mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2202270 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BERNADOU AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 avril 2022, le 26 juin et le 10 octobre 2023, l'association des propriétaires de mobil-homes et habitations légères de loisirs et caravanes longue durée sur le camping municipal " Les Goélands " à Arès 33740 (PMHC), M. J H, Mme E D, M. A F, M. G C et M. I B, représentés par Me Ferrant, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la commune d'Arès sur leur demande, formée le 29 décembre 2021 et reçue le 31 décembre suivant, tendant à la fixation par délibération des tarifs applicables aux usagers du camping, à l'approbation par délibération du règlement intérieur du camping pour 2022 et à l'approbation par délibération du contrat de location pour la même année ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Arès de prendre une délibération portant sur l'approbation des tarifs applicables aux usagers dans le cadre de la délégation du service public du camping municipal, d'approuver le règlement intérieur du camping et de délibérer sur le contrat de location pour l'année 2022, dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Arès une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le président de l'association PMHC était habilité à ester en justice au nom de l'association par une décision du conseil d'administration du 20 décembre 2021 ;
- en refusant de prendre une délibération fixant les tarifs applicables aux usagers du camping municipal, la commune d'Arès a méconnu l'article L. 3114-6 du code de la commande publique dès lors que l'article 21.1 du contrat de concession conclu avec la société Mussidor pour la gestion et l'exploitation du camping municipal prévoit que ces tarifs sont librement fixés par le concessionnaire ; cette clause tarifaire a été annulée par un jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 24 mai 2023, ce dont la commune d'Arès doit tirer les conséquences ;
- le refus de la commune d'Arès de prendre une délibération portant approbation du règlement intérieur du camping municipal méconnaît l'article 17 du contrat de concession, qui prévoit que ce règlement figure en annexe du contrat et que d'éventuelles modifications doivent être approuvées par la commune, dès lors qu'aucun règlement intérieur ne figure en annexe du contrat de concession ou n'a été transmis pour approbation au conseil municipal et que le règlement intérieur pour 2022 remis par le concessionnaire actuel n'est pas identique au règlement intérieur de l'année 2021, qui avait été établi dans le cadre d'un précédent contrat de délégation de service public ;
- la commune d'Arès a refusé de prendre une délibération pour approuver le contrat de location pour l'année 2022 alors que les conditions prévues par le nouveau contrat de concession sont différentes de celles en vigueur dans le cadre du contrat de délégation précédent, notamment en ce qui concerne la durée du contrat, qui est désormais de deux ans et non d'un an.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 février et le 26 septembre 2023, la commune d'Arès, représentée par Me Bernadou, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite refusant de prendre une délibération pour fixer les tarifs de l'année 2022 dès lors qu'en exécution du jugement du 24 mai 2023, la commune d'Arès, par délibération du 20 septembre 2023, a autorisé le maire à signer un avenant n° 1 au contrat de concession, qui modifie l'article 21.1 du contrat en prévoyant désormais que les tarifs perçus auprès des usagers sont fixés chaque année par une délibération du conseil municipal, et a fixé rétroactivement les tarifs applicables pour les années 2022 et 2023 ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'il n'est pas établi que le représentant de l'association avait qualité pour agir en justice en son nom ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 3114-6 du code de la commande publique doit être écarté dès lors qu'aux termes du contrat en cause, en particulier de l'article 21.1 du contrat de concession et de l'article 4.5 du cahier des charges, l'autorité concédante a pleinement le contrôle de la politique tarifaire appliquée aux usagers du camping et que la proposition tarifaire du concessionnaire, annexée au contrat de concession, a été validée par le conseil municipal de la commune d'Arès le 11 janvier 2021 ;
- le règlement intérieur a bien été approuvé par l'autorité délégante dès lors que l'offre du délégataire contenait une proposition de mise à jour du règlement intérieur, conformément à l'article 4.8 du cahier des charges, qu'il n'est pas établi que le règlement intérieur ne figurait pas en annexe du contrat de concession et que ce contrat a été approuvé par délibération du conseil municipal du 11 janvier 2021 ; en tout état de cause, il résulte de l'article 17 du contrat de concession que seules les modifications apportées au règlement intérieur doivent être approuvées par la commune et les requérants n'établissent pas que le règlement intérieur 2022 serait différent de celui de l'année précédente ;
- aucune disposition législative ou réglementaire ni aucune stipulation contractuelle n'impose à la commune de délibérer sur le contrat de location ; en tout état de cause, le contrat de location 2021 et l'ensemble des documents obligatoires à remettre aux clients figuraient dans l'offre du concessionnaire, de sorte que la commune d'Arès a approuvé ce contrat de location par la délibération précitée du 11 janvier 2021 ; les requérants n'établissent pas que les modifications apportées au contrat de location pour l'année 2022, qui sont énoncées dans la notice d'information remise préalablement à la signature du contrat, seraient substantielles et que la durée du contrat serait désormais de deux années.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jaouën,
- les conclusions de Mme Caste, rapporteure publique,
- et les observations de Me Ferrant, représentant les requérants, et de Me Raddatz, représentant la commune d'Arès.
Une note en délibéré présentée pour les requérants a été enregistrée le 22 octobre 2024
Considérant ce qui suit :
1. La commune d'Arès est propriétaire du camping municipal " Les Goélands ", dont la gestion est confiée, depuis 2000, à un délégataire. La commune a conclu, en dernier lieu le 9 mars 2021, un contrat de concession pour la délégation du service public de l'exploitation et de la gestion de ce camping avec la société Mussonville, pour la période du 1er avril 2021 au 31 mars 2033. Le tribunal administratif de Bordeaux, saisi par l'association des propriétaires de mobil-homes et habitations légères de loisirs et caravanes longue durée sur le camping municipal " Les Goélands " à Arès 33740 (PMHC) et des occupants de longue durée du camping, a annulé, par un jugement n° 2102045 du 24 mai 2023 devenu définitif, les stipulations du second alinéa de l'article 21.1 de ce contrat de concession, relatives aux tarifs fixés pour les années postérieures à l'année 2021, au motif que ces stipulations, qui prévoyaient la libre fixation de ces tarifs par le concessionnaire, ont méconnu l'article L. 3114-6 du code de la commande publique. Par ailleurs, par un courrier du 29 décembre 2021, reçu par les services municipaux le 31 décembre 2021, l'association PMHC et des occupants de longue durée du camping ont demandé à la commune de fixer, par délibération, les tarifs applicables aux usagers du camping et d'approuver, par délibération, le règlement intérieur du camping pour 2022 ainsi que le contrat de location pour la même année. Cette association et ces occupants demandent au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la commune d'Arès sur cette demande.
Sur l'exception de non-lieu :
2. Par une délibération du 20 septembre 2023, adoptée en cours d'instance, le conseil municipal de la commune d'Arès a fixé rétroactivement les tarifs du camping municipal pour l'année 2022. Dès lors, les conclusions des requérants tendant à l'annulation du refus implicite de la commune défenderesse de prendre une délibération pour fixer ces tarifs est désormais dépourvue d'objet et il n'y a, en tout état de cause, plus lieu d'y statuer.
Sur les autres conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 17 du contrat de concession de service public relative à l'exploitation, l'entretien, la valorisation et la gestion du camping municipal " Les Goélands " : " Le règlement intérieur approuvé du camping figure en annexe. / Si le concessionnaire souhaite apporter des modifications, elles doivent d'abord être approuvées par la commune d'Arès () ". Aux termes de l'article 4.8 du cahier des charges de cette concession : " Pour le camping, le règlement intérieur actuellement appliqué figure en annexe. () Les candidats devront fournir dans leur offre une mise à jour de ce règlement intérieur intégrant les pratiques qu'ils envisagent de mettre en œuvre et les évolutions apportées par le décret n° 2014-138 du 17 février 2014 (). Le concessionnaire informera la collectivité de toute modification du règlement intérieur ".
4. Il ressort des termes de la délibération du 11 janvier 2021 que le conseil municipal a décidé d'approuver le choix de retenir la société Mussonville comme concessionnaire et d'approuver la convention de délégation de service public ainsi que l'ensemble de ses annexes. Or, il résulte des stipulations de l'article 17 du contrat de concession ainsi approuvées que le règlement intérieur du camping municipal figure au nombre de ces annexes. En outre, la circonstance qu'aucune copie de ce règlement intérieur n'aurait été transmise aux conseillers municipaux préalablement à l'adoption de cette délibération, n'aurait, par elle-même, eu aucune incidence sur la portée de cette délibération dont ni la légalité ni le caractère définitif ne sont contestés. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce règlement intérieur a été modifié postérieurement à cette délibération du 11 janvier 2021. Dans ces circonstances, les conclusions des requérants tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle la commune d'Arès a refusé d'adopter une nouvelle délibération approuvant ce règlement intérieur doivent, en tout état de cause, être rejetées.
5. En second lieu, les requérants n'établissent pas que le contrat de délégation approuvé par la commune fixerait à deux ans la durée de location en se bornant à produire une proposition de contrat de location mentionnant cette durée et accompagné d'une notice en ce sens alors qu'aucune stipulation de ce contrat de délégation ne fait mention d'une quelconque durée de location. Ainsi, la conclusion de contrats de location d'une durée d'un an pour l'année 2022 n'est pas de nature à caractériser une modification substantielle des conditions de location prévues au contrat de délégation.
6. Dès lors et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Arès, la requête doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande présentée par la commune d'Arès sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions des requérants tendant à l'annulation du refus implicite de la commune d'Arès d'adopter une délibération pour fixer les tarifs du camping municipal pour l'année 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune d'Arès sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association des propriétaires de mobil-homes et habitations légères de loisirs et caravanes longue durée sur le camping municipal " Les Goélands " à Arès 33740, à M. J H, à Mme E D, à M. A F, à M. G C, à M. I B et à la commune d'Arès.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bourgeois, président,
Mme Jaouën, première conseillère,
M. Josserand, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
La rapporteure,
S. JAOUËN Le président,
M. BOURGEOIS
La greffière,
L. SIXDENIERS
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026