoral, et a ainsi perdu une chance d'éviter un traitement douloureux, il résulte de ce qui a été dit au point 6, qu'aucune faute ne peut être reprochée au CHU sur ce point. En tout état de cause, le requérant n'apporte aucun élément permettant d'apprécier l'existence et l'étendue d'un " préjudice de perte de chance " nécessitant une réparation complémentaire à celle accordée aux points précédents, notamment au titre des souffrances endurées du fait de l'erreur de latéralité du traitement commise. La demande tendant à l'indemnisation de ce chef de préjudice doit ainsi être rejetée.

15. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner le centre hospitalier universitaire de Bordeaux à verser à M. B une somme totale de 16 389 euros en réparation des dommages qu'il a subis du fait de l'erreur de latéralité dans le traitement par radiothérapie administré dans cet établissement.

Sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde :

16. En premier lieu, la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde produit à l'appui de ses prétentions une notification définitive de ses débours, établie le 15 février 2023, ainsi qu'une attestation d'imputabilité de son médecin conseil justifiant, d'une part, qu'elle a exposé pour son assuré des frais hospitaliers du 8 juillet 2019 au 20 juillet 2019 pour un montant de 4 856,02 euros, des frais médicaux le 8 août 2019 pour un montant de 28 euros, des frais pharmaceutiques du 22 juillet 2019 au 5 août 2019 pour un montant de 94,01 euros, des frais de transport du 5 juillet 2019 au 30 juillet 2019 pour un montant de 1 682,50 euros, ainsi que des frais de santé post-consolidation du 11 février 2020 au 2 juin 2022 pour un montant total de 324,46 euros, lesquels sont en lien avec la faute commise par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux dans la prise en charge de M. B à compter du 6 juin 2019. Par suite, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux la somme totale de 6 984,99 euros au titre des débours échus.

17. D'autre part, la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde sollicite le remboursement de ses débours futurs pour un montant de 309,51 euros, correspondant à des actes d'imagerie et des consultations spécialisées nécessaires au suivi médical de M. B. Ces débours, que son médecin conseil impute à la prise en charge fautive de l'intéressé, sont cohérents avec le rapport de l'expert et ne sont pas contestés. Par suite, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux la somme de 309,51 euros au titre des débours futurs.

18. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, après déduction des franchises versées par le patient pour un montant de 8,53 euros, de condamner le centre hospitalier universitaire de Bordeaux à rembourser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde la somme totale de 7 285,97 euros au titre de ses débours.

19. En second lieu, aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée ". L'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 fixe les montants minimum et maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion à respectivement 118 euros et 1 191 euros.

20. Eu égard aux montants des sommes accordées à la caisse primaire d'assurance maladie tels que mentionnés au point 18 du présent jugement, celle-ci a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, pour le montant de 1 191 euros. Il y a lieu de condamner le centre hospitalier universitaire de Bordeaux à lui verser cette somme.

Sur les dépens :

21. D'une part, M. B produit des justificatifs de déplacement aux opérations d'expertise pour une somme totale non contestée de 147,30 euros, ainsi que deux factures acquittées correspondant aux honoraires du médecin-conseil l'ayant assisté dans le cadre des opérations d'expertise ordonnées par le juge des référés pour une somme totale de 4 239 euros. Il ressort toutefois d'une attestation versée par M. B que son assureur a pris en charge une somme de 624 euros en remboursement de frais d'assistance à expertise. Par suite, M. B est seulement fondé à demander qu'il soit mis à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux une somme de 3 762,30 euros au titre des frais exposés dans le cadre des opérations d'expertise.

22. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais et honoraires de l'expertise, taxés et liquidés à la somme de 3 236,50 euros, à la charge définitive du centre hospitalier universitaire de Bordeaux.

Sur les frais liés au litige :

23. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux la somme de 1 500 euros à verser à M. B, ainsi que la somme de 1 000 euros à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Son conseil n'étant pas présent à l'audience, les prétentions de la caisse s'agissant des frais de plaidoirie sollicités par cette dernière ne pourront qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Bordeaux est condamné à verser à M. B une somme de 16 389 euros.

Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Bordeaux est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde la somme de 7 285,97 euros au titre de ses débours et la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 3 236,50 euros, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier universitaire de Bordeaux.

Article 4 : Le centre hospitalier universitaire de Bordeaux versera à M. B une somme de 3 762,30 euros au titre des dépens.

Article 5 : Le centre hospitalier universitaire de Bordeaux versera à M. B la somme de 1 500 euros et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, au centre hospitalier universitaire de Bordeaux, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde et à la mutuelle Vivinter. Copie sera adressée au docteur A.

Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Chauvin, présidente,

Mme de Gélas, première conseillère,

M. Vaquero, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

La présidente-rapporteure,

A. CHAUVINLa première assesseure,

C. DE GÉLAS

La greffière,

C. LALITTE

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions