mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2204143 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP GRAVELLIER - LIEF - DE LAGAUSIE - RODRIGUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2022, Mme B C, représentée par Me Julien Plouton, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise en vue de déterminer les préjudices résultant de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire de Bordeaux depuis le 31 octobre 2013 jusqu'au 7 janvier 2015 suite à un accident de la circulation du 30 octobre 2013.
La requérante soutient que l'expertise sollicitée est utile pour déterminer précisément les circonstances des séquelles liées aux opérations qu'elle a subies lors de sa prise en charge, si des fautes ont été commises par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux et afin d'évaluer et chiffrer l'ensemble de ses préjudices.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2022, la société hospitalière d'assurances mutuelles, représentée par Me Charlotte de Lagausie, conclut à sa mise hors de cause et à la mise à la charge de Mme C de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle n'est plus l'assureur du centre hospitalier universitaire de Bordeaux depuis le 30 juin 2020. Son contrat d'assurance étant un contrat en base réclamation, c'est l'assureur au jour de la réclamation de Mme C, matérialisée par la requête en référé aux fins de désignation d'un expert enregistrée le 28 juillet 2022 qui a vocation à couvrir le sinistre.
Par un mémoire en défense et en intervention, enregistré le 26 août 2022, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux et la société Amtrust international underwriters DAC, représentés par Me Amélie Chiffert, demande au juge des référés :
- à titre liminaire d'admettre la demande d'intervention volontaire de la société Amtrust international underwriters DAC, assureur du centre hospitalier universitaire de Bordeaux ;
- à titre principal de surseoir à statuer dans l'attente de la communication par Mme C des éléments relatifs à l'accident de la circulation du 30 octobre 2013 et de l'indemnisation perçue à ce titre en application de la loi Badinter, et de rejeter, à défaut de cette communication, la demande d'expertise de Madame C ;
- à titre subsidiaire, font part de leurs protestations et réserves sur les faits exposés dans la requête, déclarent s'en rapporter à la justice en ce qui concerne la mesure d'instruction sollicitée, et demandent que l'expertise soit confiée à un collège d'experts constitué d'un chirurgien orthopédique et d'un infectiologue, que l'expert rédige un pré-rapport, que les frais d'expertise soient à la charge de l'Etat et que les dépens soient réservés.
Ils soutiennent qu'en l'absence de communication par Mme C des éléments relatifs à l'accident de la circulation du 30 octobre 2013 et de l'indemnisation perçue à ce titre en application de la loi Badinter, cette dernière ne justifie pas de son intérêt à agir à leur encontre.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de sursis à statuer opposée par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux :
1. La circonstance, à la supposer établie, que Mme C, en sa qualité de victime d'un accident de la circulation, ait pu en application de la loi du 5 juillet 1985 précitée tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation, percevoir une indemnisation au titre de l'accident dont elle a été victime, ne fait pas obstacle à ce qu'elle recherche la responsabilité du centre hospitalier dans lequel elle a été traitée, pour obtenir réparation des dommages présentant un lien direct avec des fautes qui auraient été commises ou des faits qui seraient survenus à l'occasion des soins reçus au CHU de Bordeaux. Par suite, la demande du centre hospitalier tendant à ce que le juge des référés sursoit à statuer jusqu'à la communication de modalités de l'indemnisation perçue dans le cadre de l'accident ne peut qu'être rejetée, ainsi que, a fortiori, les conclusions tendant au rejet de la requête à défaut de communication de ces informations. Il appartiendra à l'expert désigné, le cas échéant, de ne retenir que les préjudices en lien direct avec l'hospitalisation et à solliciter, s'il l'estime utile, le décompte des indemnités déjà perçues par Mme C.
Sur l'intervention volontaire de la société Amtrust international Underwriters DAC :
2. La société Amtrust international underwriters DAC fait valoir qu'elle est l'assureur du centre hospitalier universitaire de Bordeaux. Il y a lieu, dès lors, d'admettre son intervention volontaire.
Sur la demande de mise hors de cause de la société hospitalière d'assurances mutuelles :
3. Il résulte de l'instruction que le contrat d'assurance souscrit par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux auprès de la société hospitalière d'assurances mutuelles est un contrat en base réclamation résilié le 30 juin 2020. La réclamation de Mme C, matérialisée par sa requête en référé aux fins de désignation d'un expert enregistrée le 28 juillet 2022 est donc intervenue après la résiliation de ce contrat. Il y a donc lieu de mettre hors de cause la société hospitalière d'assurances mutuelles.
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
4. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
5. Mme C a été victime le 30 octobre 2013 d'un accident de la circulation. Après avoir été initialement admise au service des urgences de Lesparre-Médoc pour la suture d'un genou atteint pendant l'accident, un diagnostic de polyfractures a été posé et elle a été transférée au centre hospitalier universitaire Pellegrin de Bordeaux. Mme C a subi une intervention chirurgicale par ostéosynthèse de sa fracture complexe du pilon gauche le 2 novembre 2013, réalisée par le docteur A. Elle a, dans les suites opératoires, été victime d'une infection à staphylocoque doré. La requérante qui estime, d'une part, que l'intervention été reportée sans raison et que, d'autre part, elle a été victime d'une infection mal prise en charge se plaint de la persistance de phénomènes douloureux invalidants ainsi que de répercussions psychologiques. Elle demande au juge des référés de désigner un ou plusieurs experts aux fins de déterminer les conditions de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire de Bordeaux, d'évaluer et chiffrer l'ensemble de ses préjudices. Par suite, la mesure d'expertise médicale judiciaire demandée par la requérante, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, est utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, pour le juge des référés, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme précisé à l'article 2 de la présente ordonnance.
Sur la désignation d'un collège d'experts :
6. Il y a lieu de confier l'expertise à un infectiologue auquel il appartiendra, s'il l'estime nécessaire, de demander à la présidente du tribunal administratif l'autorisation de faire appel au concours d'un ou plusieurs sapiteurs.
Sur l'établissement d'un pré-rapport :
7. S'agissant de l'exercice par l'expert de la mission qui lui est assignée par la présente ordonnance, aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit ne lui font obligation d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations qui lui sont confiées et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions du centre hospitalier universitaire de Bordeaux et de la société Amtrust international Underwriters DAC tendant à ce que l'expert communique un pré-rapport aux parties afin qu'elles puissent y répondre sous forme de dires ne peuvent être accueillies.
Sur les dépens :
8. Tout d'abord, l'instance en cours n'a pas donné lieu à dépens. Ensuite, en application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il appartient, non au juge des référés, mais au seul président de la juridiction administrative, lorsqu'il fixe les frais et honoraires de l'expertise, de désigner celle des parties qui devra s'en acquitter. Enfin, en vertu de l'article R. 761-1 de ce code, la mise à la charge définitive des dépens, au nombre desquels figurent les honoraires et frais d'expertise, ressortit à la compétence du juge du fond qui, sous réserve de dispositions spéciales et sauf circonstances particulières de l'affaire, doit mettre ces dépenses à la charge de la partie perdante. Par suite, les conclusions tendant à ce que le juge des référés statue sur les dépens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais à l'instance :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société hospitalière d'assurances mutuelles sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La société SHAM est mise hors de cause.
Article 2 : Le docteur E D, est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme C B et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de ses prises en charge au centre hospitalier universitaire de Bordeaux depuis le 30 octobre 2013 et procéder éventuellement à son examen clinique. Retracer la chronologie des hospitalisations et interventions subies par elle depuis cette date ; se faire communiquer notamment les protocoles et compte rendus du CLIN, les protocoles d'hygiène et d'asepsie applicables et les enquêtes épidémiologiques effectuées au moment des faits litigieux ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ;
2°) de décrire l'état de santé de Mme C et les soins et prescriptions antérieurs à son admission au centre hospitalier universitaire de Bordeaux, les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge et soignée dans cet établissement ; décrire l'état pathologique de la requérante ayant conduit aux soins, aux interventions et aux traitements pratiqués au centre hospitalier universitaire de Bordeaux ;
3°) de donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les traitements, interventions, soins et gestes opératoires prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents, pertinents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de Mme C et aux symptômes qu'elle présentait à son arrivée au centre hospitalier universitaire de Bordeaux ; donner au tribunal tous les éléments lui permettant de déterminer si tout ou partie des séquelles présentées par Mme C sont liées à une erreur médicale, à une infection nosocomiale, à l'état initial de Mme C, à l'évolution prévisible de cet état ou à toute autre cause extérieure ;
