mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2202348 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET REMY LE BONNOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 26 avril 2022, 30 novembre 2022 et 26 septembre 2023, M. A D, représenté par Me Le Bonnois, avocat, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier d'Arcachon à lui verser la somme de 319 085,48 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis et résultant de l'infection nosocomiale contractée dans les suites de l'intervention chirurgicale pratiquée le 21 juillet 2012 dans cet établissement, assortie des intérêts au taux légal à compter de la requête introductive d'instance ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Arcachon une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner le centre hospitalier d'Arcachon aux entiers dépens.
Il soutient que :
- il appartient au centre hospitalier d'Arcachon de prendre en charge les préjudices subis à la suite de l'infection nosocomiale qu'il a contractée au décours de l'intervention du 21 juillet 2012 et du retard de diagnostic de cette infection nosocomiale ;
- ses préjudices patrimoniaux en lien avec l'infection doivent être indemnisés à hauteur de 98,50 euros au titre des dépenses de santé, de 7 058,23 euros au titre des frais divers, de 57 717 euros au titre de l'assistance par tierce personne, de 62 090,42 euros au titre de la perte de gains professionnels actuels, de 7 954,33 euros au titre de la perte de gains professionnels futurs et de 70 000 euros au titre de l'incidence professionnelle ;
- ses préjudices extra-patrimoniaux en lien avec l'infection doivent être indemnisés à hauteur de 25 167 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, de 40 000 euros au titre des souffrances endurées, de 5 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, de 30 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, de 6 000 euros au titre du préjudice d'agrément et de 8 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 18 mai 2022 et 21 septembre 2023, le centre hospitalier d'Arcachon, représenté par Me Rodrigues, conclut à la réduction des prétentions du requérant et à ce que soit déduit la somme de 24 000 euros allouée au requérant à titre de provision.
Il fait valoir que :
- il n'entend pas contester la réalité de l'infection contractée par M. D ni son caractère nosocomial ;
- les frais divers doivent être limités aux frais médicaux demeurés à sa charge pour un montant de 15,50 euros, aux frais de copie des dossiers médicaux de 119,23 euros et aux frais de déplacement pour un montant de 99 euros ;
- les indemnités demandées au titre de l'assistance par une tierce personne, des pertes de gains actuels et futurs et de l'incidence professionnelle doivent être rejetées ;
- les préjudices personnels peuvent être indemnisés à hauteur de 10 869,95 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 16 000 euros au titre des souffrances endurées, 1 500 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, 17 800 euros au titre du déficit fonctionnel permanent et 3 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent.
Par un mémoire enregistré le 25 novembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde, représentée par Me de Boussac Di Pace, informe le tribunal qu'elle n'entend formuler aucune demande dans le cadre de la présente instance.
Vu :
- l'ordonnance du 28 septembre 2015 par laquelle le président du tribunal a taxé et liquidé les frais d'expertise à la somme de 1 800 euros ;
- l'ordonnance 13 mai 2019 par laquelle le président du tribunal a taxé et liquidé les frais d'expertise à la somme de 1 200 euros ;
- l'ordonnance du 18 janvier 2017 par laquelle le président du tribunal a taxé et liquidé les frais d'expertise à la somme de 1 800 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chauvin, présidente-rapporteure ;
- les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique,
- les observations de Me Moret, représentant M. D ;
- et les observations de Me Rodrigues, représentant le centre hospitalier d'Arcachon.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 juillet 2012, M. A D, né le 3 septembre 1977, a été opéré au centre hospitalier d'Arcachon en raison d'une fracture fermée de la jambe gauche consécutive à une chute survenue le 20 juillet 2012 alors qu'il circulait à bicyclette. L'intervention chirurgicale du 21 juillet 2012 a été suivie d'une complication infectieuse et des prélèvements réalisés le 10 janvier 2013 ont mis en évidence la présence d'un staphylocoque doré.
