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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2206168

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2206168

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2206168
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. C, qui contestait des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de 2019, issues d’une vérification de comptabilité de sa société. La requête a été jugée irrecevable car tardive : la décision de rejet de sa réclamation préalable, notifiée par pli recommandé présenté le 28 juillet 2022, a été régulièrement réputée reçue à cette date, et le délai de recours de deux mois expirait le 29 septembre 2022, alors que la requête n’a été enregistrée que le 23 novembre 2022. Le tribunal s’est fondé sur les articles L. 199 et R. 199-1 du livre des procédures fiscales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 novembre 2022, M. A C, représenté par Me Herrera, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2019 ;

2°) de lui accorder le sursis de paiement à hauteur de ces rehaussements ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il n'a reçu aucune proposition de rectification et que la régularité de la procédure de vérification dont il a fait l'objet n'est pas établie.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2023, le directeur régional des finances publiques de Nouvelle Aquitaine et du département de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable ;

- la requête n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite de la vérification de comptabilité de l'entreprise individuelle SASU Maçons Bâtisseurs Girondins, dont il était l'unique associé et le dirigeant du 5 novembre 2018 au 10 mars 2021, sur la période comprise entre le 5 novembre 2018 et le 31 décembre 2019, M. C a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux à raison de revenus distribués par sa société, pour un montant, en droits et pénalités, de 156 236 euros au titre de l'année 2019. M. C demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions, qui ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2021, ainsi que de la majoration de 10% pour défaut de paiement à la date d'échéance qui lui a été ultérieurement réclamée.

2. Aux termes de l'article L. 199 du livre des procédures fiscales : " En matière d'impôts directs et de taxes sur le chiffre d'affaires ou de taxes assimilées, les décisions rendues par l'administration sur les réclamations contentieuses et qui ne donnent pas entière satisfaction aux intéressés peuvent être portées devant le tribunal administratif. () " Aux termes de l'article R. 199-1 du même livre des procédures fiscales : " L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur la réclamation () ".

3. En cas de contestation sur la notification d'une décision, il incombe à l'administration d'établir qu'une telle notification a été régulièrement adressée au contribuable et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe peut ainsi résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d'un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.

4. Il résulte de l'instruction, et en particulier de l'accusé de réception produit par l'administration, que la décision du 26 juillet 2022 par laquelle le directeur régional des finances publiques a rejeté la réclamation préalable présentée le 5 avril 2022 par M. C, a été notifiée à l'intéressé par un courrier recommandé présenté le 28 juillet 2022 à l'adresse 7 allée Concorde, appartement n°102 à Mérignac, déclarée par le requérant à l'administration fiscale, à laquelle il a été retourné avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Eu égard à ce qui a été dit au point précédent, la décision de rejet de sa réclamation préalable doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée à M. C à la date de présentation de ce courrier recommandé, soit le 28 juillet 2022. En application des dispositions précitées du livre des procédures fiscales, le délai de recours de deux mois contre cette décision expirait le 29 septembre 2022 à minuit. La requête de M. C, enregistrée au greffe du tribunal administratif le 23 novembre 2022 est en conséquence tardive et doit être rejetée en raison de son irrecevabilité.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au directeur régional des finances publiques de Nouvelle Aquitaine et du département de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ferrari, président,

Mme D et Mme B, premières conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

La rapporteure,

E. D

Le président,

D. FERRARI Le greffier,

Y. JAMEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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