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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2202239

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2202239

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2202239
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABINET BERTIN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Par une ordonnance n° 1900109 du 21 janvier 2020, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la requête de l'office public de l'habitat (OPH) de la communauté urbaine de Bordeaux, ci-après Aquitanis, tendant, à titre principal, à la condamnation solidaire de l'agence d'architecture C et Seigneurin, représentée par M. C, de la mutuelle des architectes français (MAF), de la société Soprema Entreprises, de la société Axa Corporate solutions, de la société Axa France, de la société Egis Bâtiments Sud-Ouest, de la société Gan Eurocourtage, de la société Ramery Bâtiment, du centre d'études techniques et d'équipement (CETE) Apave Sud-Europe, de la société Les Souscripteurs du Lloyd's de Londres représentée par la société Lloyds France, de la société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics (SMABTP), de la société SMA, de la société Generali et de la société d'étude Charentaise de béton armé (Secba) Ingénierie à réparer les désordres affectant les 121 logements collectifs du bâtiment " G ", à lui verser une indemnité provisionnelle d'un million d'euros et de surseoir à statuer pour le surplus dans l'attente du dépôt du rapport d'expertise.

Par un arrêt n° 20BX00431 du 23 mars 2022, la cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé ce jugement et a renvoyé l'affaire devant le tribunal.

Procédure devant le tribunal :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 26 avril 2022, le 1er août 2023, le 12 et le 21 juin 2024, Aquitanis, représenté par Me Mirieu de Labarre, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) à titre principal, de condamner la société Agence d'architecture C Seigneurin, représentée par M. C, la MAF, de la société Soprema Entreprises, la société Axa Corporate solutions, la société Axa France, la société Egis Bâtiments Sud-Ouest, la société Gan Eurocourtage, la société Ramery Bâtiment, la société CETE Apave Sud-Europe, la société SA Apave Sud-Europe, la société Les Souscripteurs du Lloyd's de Londres représentée par la société Lloyds France, la SMABTP, la compagnie SMA, la société Generali et la société Secba Ingénierie, solidairement et à défaut in solidum, de l'ensemble des désordres révélés par l'expert ainsi que des désordres affectant les loggias et balcons des différents étages, pour un montant total de 560 086,89 euros TTC, indexé sur l'indice du coût de construction à compter du 11 juin 2021 jusqu'au jugement à intervenir ;

2°) à titre subsidiaire, de les condamner au paiement d'une somme de 319 778,56 euros TTC, pareillement indexé ;

3°) de condamner les parties succombantes aux frais d'instance ;

4°) de mettre à la charge des parties succombantes la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Cet office soutient que :

- son directeur général a qualité pour former le présent recours ;

En ce qui concerne le rapport d'expertise et les désordres constatés :

- l'expert a restreint à tort son champ d'investigation et n'a pas apprécié les désordres concernant les appartements du rez-de-chaussée, qui sont affectés des mêmes vices ;

- ses demandes n'étaient pas exclusivement fondées sur la responsabilité décennale mais également sur la responsabilité contractuelle de droit commun des exécutants du marché, sur le fondement de l'ancien article 1134 du code civil ;

En ce qui concerne les désordres :

- les désordres exposés dans le rapport d'expertise, qui n'étaient pas apparents à la date de réception des travaux, sont de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination, de sorte que la responsabilité décennale des constructeurs doit être engagée.

En ce qui concerne l'imputabilité :

- la responsabilité de l'ensemble de l'équipe de maîtrise d'œuvre et des entreprises doit être engagée pour les trois causes de désordres relevées par l'expert, tout comme celle du bureau de contrôle qui n'a pas relevé les erreurs commises ; seront donc condamnées in solidum à réparation des préjudices : le groupement de maîtrise d'œuvre constitué de la société C et Seigneurin, représentée par M. C, et leur assureur la MAF, ainsi que la société Egis (Iosis) et son assureur Gan Eurocourtage, les entreprises de gros œuvre à savoir la société Snegso devenue Ramery Bâtiment et ses assureurs Axa, SMABTP et SMA, la société Rénovation Construction Aquitaine et son assureur Generali, la société Soprema et ses assureurs Axa Corporate, Generali et SMABTP, et la société Secba Ingénierie et son assureur SMABTP, le bureau de contrôle composé de la société CETE Apave et son assureur Lloyds de Londres, et enfin la société Axa Iard en qualité d'assureur dommage ouvrages ;

En ce qui concerne la responsabilité contractuelle de la maîtrise d'œuvre :

- les maîtres d'œuvre sont responsables dès lors qu'ils ne l'ont pas alerté, lors des opérations de réception, des défauts de conception affectant le dispositif d'évacuation des eaux pluviales des balcons ;

En ce qui concerne les travaux réparatoires et les préjudices :

- les désordres constatés sur l'intégralité des terrasses et loggias nécessitent des réparations, qui consistent en la reprise des pentes et cunettes de tous les balcons et loggias, l'application d'une étanchéité liquide et la reprise des dispositifs de drainage des eaux pluviales des nez de balcon ;

- au titre de ces travaux, les frais du devis le moins cher s'élèvent à 560 086,89 euros au titre des réparations et 131 833,81 euros au titre des améliorations nécessaires ; ce montant concerne les 60 balcons affectés par les désordres, et non pas les seuls 24 balcons retenus par l'expert ;

- à titre subsidiaire, le montant retenu selon le devis de la société Ramery, pour un nombre insuffisant de balcons, serait de 319 778,56 euros en prenant notamment en compte les frais d'honoraires associés à la reprise des infiltrations ;

- ces montants doivent en tout état de cause être indexés sur le coût de la construction à compter du 11 juin 2021.

Par des mémoires enregistrés le 20 septembre 2023, le 9 janvier et le 26 juin 2024 à deux reprises, la société Apave Infrastructures et Construction, venant aux droits de la société CETE Apave Sud-Europe, et la société Lloyd's Insurance Company, venant aux droits de la société Les Souscripteurs du Lloyd's de Londres en qualité d'assureur de cette société, et France, représentés par Me Berthiaud, concluent :

1°) à la mise hors de cause de la société CETE Apave Sud-Europe ;

2°) à l'incompétence de la juridiction administrative en ce qui concerne les conclusions directement dirigées contre les Souscripteurs Lloyd's de Londres ;

3°) au rejet de la requête et des conclusions dirigées à leur encontre ;

4°) à titre subsidiaire, si le tribunal venait à les condamner in solidum avec les autres intervenants de l'opération, d'une part à ce qu'une part de responsabilité soit laissée à Aquitanis, d'autre part, à ce que la société Agence d'architecture C et Seigneurin et son assureur la MAF, la société Soprema et son assureur Axa Corporate Solutions, la société Egis Bâtiments Sud-Ouest et son assureur Gan Eurocourtage Iard, la société Ramery et ses assureurs la SMABTP et la SMA, et enfin la société Secba et son assureur SMABTP ainsi que la société RCA, soient condamnées à les garantir et les relever indemnes de l'ensemble des condamnations prononcées à leur encontre ou, à défaut, du quantum excédant leur propre part de responsabilité ;

5°) de mettre à la charge des autres parties la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- tout d'abord, la société CETE Apave Sud-Europe a été substituée par la société Apave International, aux droits de laquelle est venue la société Apave Infrastructures et Construction France ; elles sont toutes deux assurées par la société Lloyd's Insurance Company, venue aux droits de la société Les souscripteurs Lloyd's de Londres ;

- la juridiction administrative est incompétente en ce qui concerne les conclusions directement dirigées contre la société Lloyd's ;

En ce qui concerne la responsabilité au titre de la garantie décennale :

- aucun désordre n'est imputable à la société Apave ; au titre de sa mission L, la société Apave devait contribuer à la prévention d'aléas techniques mais pas de l'impropriété à destination d'un immeuble tandis qu'au titre de la mission F, elle n'avait pas à contrôler les éléments inertes ;

- la situation a été aggravée par un défaut d'entretien engageant la responsabilité du maître de l'ouvrage ;

En ce qui concerne la responsabilité contractuelle de droit commun :

- la réception de l'ouvrage, qui a mis fin aux rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre, exclut que soit invoquée la responsabilité contractuelle de droit commun des intervenants à l'opération ;

En ce qui concerne le quantum, à titre subsidiaire :

- le chiffrage de la réparation des préjudices s'établit à 307 756 euros ;

En ce qui concerne les recours en garantie :

- les appels en garantie dirigés à son encontre doivent être rejetés dès lors qu'elle n'est pas responsable des désordres en cause ;

- ces désordres résultent d'erreurs de conception et d'exécution du groupement de maîtrise d'œuvre ainsi que des sociétés Snegso devenue Ramery, Secba et RCA.

Par un mémoire enregistré le 25 septembre 2023, la société Axa France Iard, prise en sa qualité d'assureur dommages-ouvrages d'Aquitanis, représentée par Me Leridon, conclut :

1°) à ce que l'indemnité de remise en état des ouvrages soit limitée à hauteur de 303 756 euros TTC ;

2°) à la condamnation in solidum des sociétés Agence d'architecture C et Seigneurin, Egis, Soprema, Ramery et Apave, ainsi que de leurs assureurs respectifs, à relever et garantir la compagnie Axa France Iard, en sa qualité d'assureur dommages-ouvrages, de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre.

Elle soutient que :

- la police assurance des dommages-ouvrages souscrite le 11 mai 2011 couvre la garantie décennale ;

- la demande indemnitaire d'Aquitanis est surévaluée ;

- les constructeurs sont responsables des désordres.

Par des mémoires enregistrés le 8 novembre 2023 et le 27 juin 2024, la société Ramery Bâtiment et son assureur, la société Axa France Iard, représentées par Me Rivière, concluent :

1°) à l'incompétence de la juridiction administrative en ce qui concerne les conclusions directement dirigées contre la société Axa France Iard ;

2°) au rejet de la requête et des conclusions dirigées par les autres parties à leur encontre ;

3°) à la condamnation in solidum des sociétés C et Seigneurin, Egis, Soprema, Secba, RCA et Apave, ainsi que leurs assureurs les sociétés Mutuelle des Architectes français, XL Insurance Company, Les Souscripteurs du Lloyd's de Londres, SMABTP et Generali Iard, à relever et garantir la société Ramery indemne de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre.

4°) de mettre à la charge des parties succombantes la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la juridiction administrative est incompétente pour connaître des actions dirigées contre des compagnies d'assurance au titre des contrats qu'elles ont conclus avec des entreprises de droit privé ;

- l'expert a fait une juste évaluation du montant des préjudices subis par Aquitanis ;

- l'impropriété de l'ouvrage à sa destination n'est que partielle et temporaire et n'est dès lors pas de nature à engager sa responsabilité sur le fondement de la garantie décennale ; qu'en en tout état de cause seuls les balcons sont concernés ;

- aucune faute présentant un lien de causalité avec le préjudice ne pouvant être retenue à son encontre, sa responsabilité contractuelle ne saurait être engagée ;

- les défaillances du dispositif de drainage engagent la responsabilité des sociétés C et Seigneurin et Egis en leur qualité de maîtres d'œuvre, de la société Soprema en charge des travaux de couverture et d'étanchéité et de l'Apave en qualité de bureau de contrôle ; le défaut de pente comme le défaut d'écoulement des eaux résultent d'erreurs de conception comme d'exécution du bureau d'études Secba Ingénierie, au stade de la conception et de l'exécution.

Par des mémoires enregistrés le 27 et le 30 novembre 2023 et le 14 mars et le 23 mai 2024, la société Secba Ingénierie et son assureur, la société SMABTP, représentées par Me Barthélemy-Maxwell, concluent :

1°) à l'incompétence de la juridiction administrative en ce qui concerne les conclusions directement dirigées contre la société SMABTP ;

2°) au rejet de la requête et des conclusions dirigées par les autres parties à leur encontre ;

3°) à la condamnation in solidum des sociétés Ramery et de son assureur Axa France Iard, de la société d'architecture C et Seigneurin, de M. C et de leur assureur la MAF, de la société Egis Bâtiments Sud-Ouest et de son assureur Gan Eurocourtage Iard, de la société Apave Sud-Europe et de son assureur la société Lloyd's Insurance Company, de la société Soprema Entreprises et de son assureur XL Insurance Company venant aux droits de la société Axa France Iard, de la société RCA et de son assureur Generali à relever et garantir la société Secba indemne, de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre ;

4°) en tout état de cause à la limitation de la somme à laquelle la société Secba Ingénierie pourrait être condamnée à 307 756 euros ;

5°) à ce que soit mis à la charge des parties succombantes la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la juridiction administrative n'est pas compétente s'agissant des demandes dirigées directement contre la SMABTP ;

- l'impropriété de l'ouvrage à sa destination n'est que partielle et temporaire et n'est dès lors pas nature à engager leur responsabilité sur le fondement de la garantie décennale ;

- la société Secba Ingénierie, qui n'est liée par aucun contrat avec Aquitanis, n'est pas un constructeur au sens et pour l'application des principes dont s'inspirent les article 1792 et suivants du code civil ;

- sa responsabilité quasi-délictuelle ne saurait être engagée dès lors qu'elle n'a commis aucune faute présentant un lien de causalité direct et certain avec les désordres et n'avait en particulier pas de mission de suivi d'exécution ;

- les désordres trouvent leur origine dans un défaut de conception poursuivi au stade de l'exécution et imputable aux sociétés C et Seigneurin, Egis, Ramery, Apave et Soprema ;

- en tout état de cause, le préjudice ne concerne que les terrasses et les loggias situés juste en dessous.

