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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2205864

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2205864

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2205864
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. A qui demandait la réduction de ses impôts sur le revenu pour 2020 et 2021 en sollicitant la déduction des frais réels de ses salaires. Le tribunal a estimé que M. A n’avait pas apporté de preuves suffisantes de l’utilisation professionnelle d’un véhicule, se bornant à fournir des documents au nom de son beau-père sans justificatifs de frais kilométriques ou de carburant. En conséquence, l’administration fiscale n’a pas méconnu l’article 83 du code général des impôts en appliquant la déduction forfaitaire de 10 %.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 novembre 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 7 décembre 2022, M. B A demande au tribunal de prononcer la réduction de ses impôts sur le revenu au titre des années 2020 et 2021 en lui accordant le bénéfice de la déduction des frais réels de ses salaires.

Il soutient que l'administration en l'assujettissant d'office à la déduction forfaitaire de 10% sur l'assiette de salaires perçus a méconnu son droit à bénéficier de l'option de la déduction des frais réels tel que prévu par l'article 83 du code général des impôts alors qu'il démontrait que cette option lui était plus favorable.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 janvier 2023 le directeur régional des finances publiques de Nouvelle Aquitaine et du département de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions tendant à la décharge des pénalités et intérêts de retard alors que ces pénalités n'ont pas été contestés dans la réclamation préalable sont irrecevables ;

- le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par une proposition de rectification en date du 29 mars 2022, l'administration fiscale a procédé à la taxation d'office des salaires de M. A au titre de l'année 2020, ce dernier n'ayant pas déclaré ses revenus. Au titre de l'année 2021, M. A a déposé sa déclaration de revenus sans opter pour la déclaration des frais réels. Par deux réclamations contentieuses en date des 25 et 30 août 2022, M. A a sollicité la déduction des frais réels de ses salaires au titre des années 2020 et 2021. Par une décision du 3 octobre 2022, l'administration fiscale a rejeté ses deux réclamations en l'absence de preuve de l'utilisation effective du véhicule. M. A doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la réduction de ses impôts sur le revenu au titre des années 2020 et 2021 en lui accordant le bénéfice de la déduction des frais réels de ses salaires.

2. Aux termes de l'article 83 du code général des impôts : " Le montant net du revenu imposable est déterminé en déduisant du montant brut des sommes payées et des avantages en argent ou en nature accordés : La déduction à effectuer du chef des frais professionnels est calculée forfaitairement en fonction du revenu brut, après défalcation des cotisations, contributions et intérêts mentionnés aux 1° à 2° ter ; elle est fixée à 10 % du montant de ce revenu. () Lorsque les bénéficiaires de traitements et salaires optent pour le régime des frais réels, l'évaluation des frais de déplacement, autres que les frais de péage, de garage ou de parking et d'intérêts annuels afférents à l'achat à crédit du véhicule utilisé, peut s'effectuer sur le fondement d'un barème forfaitaire fixé par arrêté du ministre chargé du budget en fonction de la puissance administrative du véhicule, retenue dans la limite maximale de sept chevaux, du type de motorisation du véhicule, et de la distance annuelle parcourue. Lorsque les bénéficiaires mentionnés au huitième alinéa ne font pas application dudit barème, les frais réels déductibles, autres que les frais de péage, de garage ou de parking et d'intérêts annuels afférents à l'achat à crédit du véhicule utilisé, ne peuvent excéder le montant qui serait admis en déduction en application du barème précité, à distance parcourue identique, pour un véhicule de la puissance administrative maximale retenue par le barème. ".

3. Pour justifier des frais réels engagés dans le cadre de son activité professionnelle pour les années 2020 et 2021, M. A soutient avoir utilisé la voiture de son beau-père pour ses trajets entre son domicile et son travail. Toutefois, pour établir d'un tel usage, le requérant se borne à apporter au dossier le certificat d'immatriculation et l'attestation d'assurance établis au nom de son beau-père, des procès-verbaux de contrôle technique réalisés en 2020 et des factures de pièces datées de 2019 à 2021 établies au nom de son beau-père et de l'épouse de ce dernier et d'une attestation sur l'honneur de son beau-père, propriétaire du véhicule indiquant l'avoir prêté au requérant. Toutefois, en se bornant à fournir ces pièces qui n'établissent pas formellement son utilisation du véhicule à des fins professionnelles pour les années considérées d'autant que le véhicule est assuré au nom de l'épouse du requérant depuis le 10 juin 2021 sans que ne soit désigné un conducteur complémentaire, et en s'abstenant de fournir des justificatifs de frais de carburant et d'état de frais kilométriques, le requérant n'établit pas suffisamment les frais réels allégués. Par suite le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration a méconnu les dispositions de l'article 83 du code général des impôts en refusant de lui appliquer la réduction pour frais réels et en décidant d'appliquer la réduction forfaitaire.

4. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions de la requête de M. A doivent être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ferrari, président,

Mme D et Mme C, premières conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

La rapporteure,

K. C

Le président,

D. FERRARI Le greffier,

Y. JAMEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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