LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2203292

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2203292

lundi 4 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2203292
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantMEAUDE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 juin 2022, la préfète de la Gironde demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner l'expulsion, sous un délai de huit jours, de Mme B A et de ses enfants du logement qu'ils occupent résidence Le Renard, 4 à 6 rue Brascassat à Bordeaux, dépendant du centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) géré par la fondation COS Alexandre Glasberg ;

2°) d'autoriser le recours à la force publique pour procéder à l'évacuation forcée des lieux passé le délai de huit jours ;

3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles à la fondation COS Alexandre Glasberg aux fins de vider les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de Mme A.

La préfète de la Gironde soutient que :

- de nationalité pakistanaise, Mme A a été accueillie, avec ses enfants, en centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) pour la durée de l'instruction de sa demande d'asile ;

- la demande de Mme A a été rejetée par décision du 3 mars 2021 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 12 janvier 2022 ;

- elle a été autorisée à se maintenir dans le logement jusqu'au 28 février 2022, en application de l'article L. 551-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- malgré une lettre de sortie de l'office français de l'immigration et de l'intégration en date du 9 février 2022 et une mise en demeure de quitter les lieux du 19 avril 2022, notifiée le 13 mai, elle continue d'occuper le logement en cause ;

- le juge administratif est compétent, en vertu de l'article L. 552-15 du code précité, pour prononcer une injonction à quitter les lieux à l'encontre de l'intéressée, occupant irrégulier d'un lieu d'accueil pour demandeurs d'asile ;

- elle est recevable, en vertu de l'article L. 552-15, à saisir le juge des référés dès lors qu'il appartient à l'autorité préfectorale de prendre les mesures nécessaires pour faire libérer sous la contrainte les lieux d'accueil pour demandeurs d'asile quand ils sont occupés sans titre ;

- alors que pour satisfaire aux obligations posées par le droit européen et la législation nationale en matière d'accueil des demandeurs d'asile pendant l'instruction de leur demande d'asile, les pouvoirs publics disposent, dans le département de la Gironde, de 1 121 places en centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) et de 756 places d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA), au 31 mai 2022, 1 977 demandeurs d'asile étaient recensés comme non hébergés dans ces dispositifs, dont 14 familles avec enfants mineurs et 17 personnes isolées considérées comme vulnérables par la structure de premier accueil des demandeurs d'asile (Spada) ;

- le maintien irrégulier de l'intéressée dans un logement réservé aux demandeurs d'asile compromettant le bon fonctionnement du service public, dès lors qu'il fait obstacle à la réalisation de l'objectif d'égal accès des usagers à ce dispositif, les conditions d'urgence et d'utilité sont satisfaites ;

- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse puisque, du fait du rejet définitif de sa demande d'asile, l'intéressée ne bénéficie plus d'aucun droit à occuper le logement en cause, par application de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et même, en vertu de l'article L. 542-2 de ce code, à se maintenir en France.

Par mémoire en défense enregistré le 30 juin 2022, Mme A, représentée par Me Meaude, demande le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 1 500 euros au profit de son conseil, en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A fait valoir que :

- elle est entrée en France avec ses quatre enfants mineurs le 17 février 2020, après avoir quitté son pays d'origine en raison de craintes de persécution ;

- sa demande d'asile déposée le 7 juillet 2020 a été rejetée par une décision du 26 mars 2021 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) que la Cour nationale du droit d'asile a confirmée le 10 septembre 2021 ;

- compte tenu des éléments nouveaux dont elle disposait, elle a sollicité le réexamen de sa demande auprès de l'OFPRA le 21 mars 2022 ;

- si cette dernière demande a été rejetée pour irrecevabilité par décision de l'office en date du 7 avril 2022, elle a déposé une demande d'aide juridictionnelle aux fins de saisir la Cour nationale du droit d'asile ;

- la préfète de la Gironde n'établit pas que la mesure sollicitée réponde à la condition d'urgence ;

- dès lors que sa demande de réexamen est pendante devant la Cour nationale du droit d'asile, elle bénéficie toujours du droit de se maintenir en France et, par suite, en application de l'article L. 551-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du droit à un hébergement en tant que demandeur d'asile ;

- elle est au demeurant titulaire d'un récépissé de demandeur d'asile délivré le 10 mars 2022 ;

- aucune proposition de relogement ne lui ayant été faite, alors qu'elle a la charge de quatre enfants, la mesure sollicitée contrevient au droit au logement énoncé à l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 30 juin 2022, après le rapport, ont été entendues les observations de Me Meaude, représentant Mme A, qui a développé les moyens invoqués dans la requête.

La préfète de la Gironde n'était ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il doit être statué en urgence, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme A à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions de la préfète de la Gironde :

2. Aux termes de l'article L. 552-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions de sortie d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile sont prises par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, après consultation du directeur du lieu d'hébergement, sur la base du schéma national d'accueil des demandeurs d'asile et, le cas échéant, du schéma régional prévus à l'article L. 551-2 et en tenant compte de la situation du demandeur ". Aux termes de l'article L. 552-15 de ce code : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. (). / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ".

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

4. Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile d'un demandeur d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence.

5. Aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 542-2 de ce code " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : () / 2° Lorsque le demandeur : () / b) a introduit une première demande de réexamen, qui a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité par l'office en application du 3° de l'article L. 531-32, uniquement en vue de faire échec à une décision d'éloignement ". Aux termes de l'article L. 551-11 dudit code : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ".

6. Il résulte de l'instruction que Mme A, ressortissante pakistanaise née le 1er février 1977 à Jallozai, au Pakistan, s'est vu refuser l'asile par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 3 mars 2021, que la Cour nationale du droit d'asile a confirmée par décision notifiée le 12 janvier 2022. Mme A a déposé le 21 mars 2022 une demande de réexamen que, selon les écrits non contestés de cette dernière, l'OFPRA a rejetée par décision du 7 avril 2022. Il ressort des documents produits que Mme A a saisi la Cour nationale du droit d'asile d'une demande d'aide juridictionnelle, le 5 mai 2022, aux fins d'interjeter appel de la décision précitée de l'OFPRA. Cette demande d'aide juridictionnelle a pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux fixé par l'article L. 532-1 du code précité. La demande de réexamen présentée par Mme A ne pouvant être regardée comme ayant pour objet de faire obstacle à une mesure d'éloignement, en l'absence de décision de l'autorité préfectorale en ce sens, sa situation n'est pas au nombre des cas visés par le b) du 2° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là que, en application des dispositions précitées de l'article L. 542-1 de ce code, Mme A conserve le droit de se maintenir sur le territoire national jusqu'à la date de lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de notification de celle-ci. Dès lors, en vertu de l'article L. 551-11 dudit code, Mme A peut toujours se prévaloir du droit à un lieu d'accueil pour demandeur d'asile. Dans ces conditions, la mesure d'expulsion sollicitée par la préfète de la Gironde se heurte à une contestation sérieuse et ne peut, par suite, qu'être rejetée.

Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :

7. Mme A ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire par la présente ordonnance, son conseil, Me Meaude, peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Par suite et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 800 euros à Me Meaude au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, ce versement entraînant renonciation de Me Meaude à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

ORDONNE :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de la préfète de la Gironde est rejetée.

Article 3 : L'Etat versera une somme de 800 euros à Me Meaude en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la préfète de la Gironde, à Mme A et à Me Meaude.

Fait à Bordeaux, le 4 juillet 2022.

Le juge des référés,

J-M. BAYLE

La greffière,

C. GIOFFRE

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions