mercredi 11 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2202175 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | VIDALING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 avril 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 21 novembre 2022, M. B D, représenté par Me Etienne Vidaling, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de prescrire une expertise aux fins de déterminer si les conditions d'intervention de Réseau de transport d'électricité (RTE) sur sa propriété ont été conformes par rapport aux terme de la servitude existante et notamment préciser si les arbres coupés devaient nécessairement être coupés ou simplement élagués, décrire les travaux réalisés et proposer les travaux de reprise ainsi que leur coût éventuel et déterminer les préjudices subis. Il demande en outre que l'expert rédige un pré-rapport et que soit mis à la charge de Réseau de transport d'électricité la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'expertise est utile dans le cadre d'un litige ultérieur devant le juge du fond visant à obtenir la réparation du préjudice subi.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 22 et 23 juin 2022, Réseau d'électricité de France, représentée par Me Laura Soulier :
1°) à titre principal conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant de la somme de 2000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, demande au juge des référés de donner mission à l'expert de décrire les travaux réalisés en novembre 2019 pour le compte de RTE sur les parcelles déboisées appartenant à M. B D, la surface déboisée et le type d'arbres ou élagués et proposer une évaluation de l'indemnité due par la société RTE à M. B D, au titre de la création de la tranchée déboisée, sur la base de la perte pour abattage prématuré des arbres et de la perte de revenu du fonds.
3°) en tout état de cause, demande au juge des référés de condamner M. B D au paiement des entiers dépens.
Elle soutient au principal que l'expertise n'est pas utile, puisque les prétentions de M. D sont vouées à l'échec, l'intervention de RTE ayant eu lieu en application de la convention de servitude.
Vu la proposition de médiation faite par la présidente du Tribunal le 4 mai 2022 ;
Vu le refus de médiation de M. B D ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". L'octroi d'une telle mesure est subordonné à son utilité pour le règlement d'un litige principal relevant de la compétence du juge administratif. Cette utilité doit être appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.
2. Il résulte de l'instruction que M. B D est propriétaire, sur la commune de Villamblard (24140), des parcelles cadastrées section AS n°198 et 203 situées 475 rue du Pontillou. Ces parcelles sont grevées d'une servitude par convention signée le 29 août 1950 relative à la création et à l'entretien d'une ligne à haute tension B de 225 000 volts. Cette convention prévoit : " Que sur le passage de la ligne, les arbres seront élagués, coupés ou étérés, par les soins d'E.D.F ou de ses mandataires, sur une largeur et une hauteur suffisantes, de façon à assurer la sécurité du transport ". M. D soutient qu'en novembre 2019, la coupe d'une partie des arbres sur 3000 m2 soit environ 50 à 60 arbres dont certains truffiers a eu lieu à l'intiative de RTE alors qu'aucun des arbres coupés n'était situé à moins de 10 mètres de la ligne en question. Par la présente requête M. D demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de prescrire une expertise aux fins de déterminer si les conditions d'intervention de Réseau de transport d'électricité sur sa propriété ont été conformes par rapport aux terme de la servitude existante et notamment préciser si les arbres coupés devaient nécessairement être coupés ou simplement élagués, décrire ces travaux, proposer les travaux de reprise ainsi que leur coût éventuel et déterminer les préjudices subis.
3. La mesure d'expertise ayant pour effet de demander à l'expert de se prononcer sur la conformité des travaux réalisés par la société RTE, au regard de la servitude qui lui a été accordée, concerne la qualification juridique des faits et les conséquences juridiques à tirer de constatations de fait. Elle porte non sur des questions de fait mais sur des questions de droit et n'est pas au nombre de celles qui peuvent être confiées à un expert.
4. En revanche, d'une part, la description des travaux réalisés en novembre 2019 pour le compte de la société RTE sur les parcelles appartenant à M. D, de la surface déboisée et du type d'arbres abattus ou élagués, et d'autre part, la fourniture des éléments concernant la détermination de l'indemnité due par la société RTE à M. D au titre de la création de la tranchée déboisée, sur la base de la perte pour abattage prématuré des arbres et de la perte de revenu du fonds, relèvent des missions qui peuvent être confiées à un expert.
5. Il résulte de ce qui précède que la mesure d'expertise sollicitée telle que définie au point 4, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, est utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les dépens :
6. Tout d'abord, l'instance en cours n'a pas donné lieu à dépens. Ensuite, en application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il appartient, non au juge des référés, mais au seul président de la juridiction administrative, lorsqu'il fixe les frais et honoraires de l'expertise, de désigner celle des parties qui devra s'en acquitter. Enfin, en vertu de l'article R. 761-1 de ce code, la mise à la charge définitive des dépens, au nombre desquels figurent les honoraires et frais d'expertise, ressortit à la compétence du juge du fond qui, sous réserve de dispositions spéciales et sauf circonstances particulières de l'affaire, doit mettre ces dépenses à la charge de la partie perdante. Par suite, les conclusions de Réseau d'électricité de France tendant qu'il soit mis à la charge de M. D les entiers dépens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur l'établissement d'un pré-rapport :
7. S'agissant de l'exercice par l'expert de la mission qui lui est assignée par la présente ordonnance, aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit ne lui font obligation d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations qui lui sont confiées et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions de M. B D tendant à ce que l'expert communique un pré-rapport aux parties afin qu'elles puissent y répondre sous forme de dires ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés à l'instance :
8. En l'absence de partie perdante, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Réseau de transport d'électricité et par M. D sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : M. A C, est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de se rendre sur les lieux, sur les parcelles cadastrées section AS n°198 et 203 situées 475 rue du Pontillou, sur le territoire de la commune de Villamblard (24140) et appartenant à M. B D ; d'entendre les parties et tous sachants ; de prendre connaissance de tous documents utiles à la bonne fin de l'expertise ;
2°) de visiter les lieux et décrire les parcelles cadastrées section AS n°198 et 203 appartenant à M. D en identifiant l'assiette de la servitude grevant la parcelle au profit de RTE ;
3°) de décrire les travaux réalisés en novembre 2019 pour le compte de la société RTE sur ces parcelles, de décrire la surface déboisée et le type d'arbres abattus ou élagués ; indiquer précisément la distance entre l'assiette de la servitude et les arbres abattus ;
4°) de donner tous les éléments concernant le préjudice allégué par M. D au titre de la création de la tranchée déboisée, sur la base de la perte pour abattage prématuré des arbres et de la perte de revenu du fonds ;
5°) de fournir tous les éléments de nature à permettre le cas échéant à la juridiction compétente de déterminer les responsabilités encourues et d'évaluer tous les préjudices subis de quelle que nature qu'ils soient ;
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre RTE et M. D.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert qui communiquera aux parties un pré-rapport, s'il l'estime utile, avec un délai leur permettant de faire valoir leurs dires avant d'analyser leurs observations dans un rapport définitif, déposera le rapport définitif au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à Réseau de transport d'électricité, à M. B D et à M. A C, expert.
Fait à Bordeaux, le 11 janvier 2023.
La présidente,
Cécile MARILLER
La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026