LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2203246

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2203246

mardi 16 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2203246
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL BARDET ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 juin 2022 et les 9 janvier et 14 mars 2023, Mme B C agissant en qualité de tutrice de son fils, A C, représentée par Me Rémy Le Bonnois, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser la somme de 2 000 000 euros augmentée des intérêts de droit à compter de la réception de la requête, avec capitalisation à compter de la première année échue, à titre de provision à valoir sur les sommes dues au titre des besoins d'assistance d'une tierce personne jusqu'à sa majorité ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- au regard des procédures antérieures et notamment de l'arrêt rendu par le Conseil d'Etat le 2 avril 2021, la créance résultant des frais de l'assistance par une tierce personne présentée par M. A C n'est pas sérieusement contestable ;

- compte tenu de la gravité du handicap dont est atteint la victime, et dès lors que son état de santé nécessite une aide permanente pour la satisfaction de ses besoins vitaux, soit 24 heures sur 24, il n'y a pas lieu d'opérer une ventilation entre une aide dite active et une aide dite passive ;

- le montant de l'indemnité allouée au titre de cette assistance ne peut être réduite du fait qu'elle a été assurée par sa mère et son taux horaire peut être fixé, s'agissant d'une aide spécialisée, en fonction du cout monétaire au jour du jugement, à 28,97 euros en journée en semaine, soit une somme de 5 794 euros par semaine avec majoration des dimanches et nuits représentant un total de 5 437 263,42 euros sur la période allant du 28 novembre 2001 au 22 novembre 2019 ; sa demande s'établit à un solde arrondi de 2 000 000 d'euros, après application du taux de perte de chance de 50 % et déduction de la provision de 430 000 euros versée ;

- il n'y a pas lieu de déduire les sommes versées par la MDPH au titre de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) dès lors que le cumul de ces prestations et de la fraction de 50 % du dommage corporel subi, que le centre hospitalier est tenu d'indemniser n'excède pas le montant total des frais d'assistance par une tierce personne.

Par un mémoire enregistré le 29 juillet 2022, le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda, représenté par Me Marina Rodrigues, conclut à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet au fond.

Il fait valoir que :

- la demande de provision est irrecevable faute de réclamation préalable ;

- pour le calcul du montant du préjudice d'assistance par tierce personne, il y a lieu de tenir compte du taux de perte de chance de 50 % sur lequel il a été définitivement statué ;

- il y a lieu d'exclure des besoins en tierce personne, la période s'étalant de la naissance A C, le 28 novembre 2001, jusqu'à ses trois ans ;

- de trois ans à la majorité, la cour a retenu dans son arrêt du 31 mai 2022, un besoin en tierce personne à hauteur de 16 heures par jour à un taux horaire de 22 euros et un besoin en tierce personne à hauteur de 8 heures par nuit moyennant un taux horaire de 11 euros ;

- il y a lieu de déduire de ces besoins, les prestations sociales versées du fait du handicap et les périodes d'hospitalisation qui devront être justifiées, ainsi que les provisions déjà allouées au titre de la tierce personne, représentant un total de 937 010,44 euros.

Par un mémoire, enregistré le 23 février 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées, représentée par Me Max Bardet, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda, à lui verser, à titre de provision, la somme de 4 430,46 euros à valoir sur sa créance définitive, au titre des prestations versées pour le compte de son assuré social, M. A C, avec intérêts au taux légal à compter de la décision à intervenir et capitalisation;

2°) de condamner le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda à lui verser la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'arrêt du 31 mai 2022, par lequel la cour administrative d'appel de Bordeaux a condamné le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda à verser à M. A C, au titre de l'assistance par une tierce personne, une provision de 430 000 euros avec intérêts au taux légal à compter du 9 septembre 2014 et capitalisation à compter du 9 septembre 2015 et à chaque échéance annuelle ultérieure.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Chauvin, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, hospitalisée au centre hospitalier de Sarlat-la-Canéda en novembre 2001 pour surveillance en raison du dépassement du terme de sa grossesse, y a accouché, le 22 novembre, d'un garçon prénommé A qui souffre d'une encéphalopathie hypoxique ischémique, entraînant une importante tétraparésie spastique. M. et Mme C, agissant tant en leur nom propre qu'en qualité de représentants de leur fils, ont demandé au tribunal administratif de Bordeaux de condamner le centre hospitalier à les indemniser de leurs préjudices. Par un arrêt du 23 novembre 2018, la cour administrative d'appel de Bordeaux a, sur appel du centre hospitalier dirigé contre le jugement du 25 juillet 2016, condamné ce centre hospitalier à leur verser, au nom de leur fils, une somme de 616 312 euros composée de 70 000 euros au titre des préjudices personnels jusqu'à la majorité de l'enfant et de 546 312 euros au titre de la tierce personne représentant une aide de 12 heures par jour depuis sa sortie d'hôpital, ainsi qu'une indemnité liée à sa prise en charge à domicile déterminée sur la base d'un taux quotidien de 75 euros et, en réparation de leurs préjudices propres, une somme de 15 000 euros chacun. Par une décision n° 427283 du 2 avril 2021, le Conseil d'Etat a annulé cet arrêt en tant seulement qu'il statue sur les frais d'assistance par une tierce personne aux motifs que le juge d'appel avait dénaturé les faits de l'espèce en excluant pour l'indemnisation de ces frais, les périodes nocturnes, alors que l'état de l'enfant, atteint d'un déficit fonctionnel supérieur à 95 %, nécessite en permanence une aide humaine pour la satisfaction de ses besoins vitaux. La cour administrative d'appel de Bordeaux à qui a été renvoyée, dans cette mesure, l'affaire, a, dans un second arrêt du 31 mai 2022, condamné le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda à verser à M. A C, désormais majeur, une provision au titre de cette assistance par une tierce personne limitée à la somme demandée en première instance de 430 000 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 9 septembre 2014 et capitalisation à compter du 9 septembre 2015 et à chaque échéance annuelle ultérieure. Par la présente requête, Mme C en qualité de tutrice de son fils A C demande au tribunal de condamner le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda à lui verser une provision complémentaire de 2 000 000 d'euros au titre des besoins d'assistance d'une tierce personne jusqu'à sa majorité.

Sur la fin de non recevoir opposée par le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda :

2. L'article R. 541-1 du code de justice administrative dispose que : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable.() ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code: " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".

3. Il résulte des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, qui sont applicables aux demandes de provision présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du même code, qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au paiement d'une somme d'argent est irrecevable.

4. En revanche, les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.

5. Si Mme C a saisi le tribunal administratif de Bordeaux sans établir avoir préalablement formé auprès du centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda une demande indemnitaire ayant conduit à une décision administrative, il résulte de l'instruction qu'elle a adressé, le 6 janvier 2023, une réclamation en vue de la régularisation de sa demande contentieuse, dans laquelle elle a demandé le versement d'une provision de 2 000 000 euros à valoir sur les besoins d'assistance par une tierce personne de son fils, dans l'attente de la consolidation de son état. Le silence gardé par le centre hospitalier sur cette réclamation a eu pour effet de faire naître, en cours d'instance, une décision implicite de rejet qui a régularisé la requête. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir tirée du défaut de liaison du contentieux doit être écartée.

Sur la demande de provision présentée par M. A C :

6. Il résulte des dispositions citées au point 2 que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.

7. Il n'est plus contesté que le centre hospitalier de Sarlat-la-Canéda, ainsi que l'a relevé le Conseil d'Etat statuant au contentieux, a commis une faute en raison du retard à pratiquer une césarienne et que la réparation incombant à l'établissement de santé doit, compte tenu de l'ampleur de la chance perdue, être évaluée à 50% des dommages subis.

8. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine d'abord l'étendue de ces besoins et les dépenses nécessaires pour y pourvoir et fixe, ensuite, le montant de l'indemnité qui doit être allouée par la personne publique responsable du dommage, en tenant compte des prestations dont, le cas échéant, la victime bénéficie par ailleurs et qui ont pour objet la prise en charge de tels frais. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

9. Il résulte de l'instruction et notamment des expertises réalisées en 2009 à l'âge de sept ans et demi et en 2013 à l'âge de douze ans, que la tétraplégie spastique majeure dont M. A C est atteint depuis sa naissance se caractérise par l'impossibilité de toute motricité volontaire. Cet état, correspondant à un déficit fonctionnel temporaire de 99 % avec la perspective d'un déficit fonctionnel permanent d'au moins 95 %, le rend totalement dépendant pour tous les actes essentiels ou secondaires de la vie, et nécessite une surveillance constante ainsi que des manœuvres de retournement la nuit afin d'éviter l'apparition de lésions cutanées. Ainsi, l'état du requérant, atteint d'un déficit fonctionnel supérieur à 95 %, nécessite en permanence une aide humaine pour la satisfaction de ses besoins vitaux, ce qui correspond à un besoin d'assistance de 24 heures par jour. Il n'est toutefois pas établi que son handicap ait nécessité jusqu'à l'âge de ses trois ans, un besoin d'assistance supplémentaire par une tierce personne que celui que requiert de ses parents tout nourrisson ou jeune enfant de cet âge. M. A C n'est dès lors pas fondé à demander l'indemnisation de ce poste de préjudice depuis sa naissance, mais seulement à partir de l'âge de trois ans, soit du 22 novembre 2004 jusqu'à sa majorité, le 22 novembre 2019, période durant laquelle il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait été hospitalisé, ni scolarisé ou pris en charge dans un établissement spécialisé.