Par des mémoires enregistrés le 20 février, le 18 avril, le 27 juin et le 24 septembre 2024, le dernier n'ayant pas été communiqué, la société Egis Bâtiments Sud-Ouest et son assureur, la société Allianz Iard, représentées par Me Dupuy, concluent :

1) au rejet de la requête et des conclusions dirigées par les autres parties à leur encontre ;

2°) à titre subsidiaire à la limitation à 237 914,40 euros TTC de la somme à laquelle la société Egis Bâtiments Sud-Ouest pourrait être condamnée au titre de la garantie décennale ;

3°) à la condamnation les constructeurs conformément à la répartition des imputabilités dans la survenance des désordres ;

4°) à la condamnation in solidum des sociétés Ramery Bâtiment, Soprema Enterprise, Apave Infrastructure et Constructions et Secba Ingénierie à relever et à garantir indemne la société Egis Bâtiments Sud-Ouest de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre, et qui serait supérieure à la part de responsabilité du groupement de maîtrise d'œuvre dans le sinistre, soit à hauteur de 47 248,48 euros ;

5°) à la condamnation de la société C et Seigneurin à relever et à garantir indemne la société Egis Bâtiments Sud-Ouest de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à l'encontre du groupement de maîtrise d'œuvre, supérieure à sa part de responsabilité de 31,65 % soit 14 954,14 euros TTC ;

6°) à l'incompétence de la juridiction administrative en ce qui concerne les conclusions directement dirigées contre la société Allianz Iard ;

7°) à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des parties succombantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Elles soutiennent que :

- aucune nouvelle expertise n'est nécessaire ;

- l'impropriété de l'ouvrage à sa destination n'est que partielle et temporaire et n'est dès lors pas de nature à engager leur responsabilité sur le fondement de la garantie décennale ;

- le maître d'ouvrage ne peut plus rechercher la responsabilité contractuelle des constructeurs après la réception des travaux ; aucune faute ne saurait être reprochée à la société Egis Bâtiments Sud-Ouest ;

- le groupement de maîtrise d'œuvre n'est responsable qu'à hauteur de 60 % des désordres résultant de la cause classée n° 1 par l'expert, aucunement de la cause n° 2, et à hauteur uniquement de 10 % de la cause n° 3 ;

- en tout état de cause le préjudice ne concerne que les balcons supérieurs ;

- le préjudice résultant de la cause n° 1 s'établit à la somme de 63 232 euros, celui de la cause n° 2 à la somme de 84 592 euros, et celui résultant de la cause n° 3 à la somme de 93 088 euros ; la responsabilité du groupement de maîtrise d'œuvre devra dès lors être limitée à la somme de 47 248 euros ; au sein du groupement de maîtrise d'œuvre, la société C et Seigneurin est responsable à hauteur de 68,35 % de ces désordres et la société Egis à hauteur de 31,65 % ; ainsi, le montant de sa condamnation ne pourra pas dépasser 14 954,14 euros TTC ;

- la juridiction administrative n'est pas compétente s'agissant des demandes dirigées directement contre la société Allianz.

Par des mémoires enregistrés le 10 juin et le 25 juillet 2024, la société Agence d'Architecture C et Seigneurin, représentée par M. D C, et leur assureur la mutuelle des architectes français, représentées par la SAS Aequo Avocats, concluent :

1°) à l'incompétence de la juridiction administrative en ce qui concerne les conclusions directement dirigées contre la Mutuelle des Architectes Français ;

2°) à l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la société Agence d'Architecture C et Seigneurin ;

3°) à titre subsidiaire à la limitation du montant auquel la société C et Seigneurin pourrait être condamnée à la somme de 117 171,20 euros TTC ;

4°) à la condamnation in solidum des sociétés Ramery Bâtiment, Secba Ingénierie, Egis Bâtiments Sud-Ouest et Apave Infrastructures et Construction France à garantir et relever indemne la société Agence d'Architecture C et Seigneurin de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre ; en tout état de cause de limiter sa responsabilité à 5 % du montant des travaux de reprise ;

5°) dans tous les cas de mettre à la charge des parties succombantes la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Elles soutiennent que :

- la juridiction administrative n'est pas compétente s'agissant des demandes dirigées directement contre la Mutuelle des Architectes Français ;

- la requête est irrecevable dès qu'Aquitanis ne peut plus rechercher la responsabilité contractuelle des constructeurs après la réception des travaux et que les conditions d'engagement de la garantie décennale ne sont pas réunies ;

- aucun des désordres ne leur est imputable dès lors que l'agence était chargée de la conception et du suivi architectural de l'ouvrage, non de la conception au stade de l'exécution ; les vices de conception relèvent de fautes des sociétés Secba, Egis et Apave ; les malfaçons des sociétés RCA et Ramery, et le défaut d'entretien d'Aquitanis ;

- seuls les balcons supérieurs sont concernés ; la mise en place d'une étanchéité liquide, qui n'était pas prévue initialement et améliore l'ouvrage, n'est pas requise techniquement dès lors qu'aucune stagnation d'eau ne perdurera lorsque la pente des balcons et le drainage seront repris ;

- après abattement de 20% relatif au défaut d'entretien et à la suppression des travaux d'étanchéité, le préjudice d'Aquitanis s'établit à hauteur de 117 171,20 euros HT.

Par un mémoire enregistré le 20 juin 2024, la société Soprema Entreprise et son assureur, la société XL Insurance Company SE, représentés par Me Caillol, concluent :

1°) à l'incompétence de la juridiction administrative en ce qui concerne les conclusions directement dirigées contre la société XL Insurances ;

2°) au rejet de la requête et des conclusions présentées par les autres parties à leur encontre ;

3°) à la condamnation in solidum de la société d'architecture C et Seigneurin, représentée par M. C, de la société Egis Bâtiments Sud-Ouest, de la société Ramery Bâtiment, de la société Secba, de la société Rénovation Construction Aquitaine et de la société Apave Sud-Europe à relever et garantir la société Soprema indemne de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre.

4°) à ce qu'une somme de de 5 000 euros soit mise à la charge d'Aquitanis au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.

Elles soutiennent que :

- la juridiction administrative n'est pas compétente s'agissant des demandes dirigées directement contre la société XL Insurances ;

- aucune nouvelle expertise n'est nécessaire ;

- l'impropriété de l'ouvrage à sa destination n'est que partielle et temporaire et n'est dès lors pas de nature à engager leur responsabilité sur le fondement de la garantie décennale ;

- le maître d'ouvrage ne peut plus rechercher la responsabilité contractuelle des constructeurs après la réception des travaux ; aucune faute ne saurait être reprochée à la société Soprema ;

- les dommages étant imputables aux fautes commises par les autres constructeurs responsables, ils doivent être condamnées à garantir et relever indemne la société Soprema.