4°) de manière générale, réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services lors de la prise en charge et des hospitalisations de Mme C ; rechercher si les interventions et actes médicaux pratiqués ont été exécutés conformément aux règles de l'art ; dire si l'aggravation de l'état de santé survenu était inévitable pour n'importe quel opérateur normalement diligent ; déterminer les raisons de la dégradation de l'état de santé de Mme C et des complications dont elle souffre depuis ses hospitalisations ;
5°) le cas-échéant, sur la ou les infection(s) en elle(s)-même(s) :
- déterminer le(s) type(s) d'infection(s)s contractée(s)s par Mme C ;
- préciser à quelle date ont été constatés les premiers signes d'infection, a été porté le diagnostic, a été mise en œuvre la thérapeutique ;
- dire quels ont été les moyens permettant le diagnostic, les éléments cliniques, paracliniques et biologiques retenus ;
- dire quel acte médical ou paramédical a été rapporté comme étant à l'origine de l'infection et dire par qui il a été pratiqué ;
- déterminer quelles sont les causes possibles de cette ou de ces infection(s) ;
- préciser si la conduite diagnostique et thérapeutique de cette ou de ces infection(s) a été conforme aux règles de l'art et aux données acquises de la science médicale à l'époque où ces soins ont été dispensés ;
- en cas de réponse négative, faire la part entre les conséquences du retard de diagnostic et de traitement ;
- procéder à une distinction de ce qui est la conséquence directe de cette ou de ces infection(s) et de ce qui procède de l'état pathologique intercurrent ou d'un éventuel état antérieur ;
- se faire communiquer par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux les protocoles et comptes rendus, les protocoles d'hygiène et d'asepsie applicables, les enquêtes épidémiologiques effectuées au moment des faits litigieux ;
- vérifier si les protocoles applicables ont bien été respectés en l'espèce : dire si la vérification a pu être faite et si les règles de traçabilité ont, à cet effet, été respectées ;
- vérifier si un manquement quel qu'il soit, notamment un manquement caractérisé aux obligations posées par la réglementation en vigueur en matière de lutte contre les infections nosocomiales, peut être relevé à l'encontre de l'établissement de soins concerné ;
- préciser si cette infection a pu être à l'origine d'une perte de chances d'éviter des séquelles ;
6°) de donner son avis sur le point de savoir si le dommage corporel constaté a un rapport avec l'état initial de Mme C à son arrivée au centre hospitalier universitaire de Bordeaux, ou l'évolution prévisible de cet état ; le cas échéant, déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement reproché au centre hospitalier universitaire de Bordeaux ;
7°) de donner son avis sur le point de savoir si le ou les manquements éventuellement constatés ont fait perdre à Mme C une chance sérieuse de guérison suite à son hospitalisation au centre hospitalier universitaire de Bordeaux ; donner son avis sur l'ampleur (pourcentage) de la chance perdue par Mme C de voir son état de santé s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader en raison de ces manquements ;
8°) de dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir si Mme C a été informée de la nature des opérations qu'elle allait subir, et des conséquences normalement prévisibles de ces interventions et si elle a été mis à même de formuler un consentement éclairé ;
9°) de dire si l'état de Mme C a entraîné une incapacité permanente partielle résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
10°) d'indiquer à quelle date l'état de Mme C peut être considéré comme consolidé ; préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;
11°) de dire si l'état de Mme C est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
12°) de donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice psychologique, préjudice sexuel, préjudice économique) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ;
13°) de donner son avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constatée sur la vie personnelle et professionnelle de Mme C et si le cas échéant l'aide d'une tierce personne à domicile est nécessaire ainsi que des soins postérieurs à la consolidation des blessures.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 5 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre Mme C, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux, la société Amtrust international Underwriters DAC et la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde.
Article 6 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 7 : L'expert qui communiquera aux parties un pré-rapport, s'il l'estime utile, avec un délai leur permettant de faire valoir leurs dires avant d'analyser leurs observations dans un rapport définitif, déposera le rapport définitif au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 8 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 9 : La société hospitalière d'assurances mutuelles est mise hors de cause :
Article 10 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 11 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B, au centre hospitalier universitaire de Bordeaux, à la société hospitalière d'assurances mutuelles, à la société Amtrust international Underwriters, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde et au docteur E D, expert.
Fait à Bordeaux, le 29 mars 2023.
La présidente,
Cécile MARILLER
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026