2. Par une ordonnance du 11 mars 2015, le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux a ordonné, à la demande de M. D, une expertise. Le docteur C B, chirurgien-orthopédique désigné comme expert, a remis un premier rapport le 16 septembre 2015 dans lequel il conclut notamment à une infection nosocomiale dont la prise en charge thérapeutique et la surveillance biologique ont été inadaptées, mais, l'état de santé de l'intéressé n'étant pas consolidé, prescrit un complément d'expertise qui lui a été confiée par ordonnance du 25 octobre 2016 Un second rapport a été rendu le 10 janvier 2017 qui constate une nouvelle fois l'absence de consolidation. Par une ordonnance du 27 décembre 2018, le juge des référés a, de nouveau, désigné le docteur B en qualité d'expert qui a rendu son rapport le 22 avril 2019. Par un jugement du 2 novembre 2021, le tribunal administratif de Bordeaux, saisi par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Gironde, a condamné le centre hospitalier d'Arcachon à verser à cette dernière la somme de 195 316,68 euros au titre des frais et débours exposés pour le compte de M. D pour traiter l'infection nosocomiale contractée lors de sa prise en charge par cet établissement le 20 juillet 2012. Par la présente requête, M. D demande la condamnation du centre hospitalier d'Arcachon à lui verser une somme globale de 319 085,48 euros en réparation des préjudices résultant de cette prise en charge.
Sur la responsabilité du centre hospitalier d'Arcachon :
3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère () ". Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
4. Il résulte de l'instruction, et il est d'ailleurs admis par le centre hospitalier d'Arcachon, que M. D a contracté une infection nosocomiale lors de sa prise en charge par le centre hospitalier le 21 juillet 2012 et que la prise en charge de celle-ci a été fautive tant dans le choix de l'antibiothérapie que dans la durée du traitement. La responsabilité du centre hospitalier d'Arcachon est donc engagée sur le fondement des dispositions précitées.
Sur la réparation des préjudices :
5. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 22 avril 2019, que l'état de santé de M. D est consolidé depuis le 4 avril 2019.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier de la notification définitive des débours de la CPAM de la Gironde en date du 15 février 2021, qu'une franchise de 15,50 euros, en rapport direct et certain avec l'infection nosocomiale contractée par M. D au décours de l'intervention du 21 juillet 2012, est restée à sa charge. Il y a lieu de mettre ces frais à la charge du centre hospitalier d'Arcachon qui ne le conteste pas.
7. En deuxième lieu, M. D justifie, par la production de notes d'honoraires, avoir exposé des frais d'assistance d'un médecin conseil lors des trois expertises judiciaires menées le 5 juin 2015, le 21 décembre 2016 et le 4 avril 2019 d'un montant total toutes taxes comprises de 6 840 euros, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'ils auraient été pris en charge par son assurance protection juridique. Il justifie également, avoir engagé des frais de copies de dossiers médicaux pour un montant non contesté de 119,23 euros dont il est bien fondé à solliciter le remboursement. Par suite, il y a lieu de condamner le centre hospitalier d'Arcachon à verser à M. D la somme de 6 959,23 euros au titre des frais divers.
8. En troisième lieu, il résulte de l'instruction et notamment des différents rapports d'expertise en date du 16 septembre 2015, 10 janvier 2017 et 22 avril 2019 que l'état de santé de M. D a nécessité l'assistance d'une tierce personne à raison d'une heure par jour durant les périodes de déficit fonctionnel de classe II, soit du 1er décembre 2012 au 10 janvier 2013, du 18 janvier au 2 avril 2013, du 16 janvier au 1er mars 2016 et du 16 mai 2018 au 15 juin 2018, correspondant à 193 jours, et d'une heure et trente minutes durant les périodes de déficit fonctionnel de classe III du 6 avril 2013 au 5 décembre 2015, du 20 décembre 2015 au 15 janvier 2016 et du 9 mars au 15 mai 2018, correspondant à 955 jours après déduction des jours d'hospitalisation. Il ne résulte pas de l'instruction que le requérant a bénéficié durant ces périodes de prestations destinées à compenser son handicap, l'allocation aux adultes handicapés perçue de janvier 2014 à novembre 2019 n'ayant pas vocation à financer le cout de l'assistance par une tierce personne. Il ne résulte pas non plus de l'instruction que son état de santé aurait nécessité une aide spécialisée. Dans ces conditions, et dès lors que le requérant ne peut demander pour la période considérée l'application des tarifs pratiqués en 2021 et janvier 2022 par les associations offrant un service prestataire d'aide à la personne, il y a lieu de retenir pour le calcul de son préjudice le montant du salaire minimum interprofessionnel de croissance en vigueur, charges sociales incluses, sur une durée annualisée de 412 jours prenant en compte les congés payés et la majoration pour travail les jours fériés et dimanche. Par suite, compte tenu de la nature de l'aide, d'un taux horaire moyen de rémunération chargé de 13,50 euros sur la période de 2013 à 2018, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à la somme arrondie de 24 770 euros.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale dans sa version applicable au litige : " Toute personne résidant sur le territoire métropolitain ou dans les collectivités mentionnées à l'article L. 751-1 ou à Saint-Pierre-et-Miquelon ayant dépassé l'âge d'ouverture du droit à l'allocation prévue à l'article L. 541-1 et dont l'incapacité permanente est au moins égale à un pourcentage fixé par décret perçoit, dans les conditions prévues au présent titre, une allocation aux adultes handicapés. () ".
10. En vertu des principes généraux qui régissent la responsabilité des personnes publiques, une personne morale de droit public ne peut jamais être condamnée à verser une somme qu'elle ne doit pas. Afin de concilier le respect de ce principe avec le principe de réparation intégrale du préjudice subi, il appartient au juge administratif, lorsqu'il condamne une personne publique à indemniser la victime d'un dommage corporel, de déduire de l'indemnisation allouée, le cas échéant, le montant des prestations dont la victime bénéficie par ailleurs et qui ont pour objet la prise en charge des frais subis en raison des mêmes préjudices. Une telle déduction n'a toutefois pas lieu d'être lorsqu'une disposition particulière permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement si le bénéficiaire revient à meilleure fortune. A ce titre, il y a lieu de déduire, notamment, les sommes perçues au titre de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) de l'indemnisation accordée au titre d'un préjudice professionnel.
11. Il résulte de l'instruction que M. D travaillait comme intérimaire préalablement à son accident et avait notamment déclaré 7 406 euros de salaires pour l'année 2011 ayant précédé l'intervention du 21 juillet 2012, soit une moyenne arrondie de 617 euros par mois. S'il n'est pas contesté que l'intéressé n'a pas pu reprendre une activité professionnelle du fait de l'infection nosocomiale qu'il a contractée au centre hospitalier d'Arcachon et des fautes commises dans sa prise en charge, représentant une perte de revenus pouvant être évaluée d'août 2012 à la consolidation de son état à la somme totale de 49 360 euros, il résulte toutefois de l'instruction qu'il a perçu à compter de janvier 2014 l'allocation aux adultes handicapés d'un montant mensuel allant de 790,18 euros à 859,17 euros en mars 2019, représentant sur la période considérée un montant total de 50 183 euros. Eu égard à la finalité de réparation d'une incapacité permanente de travail qui lui est assignée par les dispositions précitées de l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale, cette prestation doit être regardée comme ayant réparé le préjudice subi par M. D dans sa vie professionnelle. Par suite, il ne peut prétendre à l'indemnisation d'une perte de gains professionnels actuels. Il y a lieu de rejeter sa demande.
S'agissant des préjudices patrimoniaux après consolidation :
12. En premier lieu, si M. D demande une indemnité au titre de la perte de gains professionnels qu'il estime avoir subie après la consolidation de son état, le 5 avril 2019, jusqu'au 30 janvier 2020, date de reprise d'une activité professionnelle, il résulte de l'instruction et notamment de l'attestation de droits de la caisse d'allocations familiales, qu'il a perçu durant cette période, l'allocation aux adultes handicapés pour un montant total de 6 913,36 euros. Par suite, eu égard au montant de cette allocation qu'il convient de déduire, aucune perte de gains professionnels ne peut être retenue.
13. En second lieu, si M. D a pu reprendre une activité professionnelle en qualité d'intérimaire à compter du 30 janvier 2020, il résulte de l'instruction que l'expert a retenu la nécessité pour lui d'un reclassement professionnel, contre indiquant les activités de ports de charges et mettant en surcharge les membres inférieurs. Ainsi, et bien que le requérant n'ait pas cessé son activité professionnelle, le handicap dont il demeure atteint, à l'âge de quarante-et-un ans, limite le choix des missions d'intérim auxquelles il peut postuler. Il subit en outre une pénibilité accrue dans l'exercice de toute activité professionnelle et une dévalorisation sur le marché du travail. Dans ces conditions, et dès lors qu'il a cessé de percevoir l'AAH, l'indemnité due au titre de l'incidence professionnelle doit être évaluée à 5 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux avant consolidation :
14. En premier lieu, il résulte de l'instruction et des trois rapports d'expertise en date du 16 septembre 2015, 10 janvier 2017 et 22 avril 2019, que M. D a supporté une période de déficit fonctionnel temporaire total en lien avec l'infection nosocomiale du 2 avril 2013 au 5 avril 2013, du 2 mai 2015 au 15 mai 2015, du 24 mai 2013 au 10 juin 2013, du 26 juin 2013 au 17 juillet 2013, du 22 août 2013 au 23 septembre 2013, le 23 octobre 2013, le 9 janvier 2014, du 15 janvier 2014 au 30 janvier 2014, le 12 mars 2014, le 23 avril 2014, le 25 juin 2014, du 26 octobre 2014 au 30 octobre 2014, le 10 décembre 2014, le 16 avril 2015, du 6 décembre 2015 au 19 décembre 2015 et du 4 mars 2018 au 8 mars 2018, soit 135 jours à 100%, ainsi qu'un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe I (10%) pour la période du 2 mars 2016 au 3 mars 2018, un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe II (25%) et un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe III (50%) pour les périodes citées au point 8, ainsi qu'un déficit fonctionnel temporaire de 15 % pour la période du 16 juin 2018 au 4 avril 2019. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, en l'évaluant sur la base de la somme de 21 euros par jour, à la somme totale arrondie de 16 335 euros.
15. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise médical du 22 avril 2019, que M. D a éprouvé, durant la période antérieure à la consolidation de son état de santé, des souffrances dont l'intensité a été évaluée à 5,5 sur une échelle de 7 par l'expert. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant, compte tenu de sa durée, à la somme de 18 000 euros.
16. En troisième lieu, le préjudice esthétique temporaire de M. D a été évalué par l'expert à 3 sur une échelle allant à 7 dans son expertise du 16 septembre 2015, du fait notamment du port d'un fixateur externe du 5 juillet 2013 au 9 septembre 2013. Il sera fait une juste appréciation de son préjudice en lui allouant une somme de 4 000 euros.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents :
17. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du 22 avril 2019 que le déficit fonctionnel permanent de M. D, en lien avec l'infection nosocomiale et sa prise en charge inadaptée, a été évalué à 13% en raison des déformations et raideurs séquellaires sur le membre inférieur gauche, de répercussions psychologiques et des douleurs séquellaires. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice, compte tenu de son sexe et de son âge à la date de consolidation, en le fixant à la somme de 18 000 euros.
18. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 22 avril 2019, que M. D a subi un préjudice esthétique permanent imputable à l'infection nosocomiale en raison de l'aspect cicatriciel et des modifications du relief du mollet, évalué à 3 sur une échelle de 7 par l'expert. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à une somme de 4 000 euros.
19. En troisième lieu, si M. D soutient avoir subi un préjudice d'agrément en lien avec l'infection nosocomiale, qui a été retenu par l'expert, dès lors que les sports sollicitant la mise en charge des membres inférieurs sont contrindiqués, il n'apporte aucun justificatif de sa pratique régulière antérieure. Sa demande doit par suite être rejetée.
20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le centre hospitalier d'Arcachon doit être condamné à verser à M. D la somme globale de 72 279,73 euros, à titre indemnitaire, après déduction des provisions de 24 800 euros déjà versées par le centre hospitalier d'Arcachon les 29 janvier 2016, 28 juillet 2017, 15 juin 2021 et 7 mars 2023.
Sur les intérêts :
21. M. D a droit aux intérêts de la somme de 72 279,73 euros à compter de la date d'enregistrement de sa requête au greffe du tribunal, ainsi qu'il le demande.
Sur les dépens :
22. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".
23. Les frais et honoraires des expertises, taxés et liquidés par ordonnances des 28 septembre 2015, 13 mai 2019 et 18 janvier 2017, à la somme totale de 4 800 euros, doivent être mis à la charge définitive du centre hospitalier d'Arcachon.
24. Il y a également lieu de mettre à la charge du centre hospitalier d'Arcachon une somme non contestée de 99 euros au titre des frais de déplacement engagés par le requérant pour se rendre aux expertises diligentées par le tribunal.
Sur les frais liés à l'instance :
25. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier d'Arcachon une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier d'Arcachon est condamné à verser à M. D une somme de 72 279,73 euros avec intérêts au taux légal à compter du 26 avril 2022.
Article 2 : Le centre hospitalier d'Arcachon versera à M. D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et une somme de 99 euros au titre des frais de déplacement exposés pour se rendre aux opérations d'expertise.
Article 3 : Les frais et honoraires des expertises, taxés et liquidés à la somme totale de 4 800 euros sont mis à la charge définitive du centre hospitalier d'Arcachon.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au centre hospitalier d'Arcachon et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde. Copie sera adressée au docteur B.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvin, présidente,
Mme de Gélas, première conseillère,
M. Bourdarie, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
La première assesseure,
C. DE GÉLAS La présidente,
A. CHAUVIN
La greffière,
C. JANIN
La République mande et ordonne au ministre de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026