Par deux mémoires enregistrés le 27 juin 2024 et le 25 septembre 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la société Generali Iard, représentée par Me Guespin, conclut :

1°) à l'incompétence de la juridiction administrative en ce qui concerne les conclusions directement dirigées à son encontre ;

2°) au rejet de la requête et des conclusions présentées à son encontre et à l'encontre de la société RCA ;

3°) à titre subsidiaire, à la condamnation de la société C et Seigneurin et de son assureur la MAF, de la société Egis Bâtiments Sud-Ouest et de son assureur Allianz Iard, de la société Soprema et de son assureur Gan Eurocourtage, de la société Ramery et de son assureur Axa France Iard, de la société Secba et de son assureur la SMABTP, de la société Apave et de son assureur Lloyd's Insurance Company, à garantir et relever indemne la compagnie Generali Iard de l'ensemble des condamnations prononcées à son encontre ;

4°) en tout état de cause à ce que son éventuelle condamnation ne dépasse pas les plafonds contractuellement prévus par la police d'assurance en cause, à ce que la responsabilité de la société RCA soit limitée à 20 % du montant des dommages et à ce que la responsabilité d'Aquitanis soit retenue au titre du défaut d'entretien des cunettes ;

5°) à ce que soit mis à la charge de l'OPH Aquitanis ou de toute partie perdante la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative n'est pas compétente s'agissant des demandes dirigées directement contre elle ;

- les désordres en cause ne sont pas de nature décennale dès lors que l'impropriété de l'ouvrage n'est que partielle et temporaire ; en tout état de cause aucun de ces désordres n'est imputable à la société RCA ;

- le maître d'ouvrage ne peut plus rechercher la responsabilité contractuelle des constructeurs après la réception des travaux ;

- en tout état de cause, la police d'assurance ne couvre pas les fautes reprochées à la société RCA ;

- les désordres indemnisables, restreints aux balcons supérieurs, s'élèvent au maximum à la somme de 198 262 euros HT ;

- la part de responsabilité de la société RCA ne saurait excéder 20 % tandis que la responsabilité de l'OPH Aquitanis pour défaut d'entretien se saurait être inférieure à 10 % ;

- les autres sociétés ayant participé à la construction ont commis des fautes dans l'exécution de leurs prestations.

Enfin, par un mémoire enregistré le 27 juin 2024, la société SMABTP, en qualité d'assureur de la société Ramery, représentée par Me Bertin, conclut :

1°) à l'incompétence de la juridiction administrative en ce qui concerne les conclusions directement dirigées à son encontre ;

2°) au rejet des conclusions de la requête dirigées à l'encontre de la société Ramery ou, subsidiairement à la limitation de sa part de responsabilité ;

3°) à ce que les sommes susceptibles d'être alloués à l'OPH Aquitanis soient limitées à la somme de 189 944 euros HT ;

4°) dans tous les cas, à ce que soit mis à la charge des parties succombantes la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative n'est pas compétente s'agissant des demandes dirigées directement contre elle ;

- les dommages ne sont pas de nature à permettre l'engagement de la garantie décennale et la responsabilité contractuelle des constructeurs ne peut plus être engagée dès lors que les travaux ont été réceptionnés : les désordres ne concernent que les 12 balcons supérieurs ; le défaut de pente est imputable à la société RCA ;

- le montant maximal du préjudice s'établit à 184 944 euros HT ;

- la responsabilité de la société Ramery dans la survenue des désordres est limitée.

Les parties ont été informées, par un courrier du 20 septembre 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens tirés :

- de l'irrecevabilité des conclusions de la requête dirigées contre la société Axa France Iard, assureur dommage ouvrage du maître d'ouvrage, qui n'est pas un constructeur au sens de la responsabilité décennale ;

- de l'irrecevabilité des conclusions de l'OPH Aquitanis dirigées, sur le fondement de leur responsabilité décennale, à l'encontre des sociétés Rénovation construction Aquitaine (RCA) et Secba, participants à l'opération de construction avec lesquels il n'a pas conclu de contrat de louage d'ouvrage ;

- de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions aux fins d'appel en garantie de la société Ramery à l'encontre des sociétés Rénovation construction Aquitaine (RCA) et Secba, avec lesquelles elle est liée par un contrat de sous-traitance.

Une réponse à ces moyens d'ordre public, présentée par la société Secba, a été enregistrée le 30 septembre 2024.

Vu :

- les ordonnances n° 1502403 du tribunal administratif de Bordeaux du 21 juin 2021 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des assurances ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Josserand,

- les conclusions de Mme Caste, rapporteure publique,

- les observations de Me Le Pennec, représentant la société Agence d'architecture C et Seigneurin et M. C,

- les observations de Me Dupuy, représentant les sociétés Egis Bâtiments Sud-Ouest et Gan Eurocourtage Iard,

- les observations de Me Regnier, représentant la société SMABTP,

- les observations de Me Guespin, représentant la société Generali,

- les observations de Me Vignes, représentant la société Ramery Bâtiment,

- et les observations de Me Donitian, représentant les sociétés Soprema Entreprises et Axa Corporate solutions.

Considérant ce qui suit :

1. Par acte d'engagement du 17 décembre 2007, l'office public de l'habitat (OPH) de la communauté urbaine de Bordeaux, ci-après Aquitanis, a confié au groupement constitué de la société Agence d'architecture C et Seigneurin, représentée par M. C, et de la société Egis Bâtiments Sud-Ouest (sous l'enseigne Iosis), la maîtrise d'œuvre des travaux de construction d'un ensemble de 121 logements collectifs à Floirac, désigné sous le nom de G. Les marchés de travaux correspondants ont été confiés, s'agissant du lot " gros œuvre ", à la société Snegso devenue Ramery Bâtiment, et s'agissant du lot " couvertures et étanchéité ", à la société Soprema Entreprises. Par acte d'engagement du 13 septembre 2007, le centre d'études techniques et d'équipement (CETE) Apave Sud-Europe a été désignée contrôleur technique de ces travaux. Ceux-ci ont été réceptionnés sans réserve le 15 mars 2011. Postérieurement à cette réception, des infiltrations d'eau sur l'ensemble des terrasses et balcons et en sous-face de ces balcons ainsi qu'à la jonction de la dalle de béton avec le nez de la dalle ont été constatées à la faveur d'un orage. Par une ordonnance n° 1502403 du 22 septembre 2015, le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux a désigné M. F A en qualité d'expert judiciaire. Ce dernier a remis son rapport d'expertise le 11 juin 2021. Par la présente requête, Aquitanis demande au tribunal de condamner solidairement, et à défaut in solidum, l'agence d'architecture C et Seigneurin, représentée par M. C, et leur assureur la compagnie mutuelle des architectes français (MAF), la société Soprema Entreprises et son assureur Axa Corporate Solutions, la société Egis Bâtiments Sud-Ouest et son assureur la compagnie Gan Eurocourtage Iard, la société Ramery Bâtiment et ses assureurs les compagnies Axa France Iard et SMA, le centre d'études techniques et d'équipement (CETE) Apave Sud-Europe et la société SA Apave Sud Europe et leur assureur Les souscripteurs Lloyds de Londres, la société Rénovation Construction Aquitaine (RCA) et son assureur la compagnie Generali Iard, et enfin le bureau d'études Secba Ingénierie et son assureur la société SMABTP sur à lui verser, à titre principal, une somme totale de montant total de 560 086,89 euros, ou à titre subsidiaire, une somme de 319 778,56 euros, sur le fondement des responsabilités décennales ou contractuelles en réparation des préjudices que lui ont causés les désordres affectant les balcons et loggias de la G.