10. Eu égard aux justificatifs produits, relatifs aux coûts d'intervention des services d'aide et d'accompagnement à domicile (SAAD) agréés adaptés à la lourdeur du handicap, et compte tenu de la durée de la période d'indemnisation, il n'est pas sérieusement contesté par le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda qu'un tarif moyen pour une aide spécialisée la journée de 22 euros par heure durant 16 heures par jour passé au domicile doit être retenu. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction, en l'état du dossier, que la surveillance de nuit de M. A C nécessiterait une aide spécialisée, de sorte qu'il y a lieu de retenir un tarif moyen de 11 euros par heure durant les 8 heures de nuit. Il suit de là, que les dépenses nécessaires aux besoins d'aide par tierce personne durant les quinze années précédant sa majorité durant lesquelles il est resté au domicile de ses parents, peuvent être évaluées, sur la base d'une année de 412 jours afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés, à la somme totale de 2 719 200 euros.

11. La perte de chance d'éviter les séquelles d'hypoxie cérébrale ayant été évaluée à 50% des dommages subis par A C, le montant total des frais d'assistance par une tierce personne devant être mis à la charge du centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda pour la période allant du 22 novembre 2004 au 22 novembre 2019 s'élève à la somme de 1 359 600 euros, sans qu'il n'y ait lieu de déduire l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) dont ont bénéficié les parents de M. A C dès lors qu'il résulte de l'instruction que le cumul, sur la période en litige, de cette prestation dont le montant a été porté à 1 250,38 euros par mois en avril 2018, et de l'indemnité due, n'excède pas les dépenses nécessaires aux besoins d'aide par tierce personne, évaluées au point précédent.

12. Toutefois, le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda établit par la production d'une quittance, que son assureur, la société hospitalière d'assurances mutuelles, a versé aux parents A C, une somme de 642 240 euros au titre de l'assistance par une tierce personne couvrant la période du 29 novembre 2001 au 25 juillet 2016. Dans ces conditions, compte tenu des sommes déjà allouées au titre de l'indemnisation des frais d'assistance par une tierce personne avant la majorité A et de la provision de 430 000 euros allouée par l'arrêt précité du 31 mai 2022, seule la fraction de 287 360 euros revêt un caractère certain. Par suite, il y a lieu de condamner le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda à verser à M. A C une indemnité provisionnelle complémentaire d'un montant de 287 360 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 14 juin 2022, date d'enregistrement de sa requête au greffe du tribunal.

Sur les intérêts des intérêts :

13. La capitalisation des intérêts a été demandée le 14 juin 2022. A la date de la présente ordonnance, il n'était pas dû une année d'intérêts. Dès lors, conformément aux dispositions de l'article 1343-2 du code civil, il y a lieu de rejeter cette demande.

Sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie :

14. La caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées sollicite le versement d'une provision d'un montant de 4 430,46 euros au titre de soins dispensés à M. A C correspondant à des frais médicaux du 30 avril 2019 au 15 juillet 2021, des frais pharmaceutiques du 10 décembre 2018 au 16 mars 2020, et des frais d'appareillage du 10 décembre 2018 au 11 mars 2021. Elle n'apporte toutefois aucune pièce de nature à justifier de l'imputabilité de ces frais à la faute du centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda et n'établit pas, par suite, l'existence d'une créance non sérieusement contestable. Il suit de là que les conclusions tendant au versement d'une provision à valoir sur ces débours, ainsi que, par voie de conséquence, au versement de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda la somme demandée par la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A C et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda est condamné à verser à M. A C une provision complémentaire de 287 360 euros augmentée des intérêts au taux légal à compter du 14 juin 2022 au titre de l'assistance par une tierce personne jusqu'à sa majorité.

Article 2 : Le centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda versera à M. A C une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A C et les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées sont rejetés.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, au centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda et à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées.

Fait à Bordeaux, le 16 mai 2023.

Le juge des référés,

A. Chauvin

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions