jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2206092 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL FLORENCE DASSONNEVILLE - HENRI ARAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2022, Mme C A, représentée par Me Aran, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du président du conseil départemental de la Gironde du 15 septembre 2022 en tant qu'elle rejette sa demande d'affectation aux archives départementales ;
2°) de condamner le département de la Gironde au paiement de la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi ;
3°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la réintégrer au poste d'ajointe administrative 2ème classe 3ème échelon au bureau des recherches du service des publics de la direction des archives départementales de la Gironde ;
4°) de mettre à la charge du département de la Gironde la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 15 septembre 2022 refusant sa mutation constitue une sanction déguisée ;
- elle est victime de harcèlement moral en raison des refus multiples de lui accorder une mutation au sein des archives départementales, qu'une machine à café avait été placée dans son bureau, son stage a été prolongé alors que la qualité de son travail était pleinement reconnue, elle aurait dû être réintégrée dans son ancien poste en 2014 car sa disponibilité a duré moins de six mois ;
- son préjudice moral lié au harcèlement moral est de 10 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mars 2024, le département de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que
- le moyen concernant la demande de réintégration est irrecevable ;
- les autres moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fernandez,
- les conclusions de M. Bilate, rapporteur public,
- les observations de Me Rumeau, représentant Mme A, et de Mme B représentant le département de la Gironde.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée en qualité d'adjointe administrative contractuelle par le département de la Gironde et affectée au secrétariat des archives départementales. Elle a été affectée en qualité de secrétaire au bureau des recherches des archives départementales à compter du 1er septembre 2010. Adjointe administrative territoriale de 2ème classe stagiaire, l'intéressée a été affectée, à compter du 28 février 2011, au bureau de la maintenance des collèges du pôle maîtrise d'ouvrage des collèges de la direction des collèges et titularisée à compter du 25 mars 2011. Le 1er août 2014, à son retour de disponibilité, Mme A a été affectée en qualité de chargée de gestion au secrétariat du service épidémiologique et statistiques médicales du département. Le 28 juillet 2022, la requérante a demandé au département de la Gironde de faire cesser le harcèlement moral dont elle s'estimait être victime en procédant à sa réintégration aux archives départementales. Elle a également demandé la réparation de son préjudice moral. Mme A demande l'annulation de la décision du 15 septembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental a rejeté sa demande et la condamnation du département de la Gironde au paiement de la somme de 10 000 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision du 15 septembre 2022 du président du conseil départemental de la Gironde informe la requérante qu'il n'existait aucun poste vacant à la direction des archives correspondant au grade de l'intéressée. Cet état de fait n'est pas sérieusement contesté par la requérante et il ne ressort aucunement des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, un tel poste aurait été vacant. En outre, l'acte attaqué ne prive notamment pas Mme A d'une garantie qu'elle tiendrait de son statut et n'a pas pour effet de lui retirer des attributions ni d'entrainer une perte de rémunération. Dès lors, elle ne peut être regardée comme une sanction déguisée. Par suite et en tout état de cause, les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ".
4. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé. En outre, lorsqu'un agent est victime, dans l'exercice de ses fonctions, d'agissements répétés de harcèlement moral visés à l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique, il peut demander à être indemnisé par l'administration de la totalité du préjudice subi, alors même que ces agissements ne résulteraient pas d'une faute qui serait imputable à celle-ci.
5. Mme A soutient qu'elle serait victime d'un harcèlement moral en raison du refus systématique du président du conseil départemental du département de la Gironde de faire droit à ses demandes d'affectation aux archives départementales, de la non réintégration dans le poste qu'elle occupait avant sa disponibilité en 2014 et de la présence d'une machine à café dans son bureau en 2010.
6. En l'espèce, dès janvier 2011 la requérante avait candidaté sur un emploi de secrétaire à la direction de l'aménagement du territoire et souhaitait quitter les archives départementales. Si depuis, sa demande de rejoindre de nouveau les archives départementales ne s'est pas concrétisée, il résulte de l'instruction que ses candidatures spontanées n'ont pu recevoir une réponse favorable faute de postes vacants ainsi que le précise notamment un courrier du département du 17 octobre 2017. En outre, s'agissant des candidatures sur des postes ouverts, elles sont seulement au nombre de deux en 2015 et 2019, et si la requérante n'a pas été retenue rien ne permet d'établir et il n'est d'ailleurs pas allégué, que d'autres candidats n'étaient pas plus à même d'occuper ses postes, de sorte qu'aucun élément ne permet de présumer que ces décisions auraient été prises dans un but autre que l'intérêt du service. Par ailleurs, il n'est pas contesté que Mme A a toujours occupé un poste correspondant à son grade notamment en 2014 lors de son retour de disponibilité. De plus, la simple présence d'une machine à café dans son bureau, ne peut en soi suffire à caractériser une situation de harcèlement moral. Enfin, il résulte également de l'instruction que si le 1er mars 2011 il avait été décidé de prolonger de six mois sa période de stage, Mme A a été finalement titularisée dès le 25 mars 2011 et, qu'elle a été promue au grade d'ajointe administrative principale de 2ème classe le 13 mai 2019, de sorte qu'il n'est pas établi, pas plus que sérieusement soutenu, que sa carrière aurait pâti en raison des postes auxquels elle a été affectée.
7. Dès lors, les faits allégués par Mme A ne peuvent pas être regardés comme pouvant faire présumer des agissements de harcèlement moral, de sorte qu'aucune responsabilité ne peut être retenue à l'encontre du département de la Gironde sur ce fondement.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la condamnation du département de la Gironde à réparer le préjudice qu'elle estime avoir subi. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au département de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
M. Fernandez, premier conseiller,
M. Boutet-Hervez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
Le rapporteur,
D. Fernandez
Le président,
D. Katz La greffière,
S. Fermin
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026