mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2202654 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2022, M. D B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 avril 2022 par laquelle le directeur du service départemental de la Gironde de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre lui a refusé le bénéfice d'une aide financière ;
2°) d'enjoindre à l'Office national des combattants et des victimes de guerre de réexaminer sa situation et de lui accorder une aide financière.
Il soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que les frais de la prestation de déménagement dont il s'est acquitté représentent plus de deux mois de sa pension et que son épouse n'a pas de ressources.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 avril 2024, l'Office national des combattants et des victimes de guerre conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'un recours administratif préalable obligatoire en méconnaissance de l'article R. 613-5 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fazi-Leblanc, première conseillère,
- et les conclusions de M. Frézet, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né en 1950, possède la qualité d'ancien combattant. Par un courrier du 18 janvier 2022, il a sollicité auprès de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre une aide financière pour la prise en charge des frais de déménagement, avec son épouse, A à Bègles (Gironde) pour se rapprocher de leur fille. Par un courrier du 12 avril 2022, le directeur du service départemental de la Gironde de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre l'a informé du rejet de sa demande, au motif que ses ressources apparaissaient suffisantes au regard de ses dépenses. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler cette décision et qu'une aide financière lui soit accordée.
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 611-3 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " L'Office a pour mission d'assurer à ses ressortissants la protection et l'aide matérielle qui leur sont dus au titre de la reconnaissance de la Nation. A ce titre, il est chargé : 1° De prendre ou de proposer en faveur de ses ressortissants toutes mesures jugées nécessaires ou opportunes, et plus particulièrement en matière : () d) De secours et d'aides financières; (). ". Aux termes des dispositions de l'article R. 613-5 du même code : " () II. - Le conseil départemental pour les anciens combattants et victimes de guerre et la mémoire de la Nation se prononce sur les demandes individuelles de prêts, subventions et aides diverses aux ressortissants de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre, dans le cadre de la politique d'action sociale de l'Office./ Dans les trente jours de leur notification, des recours peuvent être formés par tout intéressé contre les décisions du conseil départemental devant l'Office par l'intermédiaire du préfet./ Le préfet dispose d'un délai maximum d'un mois à dater de la réception du recours pour le transmettre à l'Office./ L'Office statue sur ce recours par décision motivée. () ".
3. Si M. B soutient que la décision en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, il ressort des pièces du dossier que les frais qu'il a engagés ont pour origine le choix qu'il a fait avec son épouse de déménager pour se rapprocher de sa fille. Par ailleurs, il se borne à fournir la facture de son déménagement ainsi qu'un relevé de son compte courant daté du mois de janvier 2022, sans précision sur la valeur de son patrimoine. Compte tenu de ces éléments, M. B ne démontre pas qu'il serait dans une situation de précarité telle que l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'aider financièrement.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense et sur la recevabilité de la requête.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à l'Office national des combattants et des victimes de guerre.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M C et Mme Fazi-Leblanc, premiers conseillers,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
La rapporteure,
S. FAZI-LEBLANC
La présidente,
C. CABANNELa greffière,
M-A. PRADAL
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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