jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2204966 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP LAYDEKER - SAMMARCELLI - MOUSSEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 septembre 2022, la Région Nouvelle Aquitaine, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise aux fins de décrire les désordres affectant le système thermique de la maison de l'économie créative et de la culture (MECA), sise 5, Parvis Corto Maltese, quai de Paludate à Bordeaux (33800), de déterminer les causes de ces désordres, de déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres constatés, d'évaluer les préjudices de toute nature qu'elle a subis et que les dépens soient réservés.
Elle soutient que les désordres sont susceptibles de donner lieu à un litige relevant de la juridiction administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, la société Dimena, représentée par Me Frédéric Biais, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les réserves et protestations d'usage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2022, la société Aermec SAS, représentée par Me Charlotte Mousseau, demande au juge des référés de rejeter la requête en tant qu'elle est dirigée à son encontre en la mettant hors de cause et de mettre à la charge de la Région Nouvelle Aquitaine la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle n'est pas le fabricant de la pompe à chaleur, mais une filiale qui assure la distribution pour la France à l'exception de trois secteurs géographiques, dont la Nouvelle Aquitaine où la distribution est exclusivement confiée à la société Dimena.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2022, Bordeaux Métropole Aménagement déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les réserves et protestations d'usage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2022, la société Tunzini Toulouse, représentée par Me Armelle Amichaud-Dabin, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les plus expresses réserves. Elle demande en outre que la mission de l'expert soit complétée sur la date d'apparition des désordres, sur le point de savoir si la région Nouvelle Aquitaine a une part de responsabilité dans la survenance des désordres et la quote-part de responsabilité de chacun des intervenants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2022, la société AXA France Iard et le cabinet Filhet Allard, représentés par Me Jean-Pierre Hounieu, déclarent d'une part que la société AXA France Iard ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée sous les plus expresses protestations et réserves quant à la recevabilité des actions susceptibles d'être engagées à son encontre et à l'engagement éventuelle de sa responsabilité et, d'autre part, demandent la mise hors de cause du cabinet Filhet Allard en tant qu'il n'est pas une compagnie d'assurance mais un courtier en assurance. Elles demandent en outre que l'expert rédige un pré-rapport et que soit mise à la charge de la région Nouvelle Aquitaine la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2022, la société SPIE Facilities représentée par Me Anne-Sophie Lourme, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les plus expresses protestations et réserves quant à la recevabilité des actions susceptibles d'être engagées à son encontre. Elle demande en outre que l'expert dépose un pré-rapport et que les frais de l'expertise soient avancés par le requérant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 décembre 2022, la société Alto Ingénierie, représentée par Me Eve Donitian, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les plus expresses protestations et réserves, notamment quant à sa responsabilité et demande que les dépens soient réservés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 décembre 2022, la société Siemens SAS, représentée par Me Joanna Sobczynski, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les plus expresses protestations et réserves quant à sa responsabilité. Elle demande en outre que la mission de l'expert soit complétée sur le point de savoir si la région Nouvelle Aquitaine a une part de responsabilité dans la survenance des désordres. Elle demande enfin que l'expert rédige un pré-rapport et que les dépens soient réservés.
La requête a été communiquée à la société Bureau Veritas Construction, à la société Faccer, à la société Bjarke Ingels, à la société Freaks Freearchitects, à la société Vpeas, au Cabinet conseil Vincent Hedont, à la Khephren Ingénierie, à la société Ducks Sceno, à la Ph A et Associes-concepteurs lumière design, à la société Mrzyk Petra, à la société PBNL, à la Lafourcade et Rouquette architectes, qui n'ont pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. La Région Nouvelle-Aquitaine agissant en qualité de maître de l'ouvrage a entrepris la construction de la Maison de l'économie créative et de la culture (MECA) 5 Parvis Corto Maltese, quai de Paludate (33800) à Bordeaux et a conclu à cet effet, par l'intermédiaire de son mandataire, Bordeaux Métropole Aménagement (BMA), plusieurs marchés publics. Elle a constaté ou cours de l'année 2019, des désordres importants affectant l'ouvrage parmi lesquels un dysfonctionnement du système de la pompe à chaleur et à terme la casse de quatre de ses compresseurs. L'assureur dommages ouvrage AXA France a fait une offre indemnitaire de 34 578,65 euros correspondant à 75% de l'indemnité totale, estimant que 25% du dommage ouvrage déclaré est dû à un défaut de maintenance ne rentrant pas a priori dans le cadre du contrat dommages ouvrage souscrit par la Région Nouvelle Aquitaine.
3. La Région Nouvelle Aquitaine sollicite, par la présente requête, l'organisation d'une expertise aux fins de décrire les désordres affectant le système thermique de la MECA, de déterminer les causes de ces désordres, de déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres constatés, d'évaluer les préjudices de toute nature qu'elle a subis. La Région Nouvelle Aquitaine sollicite que l'expertise ait lieu également en présence des entreprises ayant opéré sur le chantier et des entreprises d'assurances dommages ouvrage Filhet Allard et Cie et AXA France Iard et de Bordeaux Métropole Aménagement, mandataire de la Région Nouvelle-Aquitaine. La mesure d'expertise sollicitée, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, est utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, de faire droit aux demandes des parties et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance.
Sur les demandes de mise hors de cause :
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le cabinet Filhet Allard n'est pas une compagnie d'assurance mais un courtier en assurance et que la compagnie AXA France Iard est l'assureur dommages ouvrage de la Région Nouvelle Aquitaine. Par suite il y a lieu de mettre hors de cause le cabinet Filhet Allard.