Sur la compétence de la juridiction administrative :

2. En premier lieu, il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative. Il suit de là que les conclusions présentées par Aquitanis contre les assureurs des différents participants aux opérations de constructions doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

3. En second lieu, la compétence de la juridiction administrative pour connaître des litiges nés de l'exécution d'un marché de travaux publics et opposant des participants à l'exécution de ces travaux ne s'étend pas à l'action en garantie du titulaire du marché contre son sous-traitant avec lequel il est lié par un contrat de droit privé. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de la société Ramery tendant à être garantie de toutes condamnations pouvant être prononcées à son encontre par ses deux sous-traitants, les sociétés Rénovation Construction Aquitaine (RCA) et Secba Ingénierie, comme étant présentées devant un ordre de juridiction incompétente pour en connaître.

Sur la mise hors de cause de la société CETE Apave Sud-Europe :

4. La société CETE Apave Sud-Europe, qui était titulaire du marché de contrôle technique, a changé de dénomination à compter du 1er janvier 2010 pour devenir la société Apave International et a cédé ses activités de contrôle technique en matière de construction à la société Apave infrastructures et construction France. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre hors de cause la société CETE Apave Sud-Europe au droit laquelle vient la société Apave infrastructure et construction France.

Sur la responsabilité décennale des constructeurs :

5. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres, apparus dans le délai d'épreuve de dix ans et affectant l'ouvrage dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, même dissociable, engagent la responsabilité de ces constructeurs au titre de la garantie décennale s'ils sont de nature à compromettre sa solidité ou à le rendre impropre à sa destination. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.

En ce qui concerne la nature et l'origine des désordres :

6. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise supplémentaire, qu'un défaut d'évacuation des eaux pluviales provoque des stagnations d'eau sur les terrasses du quatrième étage des douze appartements situés au Sud-Ouest et au Nord-Ouest de la G (premier hall, balcons nos 1 et 2, deuxième hall, balcons nos 3 à 5, troisième hall, balcons nos 4 à 8 et quatrième hall, balcons nos 9 à 12) ainsi que des infiltrations en sous-dalle de ces terrasses et à la jonction avec le nez de dalle, lesquelles se propagent ensuite vers les loggias des niveaux inférieurs. Cette eau stagnante rend inutilisables les terrasses du quatrième étage en cas de forte pluie tandis que les infiltrations subséquentes provoquent des migrations d'eau dans les logements du quatrième étage et ceux du troisième étage. Ces désordres, qui ont été constatés pour la première fois à l'occasion d'un orage au cours de l'été 2011, postérieurement à la réception des travaux, présentent un caractère évolutif, notamment en ce qui concerne les infiltrations d'eaux dans les logements, sont de nature à rendre ces terrasses impropres à leur destination et engagent, dans cette mesure, la responsabilité de ces constructeurs au titre de la garantie décennale, quand bien même la solidité de l'ouvrage ne serait pas compromise dans un délai prévisible. En revanche, les loggias couvertes des appartements des niveaux inférieurs (niveaux 0 à 2) ne subissent pas directement la pluie ni les infiltrations et migrations d'eau issues des terrasses du quatrième étage. Par suite et contrairement à ce que soutient Aquitanis, les dysfonctionnements relatifs à l'étanchéité et à l'évacuation de l'eau des balcons des étages inférieurs ne sont pas d'une gravité suffisante pour rendre l'ouvrage impropre à sa destination et ne sont dès lors pas de nature à engager la responsabilité des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale.

7. Ces désordres trouvent leur origine, d'une part, dans les erreurs de conception affectant le dispositif de drainage des eaux de ruissèlement des terrasses : l'évacuation des eaux depuis les cunettes situées à l'extrémité de la terrasse, dans une canalisation intégrée dans l'épaisseur de la dalle du balcon, vers la descente d'eau pluviale située à l'intérieur de la terrasse en façade intérieure du bâtiment, n'est pas fonctionnelle, la pente étant quasiment nulle, voire en contre-pente, et le diamètre de la descente d'évacuation trop étroit. D'autre part, la dalle des balcons ne présente pas une pente suffisante pour permettre l'écoulement des eaux vers la cunette et présente en outre des affaissements ou des ruptures de pentes propres à créer des flaques dans lesquelles l'eau stagne.

En ce qui concerne l'imputabilité des désordres :

8. En premier lieu, En l'absence de stipulations contraires, les entreprises qui s'engagent conjointement et solidairement envers le maître de l'ouvrage à réaliser une opération de construction s'engagent conjointement et solidairement non seulement à exécuter les travaux, mais encore à réparer le préjudice subi par le maître de l'ouvrage du fait de manquements dans l'exécution de leurs obligations contractuelles. Un constructeur ne peut échapper à sa responsabilité conjointe et solidaire avec les autres entreprises co-contractantes, au motif qu'il n'a pas réellement participé aux travaux révélant un tel manquement, que si une convention, à laquelle le maître de l'ouvrage est partie, fixe la part qui lui revient dans l'exécution des travaux.

9. En l'occurrence, il résulte de l'acte d'engagement du marché de maîtrise d'œuvre que le groupement attributaire est un groupement solidaire. Dès lors que ni cet acte ni aucune autre pièce ne fixe la répartition des missions entre ses membres, la société C et Seigneurin ne peut pas utilement soutenir que les désordres seraient exclusivement imputables à la seule société Egis Bâtiments Sud-Ouest, en charge de la conception et de la validation des plans au stade de l'exécution ainsi que du suivi technique.

10. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 6 et 7 qu'eu égard à la nature et l'origine de ces désordres, l'agence d'architecture C et Seigneurin et la société Egis Bâtiments Sud-Ouest, chargée de la maîtrise d'œuvre des travaux et notamment d'une mission de direction de leur exécution, la société Ramery Bâtiment, chargée des travaux de gros œuvre et la société Soprema Entreprises à laquelle il incombait, en application de l'article 4.2.1.2 du CCTP du lot du lot de couverture et d'étanchéité, de vérifier la planéité et le respect des formes des dalles des terrasses issues du gros-œuvre ne sont pas fondées à soutenir que ces désordres ne leur seraient pas imputables.

