mercredi 7 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2206600 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP GRAVELLIER - LIEF - DE LAGAUSIE - RODRIGUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 décembre 2022, Mme E A, représentée par Me Jérôme Dirou, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise contradictoire en impartissant à l'expert de déposer un pré-rapport aux fins de :
1°) Rechercher dans quelles conditions les interventions chirurgicales effectuées par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux, le centre hospitalier de Pau et le centre hospitalier universitaire de Toulouse ont été réalisées concernant la pose d'une prothèse de genou droit et les tentatives de reprises qui ont suivi ;
2°) Rechercher si l'obligation d'information a été respectée ;
3°) Rechercher si les diagnostics, soins suivis post-opératoires ont été réalisés dans les règles de l'art ;
4°) Donner son avis sur les responsabilités et de déterminer l'ensemble des préjudices subis du fait du descellement aseptique dont elle a été victime.
Elle soutient que :
- elle conteste le refus de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) de l'indemniser des conséquences dommageables de l'accident médical qu'elle a subi lors de la pose d'une prothèse intégrale du genou droit réalisée au centre hospitalier universitaire de Bordeaux le 4 juin 2015, puis ayant fait l'objet d'une première reprise le 9 août 2018 au centre hospitalier de Pau, puis d'une seconde reprise le 26 juin 2019 au centre hospitalier universitaire de Toulouse ;
- les docteurs C et B chargés d'une première expertise médicale par la Commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) ont conclu à l'existence d'un accident médical caractérisé par un descellement aseptique de l'implant fémoral et ont constaté que l'état de la requérante n'était pas consolidé à la date du dépôt de leur rapport d'expertise le 29 décembre 2019 ;
- des fautes ont été commises lors de l'intervention initiale par le CHU de Bordeaux, puis lors de la reprise réalisée au sein du centre hospitalier de Pau et elle souhaite engager la responsabilité de ces deux établissements ;
- en l'absence de faute, l'expertise permettra d'établir que la complication est le résultat d'un accident médical non fautif au sens des dispositions de l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2022, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, représenté par la Selarl Montazeau et Cara, ne s'oppose pas à l'expertise médicale sollicitée sous toutes protestations et réserves quant à la mise en jeu de sa responsabilité, demande que l'expertise soit confiée à un collège d'experts spécialisés en chirurgie orthopédique et infectiologie et que l'ensemble des dépens soit mis à la charge de Mme A.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2022, le centre hospitalier de Pau, représenté par Me Marina Rodrigues demande sa mise hors de cause et conclut à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de Mme A, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le collège d'experts mandaté par la CCI a conclu à l'absence de faute des différents professionnels de santé ;
- le dommage est exclusivement imputable au descellement de l'implant fémoral de la prothèse de genou droit et les experts n'ont relevé aucun manquement dans la prise en charge de la requérante lors de son hospitalisation à Pau ;
- la CCI a conclu au vu de ce rapport d'expertise à l'existence d'un accident médical non fautif et considéré que l'Oniam devait être débiteur des préjudices subis au titre de la solidarité nationale ;
- la demande d'expertise ne présente pas le caractère d'utilité exigé par l'article R. 532-1 du code de justice administrative dès lors qu'une première expertise a déjà été diligentée et que ses conclusions sont parfaitement claires.
Par un mémoire, enregistré le 3 janvier 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de Pau, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie de Bayonne, déclare au tribunal qu'elle ne souhaite pas intervenir à ce stade de la procédure et qu'elle n'est pas, en l'état actuel du dossier, en mesure de chiffrer une créance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2023, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux, représenté par Me Milon, conclut au rejet de la requête, à sa mise hors de cause et à ce que les dépens soient supportés par Mme A.
Le centre hospitalier fait valoir que :
- si le descellement est en lien de causalité directe avec l'intervention pratiquée au sein de son établissement, le collège d'experts nommé par la CCI n'a retenu aucun manquement aux règles de l'art qui lui serait imputable ;
- les experts ont conclu qu'il s'agit d'un accident médical non fautif susceptible d'être indemnisé par l'Oniam au titre de la solidarité nationale ;
- même si le dossier médical de Mme A ne comportait pas de document écrit relatif à l'information de la patiente, les experts ont indiqué qu'il n'existait pas d'alternative thérapeutique à la mise en place d'une prothèse totale de genou droit ;
- la demande d'expertise est dépourvue de toute utilité dès lors que la requérante a déjà bénéficié d'une mesure d'expertise médicale contradictoire dont elle ne conteste pas les conclusions.
Par un mémoire enregistré le 15 février 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Pierre Ravaut, fait part de ses protestations et réserves sur le bien-fondé de sa mise en cause. L'Office demande que l'expertise sollicitée soit complétée dans le sens qu'il préconise et, en outre, que l'expert rédige un pré-rapport et que les dépens soient réservés.
