mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2204154 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge social |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juillet 2022, et un mémoire, enregistré le 27 novembre 2023, Mme D B demande au tribunal d'annuler la décision du 15 juin 2022 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Gironde a refusé de lui accorder la remise gracieuse de sa dette concernant un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 1 285,92 euros pour la période du 1er février au 30 avril 2022.
Elle soutient que :
* elle est de bonne foi ;
* sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de la Gironde, représentée par sa directrice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de la construction et de l'habitation ;
* le code de la sécurité sociale ;
* le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Naud, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Naud, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née en 1994, était bénéficiaire de l'aide personnalisée au logement. Le 21 avril 2022, un indu d'un montant de 1 285,92 euros lui a été réclamé pour la période du 1er février au 30 avril 2022. Le 26 avril 2022, elle a sollicité la remise gracieuse de sa dette. Le 15 juin 2022, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Gironde lui a opposé un refus. Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, auquel renvoie l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. / () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. Il résulte de l'instruction que l'indu réclamé à Mme B a pour origine sa déclaration rectificative de ressources pour l'année 2021 ne faisant plus état de frais réels, devant être déduits des ressources du foyer, qu'à hauteur de 1 462 euros pour elle et de 1 513 euros pour son compagnon, M. A, au lieu de 13 294 euros pour elle et de 13 618 euros pour lui initialement déclarés. Si la requérante a elle-même procédé à la déclaration rectificative, sa bonne foi n'est pas avérée au regard de la différence considérable entre les frais réels initialement déclarés et ceux finalement rectifiés plusieurs mois après, sans qu'aucun motif ne soit avancé pour justifier une telle erreur.
5. Au surplus, il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales a tenu compte de la situation du foyer, composé de Mme B, de son compagnon et de leur enfant né en 2021. Au titre de ses ressources, la requérante a déclaré pour elle un salaire ou assimilé de 1 035,10 euros au mois de juin 2022, de 1 337,49 euros au mois de juillet 2022 et de 1 294,58 euros au mois d'août 2022 et pour son compagnon un salaire de 2 353,15 euros au mois de juin 2022, de 1 855,22 euros au mois de juillet 2022 et de 1 493,86 euros au mois d'août 2022. Au titre de ses charges, elle produit la première page du contrat de location d'un appartement au Barp auprès d'un office public de l'habitat, qui ne fait pas apparaître le montant du loyer. Ses allégations, contenues dans sa requête enregistrée le 11 juillet 2022, relatives au changement d'activité de son compagnon qui aurait entraîné une baisse de revenus et à la perte de son travail à elle, ne sont étayées par aucun justificatif et ne correspondent pas à ses déclarations de ressources précitées. Dans ses dernières écritures enregistrées le 27 novembre 2023, elle déclare, sans en justifier, être au chômage dans le cadre d'une reconversion professionnelle depuis le 31 octobre 2022 et que son compagnon demeure salarié, les revenus du foyer s'élevant à 2 700 euros nets par mois. Au regard de l'ensemble de cette situation financière, il n'est pas établi que le remboursement par Mme B de sa dette serait susceptible de compromettre durablement l'équilibre de son budget et de menacer la satisfaction des besoins élémentaires de son foyer. Dans ces conditions, un refus de remise de dette a pu à bon droit lui être opposé.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Gironde en date du 15 juin 2022. Elle a cependant la possibilité de solliciter auprès de l'administration un échelonnement du remboursement de sa dette.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
G. NAUD
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026