11. En troisième lieu, s'il appartient, en principe, au maître d'ouvrage qui entend obtenir la réparation des conséquences dommageables d'un vice imputable à la conception ou à l'exécution d'un ouvrage de diriger son action contre le ou les constructeurs avec lesquels il a conclu un contrat de louage d'ouvrage, il lui est toutefois loisible, dans le cas où la responsabilité du ou des cocontractants ne pourrait pas être utilement recherchée, de mettre en cause, sur le terrain quasi-délictuel, la responsabilité des participants à une opération de construction avec lesquels il n'a pas conclu de contrat de louage d'ouvrage, mais qui sont intervenus sur le fondement d'un contrat conclu avec l'un des constructeurs.

12. Les sociétés Secba Ingénierie et RCA, qui ont participé à l'opération de construction en qualité de sous-traitantes de la société Ramery Bâtiment, ne sont pas des constructeurs avec lesquels Aquitanis est lié par un contrat de louage d'ouvrage. Par suite, cet office n'est pas recevable à demander la condamnation, sur le fondement de la garantie décennale, de ces deux sous-traitantes. En outre, dès lors qu'il peut utilement rechercher la responsabilité de ses co-contractants et, en particulier, de la société Ramery Bâtiment, il ne peut pas utilement et en tout état de cause mettre en cause leur responsabilité sur le terrain quasi-délictuel.

13. En quatrième lieu, la société Axa France Iard n'est pas au nombre des constructeurs de l'ouvrage au sens des principes dont s'inspirent les articles 1792 et 1792-1 du code civil. Par suite, les conclusions d'Aquitanis tendant à sa condamnation sur le fondement de la garantie décennale ne peuvent qu'être rejetées.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 125-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le contrôleur technique a pour mission de contribuer à la prévention des différents aléas techniques susceptibles d'être rencontrés dans la réalisation des ouvrages. Il intervient à la demande du maître de l'ouvrage et donne son avis à ce dernier sur les problèmes d'ordre technique, dans le cadre du contrat qui le lie à celui-ci. Cet avis porte notamment sur les problèmes qui concernent la solidité de l'ouvrage et la sécurité des personnes. " L'article L. 125-2 du même code prévoit que : " Le contrôleur technique est soumis, dans les limites de la mission à lui confiée par le maître d'ouvrage, à la présomption de responsabilité édictée par les articles 1792, 1792-1 et 1792-2 du code civil, qui se prescrit dans les conditions prévues à l'article 1792-4-1 du même code. Le contrôleur technique n'est tenu vis-à-vis des constructeurs à supporter la réparation de dommages qu'à concurrence de la part de responsabilité susceptible d'être mise à sa charge dans les limites des missions définies par le contrat le liant au maître d'ouvrage ".

15. La société Apave était, notamment, chargée d'une mission L de contrôle de la solidité et de la pérennité de l'ouvrage ainsi que d'une mission F de contrôle du fonctionnement des installations. Toutefois, d'une part, les désordres en cause rendent l'ouvrage impropre à sa destination mais n'en remettent pas en cause la solidité et la pérennité dans un délai prévisible, d'autre part, le système d'évacuation des eaux de pluie arrivant sur les balcons n'est pas au nombre des installations d'évacuation des eaux usées qu'il appartenait à la société Apave de contrôler au titre de sa mission F. Par suite, les désordres en cause ne lui sont pas imputables.

16. En sixième et dernier lieu, si la société C et Seigneurin, représentée par M. C, sollicite l'exonération de sa responsabilité, à hauteur de 20 %, à raison du défaut l'entretien des cunettes dont le fond est obstrué par des dépôts faisant obstacle à l'évacuation des eaux, ces dépôts sont autant la cause du défaut d'évacuation des eaux pluviales qu'une conséquence de celui-ci, le défaut de pente ne permettant pas aux résidus issus des eaux pluviales de s'écouler. En outre, il n'existe pas de lien de causalité entre le défaut d'entretien allégué et les travaux de reprise nécessités par les désordres affectant l'ouvrage. Ainsi, aucune faute exonératoire de responsabilité ne peut être retenue à l'encontre d'Aquitanis.

Sur la responsabilité contractuelle des constructeurs :

17. D'une part, la réception est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve. Elle met fin aux rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage. La réception interdit, par conséquent, au maître de l'ouvrage d'invoquer, après qu'elle a été prononcée, et sous réserve de la garantie de parfait achèvement, des désordres apparents causés à l'ouvrage, dont il est alors réputé avoir renoncé à demander la réparation. En outre, indépendamment de la décision du maître d'ouvrage de réceptionner les prestations de maîtrise d'œuvre, la réception de l'ouvrage met fin aux rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre en ce qui concerne les prestations indissociables de la réalisation de l'ouvrage, au nombre desquelles figurent, notamment, les missions de conception de cet ouvrage.

18. Il résulte de l'instruction que la réception des travaux a été prononcée sans réserve le 25 mars 2011. Dès lors, Aquitanis n'est pas fondé à demander l'engagement de la responsabilité contractuelle des constructeurs à raison de leurs prestations indissociables de la réalisation de l'ouvrage, au nombre desquelles figurent, notamment, les missions de conception de cet ouvrage.

19. D'autre part, la responsabilité des maîtres d'œuvre pour manquement à leur devoir de conseil peut être engagée dès lors qu'ils se sont abstenus d'appeler l'attention du maître d'ouvrage sur des désordres affectant l'ouvrage et dont ils pouvaient avoir connaissance, en sorte que la personne publique soit mise à même de ne pas réceptionner l'ouvrage ou d'assortir la réception de réserves. Ce devoir de conseil implique que le maître d'œuvre signale au maître d'ouvrage toute non-conformité de l'ouvrage aux stipulations contractuelles, aux règles de l'art et aux normes qui lui sont applicables, afin que celui-ci puisse éventuellement ne pas prononcer la réception et décider des travaux nécessaires à la mise en conformité de l'ouvrage.

20. Il résulte de ce qui précède qu'Aquitanis n'est pas fondé à soutenir que le groupement de maîtrise d'œuvre aurait manqué à son devoir de conseil lors des opérations de réception en n'attirant pas son attention sur les erreurs de conception que ce groupement à lui-même commis dès lors qu'elles ne caractérisent pas une méconnaissance ou une non-conformité de l'ouvrage aux stipulations contractuelles, aux règles de l'art ou aux normes applicables, en particulier aux documents techniques unifiés (DTU) 60-11 et 40-5 invoqués par l'office.

