jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2205996 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET FERRANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 14 novembre 2022 et les 28 février et 16 avril 2024, M. A B, représenté par Me Renoult, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'agglomération d'Agen à lui verser la somme de 151 776 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis ;
2°) de mettre à la charge de l'agglomération d'Agen la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- du fait de l'imputabilité de sa maladie au service, la responsabilité sans faute de l'administration se trouve engagée ;
- le déficit fonctionnel temporaire de 20 % du 16 décembre 2013 au 8 novembre 2019, soit 2 154 jours, est évalué à 8 616 euros ;
- les souffrances endurées ont été évaluées par l'expert à hauteur de 3/7, et il est en droit de solliciter à ce titre une somme de 10 000 euros ;
- s'agissant du déficit fonctionnel permanent, il y a lieu de retenir le taux de 40 % pour une indemnisation, compte tenu de l'âge de 47 ans à la date de consolidation, qui peut être évaluée à 125 000 euros, ou 80 550 euros en retenant comme l'expert un taux de 30 % ;
- le préjudice d'agrément est évalué à 1 000 euros ;
- le préjudice sexuelle est de 5 000 euros ;
- les frais d'expertise de 2 160 euros doivent être mis à la charge de l'administration.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 décembre 2022 et les 15 avril et 30 mai 2024, l'agglomération d'Agen, représentée par Me Ferrant, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 16 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 12 juin 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 16 février 2024, par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise à la somme de 2 160 euros ;
- l'ordonnance n° 2205995 du 29 avril 2024 du juge des référés du tribunal ayant condamné l'agglomération d'Agen à verser une provision de 50 000 euros à M. B.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fernandez,
- les conclusions de M. Bilate, rapporteur public,
- et les observations de Me Ferrant, représentant l'agglomération d'Agen.
Une note en délibéré présentée par M. B a été enregistrée le 25 novembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, a été titularisé dans le grade d'adjoint technique territorial de 2ème classe à compter du 1er mars 2007. Il travaillait au cimetière municipal d'Agen, dont il assurait l'entretien des espaces verts. Il a été placé en congé maladie au cours de l'année 2013 pour syndrome d'épuisement professionnel. Par un arrêté du 4 mars 2019, le président de l'agglomération d'Agen, établissement public de coopération intercommunale, a reconnu imputable au service la maladie de M. B survenue le 16 décembre 2013. Par une ordonnance n° 2205957 du 2 mars 2023, le juge des référés a ordonné une expertise pour laquelle le rapport a été remis le 7 janvier 2024. M. B demande la condamnation de l'agglomération d'Agen à lui verser la somme de 151 776 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité :
2. Les dispositions qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente viagère d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Ces dispositions déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la collectivité qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre cette personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne.
3. La maladie de M. B survenue le 16 décembre 2013 a été reconnue, par l'agglomération d'Agen, comme étant imputable au service par un arrêté du 4 mars 2019. La circonstance alléguée par l'agglomération selon laquelle elle n'a reconnu l'imputabilité que parce qu'elle s'est crue à tort liée par l'avis de la commission de réforme est sans incidence dès lors que la décision du 4 mars 2019 est créatrice de droits au profit de l'agent et est devenue définitive. Par suite, M. B est fondé à demander l'engagement de la responsabilité de l'agglomération d'Agen en l'absence de toute faute.
En ce qui concerne le préjudice :
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise réalisé le 7 janvier 2024, que l'intéressé a subi un déficit fonctionnel temporaire partiel de 20 % du 16 décembre 2013 au 8 novembre 2019. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction, et notamment du même rapport d'expertise, que M. B reste atteint d'un déficit fonctionnel permanent qui a été évalué à 15 %. Il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence subis en raison de ces déficits fonctionnels en allouant au requérant la somme de 32 400 euros, en ce comprise l'indemnisation du préjudice d'agrément et du préjudice sexuel.
5. En second lieu, au titre des souffrances endurées, évaluées par l'expert à 3 sur une échelle de 7, il sera fait une juste indemnisation de ce chef de préjudice en allouant au requérant la somme 3 600 euros.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'agglomération d'Agen doit être condamnée à verser à M. B la somme totale de 36 000 euros en réparation de ses préjudices.
Sur les frais liés au litige :
7. D'une part, les frais et honoraires de l'expertise ont été taxés et liquidés par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux par ordonnance du 16 février 2024, à la somme de 2 160 euros. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre ces frais à la charge définitive de l'agglomération d'Agen.
8. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie tenue aux dépens, la somme demandée par l'agglomération d'Agen sur ce fondement. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de l'agglomération la somme de 1 500 euros à verser au requérant au titre de ces mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La condamnation définitive de l'agglomération d'Agen en réparation des préjudices subis par à M. B est fixée à la somme de 36 000 euros.
Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 2 160 euros, sont mis à la charge définitive de l'agglomération d'Agen.
Article 3 : L'agglomération d'Agen versera à M. B la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'agglomération d'Agen. Une copie du présent jugement sera délivrée à l'expert.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
M. Fernandez, premier conseiller,
M. Boutet-Hervez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
D. Fernandez
Le président,
D. Katz La greffière,
S. Fermin
La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026