mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2202855 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CORNILLE - FOUCHET - MANETTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 mai 2022 et le 5 avril 2024, la société civile immobilière (SCI) MLK Mérignac, représentée par Me Manetti, demande au tribunal :
1°) de condamner Bordeaux Métropole à lui verser la somme de 65 800 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis résultant des travaux d'extension du tramway, assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022 ;
2°) de mettre à la charge de Bordeaux Métropole une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les travaux d'extension du tramway réalisés sous la maitrise d'ouvrage de Bordeaux Métropole depuis le mois de mars 2021 au droit du local commercial dont elle est propriétaire bloquent l'accès des véhicules ; cet empêchement a entrainé la rupture anticipée du bail conclu en 2018 et rendu impossible la location du local ce qui lui cause un préjudice anormal et spécial lié à la perte des loyers, dont le montant doit être évalué à la somme de 65 800 euros au jour de la requête.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 26 octobre 2023 et le 12 avril 2024, Bordeaux Métropole conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'accessibilité des véhicules au local commercial est demeuré possible durant les travaux, de sorte que le préjudice allégué n'est pas établi ;
- le lien de causalité entre le préjudice allégué, à savoir le départ du locataire et l'impossibilité de relouer le bien, et les travaux du tramway n'est pas établi.
Par une ordonnance du 15 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 15 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Gélas,
- les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique,
- les observations de Me Gournay, représentant la SCI MLK Mérignac,
- et les observations de Mme A, représentant Bordeaux Métropole.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) MLK Mérignac est propriétaire, depuis le 18 septembre 2007, d'un local commercial situé 18 avenue de la Somme à Mérignac (Gironde) qu'elle donnait à bail jusqu'en mars 2021. Se plaignant du départ de son locataire en mars 2021 et de l'impossibilité de relouer son bien en raison des travaux d'extension de la ligne A du tramway entrepris par Bordeaux Métropole rendant inaccessible en voiture ce local, la société MLK Mérignac a adressé à cette dernière, le 25 janvier 2022, une demande préalable indemnitaire. Dans le cadre de la présente instance, elle demande au tribunal de condamner Bordeaux Métropole à lui verser la somme de 65 800 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
2. Même en l'absence de faute, le maître d'ouvrage ainsi que, le cas échéant, le maître d'œuvre et l'entrepreneur chargés des travaux sont responsables vis-à-vis des tiers des dommages causés à ceux-ci par l'exécution de travaux publics, à moins que ces dommages ne soient imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime. Il appartient à la victime qui entend obtenir réparation des dommages qu'elle estime avoir subis à l'occasion d'une opération de travaux publics à l'égard de laquelle elle a la qualité de tiers d'établir, d'une part, le lien de causalité entre cette opération et les dommages invoqués et, d'autre part, le caractère grave et spécial de son préjudice, les riverains des voies publiques étant tenus de supporter, sans contrepartie, les sujétions normales qui leur sont imposées dans un but d'intérêt général. Par ailleurs, si, en principe, les modifications apportées à la circulation générale et résultant soit de changements effectués dans l'assiette, la direction ou l'aménagement des voies publiques, soit de la création de voies nouvelles, ne sont pas de nature à ouvrir droit à indemnité, il en va autrement dans le cas où ces modifications ont pour conséquence d'interdire ou de rendre excessivement difficile l'accès des riverains à la voie publique.
3. Il n'est pas contesté que, du mois de juin 2021 au mois d'avril 2022, des travaux d'extension du tramway ont été effectués pour le compte de Bordeaux Métropole, maître d'ouvrage, et ont le caractère de travaux publics à l'égard desquels la société " MLK Mérignac " a la qualité de tiers.
4. Si la société requérante soutient que les travaux engagés à compter du mois de mars 2021 ont rendu impossible l'accès des véhicules au parking du local commercial situé 18 avenue de la Somme à Mérignac durant toute la durée des travaux en cause, elle ne le démontre pas alors qu'il résulte de l'instruction, et notamment des plans annexés au calendrier des travaux et à la lettre d'information adressée aux riverains le 16 juin 2021 ainsi que des diverses photographies produites en défense par Bordeaux Métropole, que l'accès des véhicules à ce parking a été maintenu durant la période allant de mars 2021 à mars 2022. Par ailleurs, pour la période ultérieure, allant jusqu'au mois d'avril 2023, la requérante ne produit à l'appui de son recours aucun élément permettant d'étayer ses allégations. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'accès à son local commercial a été rendu impossible ni même excessivement difficile pendant la durée des travaux. En tout état de cause, si la requérante fait valoir que ces travaux ont induit une perte de revenus locatifs liée au départ de son locataire au mois de mars 2021, et à l'impossibilité de relouer son bien, elle n'établit pas, par la production des seuls baux commerciaux et d'une attestation du gestionnaire du bien, que son dernier locataire aurait pris congé prématurément en raison de ces travaux, ni la réalité et l'étendue de son préjudice.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la société " MLK Mérignac " n'établit pas avoir subi, en raison des travaux en cause, un préjudice grave et spécial, excédant les sujétions normales qui peuvent être imposées aux riverains des voies publiques dans un but d'intérêt général. Par suite, ses conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société MLK Mérignac est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société MLK Mérignac et à Bordeaux Métropole.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvin, présidente,
Mme de Gélas, première conseillère,
M. Frézet, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
La rapporteure,
C. DE GÉLASLa présidente,
A. CHAUVIN
La greffière,
C. JANIN
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026