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Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2204688

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2204688
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme C, qui contestait son ajournement à la licence professionnelle "métiers de la gestion et de la comptabilité - révision comptable". Le juge a rappelé qu'il ne lui appartient pas de contrôler l'appréciation des jurys d'examen sur la valeur des prestations des candidats, sauf en cas de considérations étrangères au mérite, ce qui n'était pas établi. La note de 0 sur 20 à l'unité "compétences professionnelles" a été jugée légalement fondée sur le règlement des études, qui sanctionne toute absence par un zéro, même justifiée. La décision s'appuie sur le code de l'éducation et l'arrêté du 6 décembre 2019 portant réforme de la licence professionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 août 2022, Mme A C demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du jury d'examen prononçant son ajournement au diplôme de licence professionnelle mention " métiers de la gestion et de la comptabilité - révision comptable " ;

2°) d'enjoindre au président de l'université de Bordeaux de réunir de nouveau le jury d'examen pour réexaminer sa situation et lui délivrer sa licence.

Elle soutient que :

- la note de 5 sur 20 obtenue à l'épreuve orale de mémoire de stage est injustifiée eu égard au document de 42 pages et au support numérique qu'elle a produits sans aide de son tuteur académique, et aux félicitations qui lui ont été adressées par le directeur ;

- le jury a été partial à son égard et l'a pénalisée car elle n'a pas assisté aux heures de cours proposées pour cette unité d'enseignement ;

- elle est la seule à avoir obtenue une telle note à son mémoire ;

- la note de 0 sur 20 obtenue à l'épreuve de compétences professionnelles est injustifiée eu égard à la satisfaction exprimée par son employeur et à la justification médicale de ses absences ;

- elle n'a pu se présenter à la session de rattrapage en raison de son activité professionnelle et de ses difficultés financières.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 février 2023, l'université de Bordeaux conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- l'arrêté du 6 décembre 2019 portant réforme de la licence professionnelle ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la délibération du jury d'examen prononçant son ajournement au diplôme de licence professionnelle mention " métiers de la gestion et de la comptabilité - révision comptable ".

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la note obtenue à l'unité d'enseignement " mémoire de stage " :

2. En premier lieu, il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'appréciation portée par le jury sur les prestations des candidats à un examen sauf s'il apparaît que les notes attribuées sont fondées sur d'autres considérations que la seule valeur de ces prestations. Il s'ensuit que la requérante ne peut utilement soutenir que la note de 5 sur 20 qui lui a été attribuée serait injustifiée eu égard au mémoire de 42 pages et au support numérique qu'elle a produits.

3. En second lieu, si la requérante soutient que le jury a été partial à son égard et l'a pénalisée car elle n'a pas assisté aux heures de cours proposées pour cette unité d'enseignement, il ressort toutefois de la grille d'évaluation complétée par les deux examinateurs que sur les douze points qui ont été évalués à l'occasion de cette épreuve, la " rédaction, orthographe, syntaxe " et la " capacité de relier théorie et pratique professionnelle " ont été jugées très insuffisantes. La " bibliographie, tableaux, schémas, annexes ", l'" analyse du sujet (problématique, plan, réponses apportées ", les " éléments professionnels exposés et contenu technique ", le " savoir-être professionnel et initiatives ", la " qualité des supports ", la " mise en valeur structurée des contenus du mémoire " et la " capacité d'analyse et de recul " ont été jugés insuffisants. L'" aisance à l'oral et animation " et les " qualités techniques et professionnelles " ont été évaluées comme comprises entre insuffisant et satisfaisant. Seul le " respect des normes de présentation, structure " du mémoire a été jugé satisfaisant. Dans leur appréciation générale, les examinateurs ont précisé que le mémoire présenté par la requérante était très mal écrit et comportait des fautes d'orthographe, de syntaxe ainsi que des phrases dénuées de sens. Ils ont ajouté que ce mémoire n'atteignait pas les standards minimaux et que des notions abordées n'étaient pas maîtrisées (holding, RGPD) ou étaient peu approfondies (avantages mutuels franchiseur franchisé). Le moyen tiré de ce que les examinateurs et le jury auraient pris en compte d'autres éléments que le seul mérite du mémoire rédigé et présenté par la requérante doit en conséquence être écarté.

4. En troisième lieu, la circonstance qu'aucun autre étudiant de licence n'aurait obtenu une telle note est sans incidence sur la légalité de la délibération contestée. Il en va de même de la circonstance que le responsable de la formation l'aurait félicitée sur son travail à l'issue de sa présentation.

En ce qui concerne la note obtenue à l'unité d'enseignement " compétences professionnelles " :

5. Il ressort des modalités de contrôle des connaissances arrêtées pour le diplôme de licence professionnelle mention " métiers de la gestion et de la comptabilité - révision comptable " par l'université de Bordeaux, en application de l'article 12 de l'arrêté du 6 décembre 2019 portant réforme de la licence professionnelle, que cette unité d'enseignement est évaluée en contrôle continu à l'occasion des 10 heures de travaux dirigés qui lui sont consacrées, et que " toute absence à l'examen est sanctionnée par un zéro, que cette absence soit ou non justifiée ". La requérante, qui n'a assisté à aucune de ces heures de travaux dirigés et n'a produit aucune des présentations orales demandées, et qui ne peut à cet égard utilement se prévaloir de la satisfaction exprimée par son employeur, n'est donc pas fondée à se plaindre, quand bien même ses absences auraient été justifiées, que la note de 0 sur 20 lui ait été attribuée.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à l'université de Bordeaux.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ferrari, président,

Mme D et Mme B, premières conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La rapporteure,

E. D

Le président,

D. FERRARI La greffière,

E. SOURIS

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,