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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2204812

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2204812

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2204812
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de la SCI de l'Avenir, qui contestait des avis de mise en recouvrement de TVA et d'amendes pour la période de mai 2019 à décembre 2020. La société soutenait que son droit de réponse avait été méconnu, faute d'avoir reçu une proposition de rectification définitive. Le tribunal a jugé que la proposition de rectification du 10 septembre 2021, notifiée et reçue, informait clairement la requérante de son délai de 30 jours pour présenter ses observations, ce qu'elle n'a pas fait. En l'absence d'observations, l'administration a pu émettre les titres de recouvrement sans méconnaître le droit de réponse. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code général des impôts et du livre des procédures fiscales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire respectivement enregistrés les 5 septembre et 31 décembre 2022, la SCI de l'Avenir demande au tribunal :

1°) de prononcer le dégrèvement des impositions pour un montant total de 82 807 euros mis à sa charge au titre de la taxe sur la valeur ajoutée pour la période de mai 2019 à décembre 2020 et d'une amende pour la période de mai 2020 à décembre 2020 ;

2°) de lui accorder un sursis de paiement ;

3°) de mettre à la charge de l'État des frais irrépétibles.

Elle soutient que les titres de mise en recouvrement ne pouvaient pas être émis sans méconnaître son droit de réponse car, n'ayant jamais réceptionné de proposition de rectification définitive, elle n'a pas pu présenter ses observations.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 novembre 2022, l'administrateur général des finances publiques, chef de la direction spécialisée de contrôle fiscal sud-ouest conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable tout d'abord en ce qui concerne les conclusions à fins de décharge d'imposition, à défaut pour la requérante de lui avoir adressé une réclamation préalable à son recours contentieux comme cela est prévu par les dispositions combinées des articles R. 772-1 et R. 772-2 du code de justice administrative ainsi qu'à l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales ; les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont également irrecevables car elles ne sont pas chiffrées ;

- à titre subsidiaire, la requête est infondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI de l'Avenir a pour objet la location de biens immobiliers. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er mai 2019 au 30 avril 2020 qui a été étendue pour la TVA jusqu'au 31 décembre 2020. La société requérante demande au tribunal d'annuler les avis de mis en recouvrement des sommes mises à sa charge par l'administration fiscale à l'issue de cette vérification de comptabilité.

2. A l'appui de sa requête, la SCI de l'Avenir ne soulève qu'un seul moyen tiré de ce que l'administration fiscale a méconnu son droit de présenter ses observations sur la proposition de rectification. Elle allègue que l'administration fiscale ne pouvait pas émettre les avis de mise en recouvrement contestée avant de lui avoir notifié une proposition de rectification définitive. Toutefois, il résulte de l'instruction que par un pli envoyé en recommandé et distribué à la société requérante par les services de la poste le 14 septembre 2021, l'administration fiscale lui a envoyé la proposition de rectification datée du 10 septembre 2021 faisant suite à la vérification de comptabilité du 8 mars 2021 au 7 septembre 2021 portant sur la période du 1er mai 2019 au 30 avril 2020 qui a été étendue pour la TVA jusqu'au 31 décembre 2020. Cette proposition de rectification que la requérante ne conteste pas avoir reçue, précise : " Dès réception de ce courrier, vous disposez d'un délai de trente jours pour m'adresser vos observations ou votre acceptation. En cas d'application de la procédure de rectification contradictoire, vous pouvez demander dans ce délai une prorogation de 30 jours. Sans réponse de votre part dans ce délai éventuellement prorogé, la proposition de rectification sera considérée comme acceptée. Les rectifications proposées pourront entraîner l'application des majorations prévues par le code général des impôts. Si vous avez des observations à ce sujet, vous disposez d'un délai de trente jours pour m'en faire part. Pour discuter cette proposition de rectification ou y répondre, vous pouvez vous faire assister d'un conseil de votre choix ". Dès lors, contrairement à ce que soutient la société requérante, l'administration fiscale l'a suffisamment et clairement informée qu'elle disposait d'un délai de 30 jours pour présenter ses observations et qu'à défaut, la proposition de rectification du 10 septembre 2021 deviendrait la proposition définitive de rectification.

3. Il est constant que la société SCI de l'Avenir n'a présenté à l'administration aucune observation. Elle n'est donc pas fondée à soutenir que les avis de recouvrement en litige ne pouvaient pas être émis car elle demeure dans l'attente de recevoir une proposition de rectification définitive afin de présenter ses observations. Par suite, l'unique moyen soulevé par la SCI de l'Avenir à l'appui de sa requête doit être écarté.

4. Il résulte ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête de la SCI de l'Avenir doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense.

DECIDE :

Article 1er : La requête de la SCI de l'Avenir est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI de l'Avenir et à l'administrateur général des finances publiques, chef de la direction spécialisée de contrôle fiscal sud-ouest.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ferrari, président,

Mme B et Mme A, premières conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

La rapporteure,

K. A

Le président,

D. FERRARI Le greffier,

Y. JAMEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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