5. En second lieu, il résulte de l'instruction que la SAS Aermec appelée en la cause par la Région Nouvelle Aquitaine n'est pas le fabricant de la pompe à chaleur défaillante, mais assure seulement la distribution pour la France à l'exception de trois secteurs géographiques, dont la Nouvelle Aquitaine où la distribution est exclusivement confiée à la société Dimena. La SAS Aermec n'étant pas intervenu à aucun titre dans la construction de la MECA, il convient de la mettre hors de cause.
Sur l'établissement d'un pré-rapport :
6. S'agissant de l'exercice par l'expert de la mission qui lui est assignée par la présente ordonnance, aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit ne lui font obligation d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations qui lui sont confiées et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions de la société Aermec SAS d'une part et du cabinet Filhet Allard et de la société AXA France Iard d'autre part et tendant à ce que l'expert communique un pré-rapport aux parties afin qu'elles puissent y répondre sous forme de dires ne peuvent être accueillies.
Sur les frais à l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société Aermec SAS d'une part et par le cabinet Filhet Allard et la société AXA France Iard d'autre part, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : Le cabinet Filhet Allard et la SAS Aermec sont mis hors de cause.
Article 2 : M. B A, est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de se rendre sur les lieux ; d'entendre les parties et tous sachants ; de prendre connaissance de tous documents utiles, notamment les pièces contractuelles, à la bonne fin de l'expertise ;
2°) de rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées par le maître de l'ouvrage au groupement de maîtrise d'œuvre ainsi qu'à chacun des constructeurs attraits à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de service et tous autres documents utiles ;
3°) de dresser un état descriptif technique et qualitatif précis des travaux réalisés concernant le système thermique de la maison de l'économie créative et de la culture (MECA) ; de dire si ces travaux présentent des dégradations, vices ou désordres ;
4°) de décrire l'ensemble de désordres affectant cet ouvrage, de déterminer leur date d'apparition ; de dire s'ils compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination ; préciser si ces désordres sont évolutifs ; dire si des désordres actuellement non apparents sont susceptibles de survenir, en indiquant le degré de probabilité et les délais vraisemblables d'une telle éventualité ;
5°) de déterminer les causes de ces désordres, en précisant si et, le cas échéant, dans quelle mesure, ils sont imputables à des erreurs de conception, à des déficiences dans l'exécution ou le contrôle des travaux ou à toute autre cause ; de dire si les travaux ont été conduits conformément aux documents contractuels et aux règles de l'art ; En cas de pluralité de causes, déterminer la part imputable à chacune d'entre elles (pourcentage) ; dire si les désordres sont dus à un défaut de maintenance et si oui dans quelle proportion ; dire si une part de la survenance des désordres est imputable à la région Nouvelle Aquitaine ;
6°) de déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres constatés, en précisant la plus-value éventuelle apportée par ces travaux ;
7°) d'évaluer les préjudices de toute nature, directs ou indirects, matériels ou immatériels subis par la région Nouvelle Aquitaine, en conséquence directe et certaine des désordres relevés ou pouvant résulter des travaux de remise en état ;
8°) dire si des travaux urgents sont nécessaires soit pour empêcher l'aggravation des désordres et du préjudice qui en résulte, soit pour prévenir les dommages aux biens ; dans l'affirmative, de décrire ces travaux de sauvegarde nécessaires et d'en faire une estimation sommaire ; de dire, le cas échéant, si les éventuels travaux de reprise entraînent une plus-value ou une amélioration de l'ouvrage, et la chiffrer ;
9°) d'une façon générale, recueillir tout élément et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 5 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre la Région Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Métropole Aménagement, la société Tunzini, la société Bureau Veritas Construction, la société Siemens SAS, la société Faccer, la société Bjarke Ingels, la société Freaks Freearchitects, la société VPEAS, le Cabinet conseil Vincent Hedont, la société BET Alto Ingénierie, la société Khephren Ingénierie, la société Ducks Sceno, la société Ph A et Associes-concepteurs lumière design, la société Mrzyk Petra, la société PBNL, la société Lafourcade et Rouquette architectes, la société Dimena, la société Spie Facilities Sud-Ouest, la société compagnie d'assurances AXA France Iard.
Article 6 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 7 : L'expert qui communiquera aux parties un pré-rapport, s'il l'estime utile, avec un délai leur permettant de faire valoir leurs dires avant d'analyser leurs observations dans un rapport définitif, déposera le rapport définitif au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 8 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à la région Nouvelle-Aquitaine, à Bordeaux Métropole Aménagement, à la société Tunzini, à la société Aermec SAS, à la société Bureau Veritas Construction, à la société Siemens SAS, à la société Faccer, à la société Bjarke Ingels, à la société Freaks Freearchitects, à la société VPEAS, au Cabinet conseil Vincent Hedont, à la société BET Alto Ingénierie, à la société Khephren Ingénierie, à la société Ducks Sceno, à la société Ph A et Associes-concepteurs lumière design, à la société Mrzyk Petra, à la société PBNL, à la société Lafourcade et Rouquette architectes, à la société Dimena, à la société Spie Facilities Sud-Ouest, au cabinet Filhet Allard et Cie, à la société compagnie d'assurances AXA France Iard et à M. B A, expert.
Fait à Bordeaux, le 11 mai 2023.
La présidente du tribunal,
Juge des référés,
Cécile MARILLER
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026