Sur les préjudices et la réparation :

21. Le montant du préjudice dont le maître d'ouvrage est fondé à demander la réparation aux constructeurs à raison des désordres affectant l'immeuble qu'ils ont réalisé correspond aux frais qu'il doit engager pour les travaux de réfection, sans que l'indemnisation qui lui est allouée à ce titre puisse dépasser le montant des travaux strictement nécessaires pour rendre l'ouvrage conforme à sa destination et à ses caractéristiques contractuelles en usant des procédés de remise en état les moins onéreux possible. Ces frais comprennent, en règle générale, la taxe sur la valeur ajoutée, élément indissociable du coût des travaux à moins que le maître de l'ouvrage ne relève d'un régime fiscal qui lui permet normalement de déduire tout ou partie de cette taxe de celle dont il est redevable à raison de ses propres opérations.

22. D'une part, il n'est ni établi ni même soutenu que l'établissement public Aquitanis pourrait récupérer la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) correspondant aux travaux de reprise. Par suite, cette taxe doit être comprise dans le préjudice dont le maître d'ouvrage est fondé à demander réparation.

23. D'autre part, il résulte de l'instruction que les travaux réparatoires des balcons des 3ème et 4ème étage de l'immeuble nécessitent la reprise des pentes des terrasses, des cunettes et du réseau de drainage, incluant la pose d'un encoffrement du nouveau réseau, auxquels il convient d'ajouter la peinture des appartements, conséquence directe de ces travaux. S'y ajoutent également les frais divers qui s'attachent à la mise en place du chantier, à son nettoyage et à la pose et la dépose des balcons nécessaires à la conduite du chantier. En revanche, la reprise des balcons qui n'ont pas subi de désordre les rendant impropres à leur destination, comme dit au point 6, ne saurait être prise en compte. Il en va de même des travaux d'étanchéité des terrasses, qui n'étaient pas prévus contractuellement et ne sont pas indispensables à la réalisation ou la reprise de l'ouvrage dans le respect les règles de l'art et des normes en vigueur. Il résulte de l'instruction, notamment du devis produit par la société Ramery, dont les montants sont cohérents avec les autres devis produits et sur lequel s'est fondé l'expert, que ces travaux, ainsi que les différents honoraires de la maitrise d'œuvre, du bureau de contrôle et de coordination SPS, doivent être évalués à hauteur d'une somme totale de 162 282 euros.

24. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner solidairement les sociétés Agence d'architecture C et Seigneurin, Egis Bâtiments Sud-Ouest, Ramery Bâtiment, et Soprema Entreprises à verser à Aquitanis une somme totale de 162 282 euros, à laquelle il conviendra d'ajouter la TVA en vigueur.

Sur l'indexation des sommes allouées selon l'indice Insee du coût de la construction :

25. Il résulte de l'instruction que l'expert a déposé son rapport définitif le 11 juin 2021, en définissant avec une précision suffisante la nature et l'étendue des travaux réparatoires nécessaires. Dans ces conditions, la cause des désordres et leur étendue prévisible étant connues, Aquitanis était en mesure de procéder aux travaux destinés à y remédier et à les réparer à compter de la date de dépôt de ce rapport. Par ailleurs, cet office ne justifie, ni même n'allègue qu'il se serait trouvé dans l'impossibilité technique ou financière de faire effectuer les travaux à cette période. Dès lors, sa demande aux fins d'indexation des sommes allouées selon l'indice Insee de la construction ne peut être accueillie.

Sur la charge définitive des dépens :

26. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'État peut être condamné aux dépens ".

27. Par deux ordonnances du 21 juin 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a liquidé et taxé les frais d'honoraire réalisés par M. A (expert) et M. B (sapiteur) à la somme de 14 605,44 euros et 23 617,80 euros, soit un total de 38 223,25 euros, mis à la charge provisoire d'Aquitanis, laquelle était à l'initiative de la procédure d'expertise.

28. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre définitivement ces frais à la charge solidaire des sociétés Agende d'architecture C et Seigneurin, Egis Bâtiments Sud-Ouest, Secba Ingénierie, Ramery Bâtiment, Rénovation Construction Aquitaine et Soprema Entreprises.

Sur les appels en garantie :

29. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des plans architecturaux, que le principe de l'écoulement des eaux pluviales depuis la cunette jusqu'à un avaloir situé en retrait a été prévu par la maîtrise d'œuvre tandis que le choix du raccordement de la cunette à l'évacuation par un branchement de diamètre 32 millimètres, sans dispositif antisalissures ni fourreau destiné à isoler le tuyau de la maçonnerie, résulte d'un choix de la société Secba Ingénierie à laquelle la société Snegso devenue Ramery a, en vertu d'un marché de travaux d'exécution conclu le 3 juin 2009, sous-traité l'établissement des plans d'exécution technique. Ces plans ont ensuite été validés par le groupement de maîtrise d'œuvre dans le cadre de sa mission " VISA ".

30. Les plans architecturaux, au stade de la conception, prévoyaient une pente des terrasses de 2 %, mais cette pente a été réduite, dans les plans d'exécution, à 1,1 %, conformément aux stipulations du contrat de sous-traitance conclu avec la société Ramery, la rendant insuffisante pour permettre l'écoulement gravitaire des eaux de ruissèlement. La réalisation des plans des ferraillages, dalles et balcons, au stade de l'exécution, incombait au bureau d'études Secba Ingénierie, sous-traitante de la société Ramery. Cette dernière n'a pas émis de réserves à ces plans et cette erreur conception a été validée par le groupement de maîtrise d'œuvre.

31. Il résulte en outre de l'instruction, et notamment du relevé de sapiteur, que le défaut de pente résulte également de malfaçons dans le nivellement des terrasses, lesquelles présentent des contre-pentes partielles et des affaissements. Le coulage des dalles en béton armé a été sous-traité à la société Rénovation Construction Aquitaine (RCA) par un contrat signé le 28 septembre 2009 par la société Snegso devenue Ramery, laquelle n'a pas contrôlé la bonne exécution des travaux par son sous-traitant. Enfin, il incombait à la société Soprema Entreprises de vérifier la planéité et le respect des formes des dalles des terrasses issues du gros-œuvre, en application de l'article 4.2.1.2 du CCTP du lot n° 4 et au groupement de maîtrise d'œuvre de s'assurer de la bonne réalisation de ces travaux confiés à la société RCA.

32. En deuxième lieu, les cunettes d'évacuation ne présentent pas une pente suffisante pour garantir l'écoulement gravitaire des eaux de ruissèlement. L'expert relève qu'il s'agit d'un problème de conception au stade de l'exécution, poursuivi au stade de la réalisation. Toutefois, la société Secba fait valoir, sans être contestée, qu'elle a réduit la pente des cunettes après avoir constaté que la conception même du dispositif d'évacuation des eaux pluviales telle que prévue par la maîtrise d'œuvre était susceptible de mettre en péril la solidité des terrasses. Les plans de réalisation de ces cunettes ont été réalisés par la société Secba Ingénierie et leur réalisation relevait des obligations contractuelles de la société Ramery sous la supervision du groupement de maîtrise d'œuvre.

33. Dans ces conditions, compte-tenu des fautes ainsi commises par les participants aux opérations de construction et de leurs incidences respectives sur les désordres rendant une partie de l'ouvrage impropre à sa destination, la part de responsabilité des sociétés Agence d'architecture C et Seigneurin et Egis Bâtiments Sud-Ouest doit, en l'absence de tout élément permettant de distinguer les tâches prise en charge par chacun des membres du groupement de maîtrise d'œuvre concernant la construction des balcons, être fixée à 17,5 % chacune, celle de la société Secba Ingénierie à 20 %, celle de la société Ramery Bâtiment à 15 %, celle de la société Rénovation Construction Aquitaine à 20 % et celle de la société Soprema à 10 %.

34. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la société Agence d'architecture C et Seigneurin à garantir les sociétés Egis Bâtiments Sud-Ouest, Ramery Bâtiment et Soprema Entreprises à hauteur de 17,5 % de la condamnation prononcée au point 24 ainsi que des dépens indiqués au point 27, de condamner également la société Egis Bâtiments Sud-Ouest à garantir les autres constructeurs à hauteur de 17,5 % de ces condamnations, de condamner la société Ramery Bâtiment à garantir les autres constructeurs à hauteur de 15 % et de condamner la société Soprema Entreprises à les garantir à hauteur de 10 % de ces mêmes condamnations.

35. Enfin, il y a également lieu, au vu des demandes présentées en ce sens, de condamner la société Secba Ingénierie à garantir les sociétés Agence d'architecture C et Seigneurin, Egis Bâtiments Sud-Ouest et Soprema Entreprises à hauteur de 20 % de la condamnation prononcée au point 24 ainsi que des dépens indiqués au point 27 et de condamner la société RCA à garantir les sociétés Egis Bâtiments Sud-Ouest et Soprema Entreprises à hauteur de 20 % de ces condamnations.

Sur les frais liés au litige :

36. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge d'Aquitanis, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que les autres parties demandent au titre des frais non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre solidairement à la charge des sociétés Agence d'architecture C et Seigneurin, Egis Bâtiments Sud-Ouest, Secba Ingénierie, Ramery Bâtiment, Rénovation Construction Aquitaine et Soprema Entreprises une somme de 2 500 euros au titre des frais d'instance exposés par Aquitanis en application des mêmes dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les mêmes circonstances, de faire droit aux autres demandes des parties tendant à l'application de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions d'Aquitanis présentées à l'encontre des sociétés Mutuelle des Architectes français, Axa Corporate Solutions, Gan Eurocourtage Iard, Axa France Iard, SMABTP, Lloyd's France, SMA et Generali Iard sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Les conclusions de la société Ramery présentées à l'encontre des sociétés Mutuelle des Architectes français, XL Insurance Company, Les Souscripteurs du Lloyd's de Londres, SMABTP et Generali Iard sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Les conclusions de la société Apave Infrastructures et Constructions dirigées contre les sociétés Mutuelle des Architectes français, Axa Corporate Solutions, Gan Eurocourtage Iard, SMABTP et SMA, sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Les conclusions de la société Secba Ingénierie présentées à l'encontre des sociétés Axa France Iard, Mutuelle des Architectes français, Gan Eurocourtage Iard, Lloyd's Insurance Company, XL Insurance Company et Generali Iard sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La société CETE Apave Sud-Europe est mise hors de cause.

Article 3 : Les sociétés Agence d'architecte C et Seigneurin, Egis Bâtiments Sud-Ouest, Ramery Bâtiment et Soprema Entreprises sont condamnées à verser solidairement à Aquitanis une somme de 162 282 euros, assortie de la TVA en vigueur.

Article 4 : Les dépens, taxés et liquidés à hauteur de 38 223,25 euros, sont mis à la charge solidaire des sociétés Agence d'architecte C et Seigneurin, Egis Bâtiments Sud-Ouest, Ramery Bâtiment et Soprema Entreprises.

Article 5 : La société Agence d'architecture C et Seigneurin, représentée par M. C, est condamnée à garantir les sociétés Egis Bâtiments Sud-Ouest, Ramery Bâtiment et Soprema Entreprises à hauteur de 17,5 % des condamnations prononcées aux articles 3 et 4.

Article 6 : La société Egis Bâtiments Sud-Ouest est condamnée à garantir les sociétés Agence d'architecture C et Seigneurin, Ramery Bâtiment et Soprema Entreprises à hauteur de 17,5 % des condamnations prononcées aux articles 3 et 4.

Article 7 : La société Ramery Bâtiment est condamnée à garantir les sociétés C et Seigneurin, Egis Bâtiments Sud-Ouest et Soprema Entreprises à hauteur de 15 % des condamnations prononcées aux articles 3 et 4.

Article 8 : La société Secba Ingénierie est condamnée à garantir les sociétés C et Seigneurin, Egis Bâtiments Sud-Ouest et Soprema Entreprises à hauteur de 20 % des condamnations prononcées aux articles 3 et 4.

Article 9 : La société Rénovation Construction Aquitaine est condamnée à garantir les sociétés Egis Bâtiments Sud-Ouest et Soprema Entreprises à hauteur de 20 % des condamnations prononcées aux articles 3 et 4.

Article 10 : La société Soprema Entreprises est condamnée à garantir les sociétés Agence d'architecture C et Seigneurin, Egis Bâtiments Sud-Ouest et Ramery Bâtiment à hauteur de 10 % des condamnations prononcées aux articles 3 et 4.

Article 11 : Les sociétés Egis Bâtiments Sud-Ouest, Agence d'architecture C et Seigneurin, Secba Ingénierie, Ramery Bâtiment, Rénovation Construction Aquitaine et Soprema Entreprises verseront solidairement à Aquitanis une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 12 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 13 : Le présent jugement sera notifié aux sociétés Agence d'architecture C et Seigneurin, Soprema Entreprises, Egis Bâtiments Sud-Ouest, Ramery Bâtiment, Soprema Entreprises, Apave Infrastructure et Construction France, Rénovation Construction Aquitaine, Secba Ingénierie, Axa Corporate, SMABTP, SMA, Mutuelle des architectes français, Gan Eurocourtage Iard, Axa France Iard, Lloyd's Insurance Company, Generali et XL Insurance Company et à l'OPH Aquitanis.

Copie en sera adressée à la société CETE Apave Sud-Ouest et à la société Les Souscripteurs Lloyd's de Londres.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bourgeois, président,

Mme Jaouën, première conseillère,

M. Josserand, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

Le rapporteur,

L. JOSSERANDLe président,

M. BOURGEOIS

La greffière,

M. E

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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