L'Office fait valoir qu'il n'a pas suivi l'avis de la CCI dans la mesure où le dommage subi par Mme A ne résulte pas d'un accident médical ou d'une affection iatrogène, mais d'un échec thérapeutique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. Mme A a été opérée le 4 juin 2015 au centre hospitalier universitaire de Bordeaux pour la pose d'une prothèse totale du genou droit. En raison d'un descellement de la partie fémorale de la prothèse, elle a été réopérée le 9 août 2018 au centre hospitalier de Pau par le même chirurgien qui a procédé à un changement de l'implant fémoral et à un resurfaçage rotulien. Un nouveau descellement a rendu nécessaire une troisième opération réalisée au centre hospitalier universitaire de Toulouse le 26 juin 2019 et consistant en un changement de la prothèse remplacée par une prothèse hypoallergénique en raison d'une allergie de contact aux métaux révélée en février 2019. Mme A a saisi le 21 juin 2019 la commission de conciliation et d'indemnisation pour rechercher la responsabilité du CHU de Bordeaux et du centre hospitalier de Pau, sans mettre en cause le CHU de Toulouse. Dans le cadre de cette instance, une expertise a été confiée à un collège d'experts composé du docteur D B, chirurgien orthopédique et du docteur F C spécialisée en hygiène hospitalière. Les experts, qui ont déposé leur rapport le 29 décembre 2019, ont conclu que les dommages subis par Mme A sont en relation directe avec un descellement aseptique de l'implant fémoral constaté à deux reprises. Ils n'ont retenu aucun manquement dans les indications opératoires, la réalisation des interventions chirurgicales et le suivi post-opératoire réalisés au CHU de Bordeaux et au centre hospitalier de Pau et ont seulement relevé que le dossier médical de Mme A constitué au CHU de Bordeaux ne comportait pas l'information sur les risques encourus. En l'absence de consolidation de l'état de santé de la requérante, les experts n'ont pu déterminer que les préjudices temporaires avant consolidation à la date de leur expertise. Sur la base de ce rapport, La CCI a, dans son avis du 18 février 2021, considéré que Mme A avait été victime d'un accident médical non fautif indemnisable par l'Oniam au titre de la solidarité nationale et a invité cet organisme à lui proposer une indemnisation. Par une décision du 17 décembre 2021, l'Oniam a refusé de suivre l'avis de la CCI au motif que le dommage ne résulterait par d'un accident médical ou d'une affection iatrogène, mais d'un échec thérapeutique.
3. Dans les conditions ci-dessus décrites, Mme A saisit le tribunal administratif de Bordeaux d'une nouvelle demande expertise au contradictoire du CHU de Bordeaux, du centre hospitalier de Pau, du CHU de Toulouse et de l'Oniam, en présence de la caisse primaire d'assurance maladie des Pyrénées Atlantiques, afin de décrire l'ensemble des conditions dans lesquelles les interventions chirurgicales successives effectuées dans les trois hôpitaux ont été réalisées, de rechercher si l'obligation d'information a été respectée et si les diagnostics, soins et suivis post-opératoires ont été réalisés dans les règles de l'art, afin de déterminer les responsabilités encourues de fixer de manière définitive l'ensemble de ses préjudices.
4. Les conditions dans lesquelles Mme A a été prise en charge pour les deux premières opérations réalisées au sein du CHU de Bordeaux et du centre hospitalier de Pau ont déjà été décrites et analysées par le collège d'experts nommé par la CCI qui a conclu à l'absence de toute faute de ces deux établissements dans les indications opératoires, lors de la réalisation des interventions chirurgicales et pendant le suivi post-opératoire. Ils n'ont relevé à l'encontre du CHU de Bordeaux qu'un manquement à l'obligation d'information, à défaut de toute preuve dans le dossier médical de l'intéressée. La nouvelle demande d'expertise de Mme A en tant qu'elle porte sur l'ensemble de ces points ne revêt pas le caractère d'utilité exigé par les dispositions de l'article R. 532-1 cité au point 1 et doit être rejetée.
5. Mme A demande également que nouvelle expertise porte sur sa prise en charge par le CHU de Toulouse pour la troisième opération qu'elle a subie. Le collège d'experts désigné par la CCI n'a pas été chargé de cette mission concernant le CHU de Toulouse qui n'avait pas été appelé en la cause. La demande de la requérante, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues est, dans cette mesure utile. En outre, lors de la première expertise, et à défaut de disposer des résultats de l'ensemble des examens réalisés au CHU de Toulouse, les experts ont indiqué expressément ne pouvoir se prononcer au jour de leur examen sur la relation entre la positivité des tests d'allergie de Mme A, notamment au nickel, et les descellements de l'implant fémoral. La nouvelle expertise demandée sera utile en tant qu'elle permettra de répondre à cette question. Enfin, la demande d'expertise revêt également un caractère d'utilité en tant qu'elle permettra, si l'état de santé de la requérante s'y prête, de fixer la date de consolidation et de déterminer l'ensemble des préjudices subis par Mme A. En l'absence de toute infection de caractère nosocomiale, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de désignation d'un collège d'expert, mais de désigner un unique expert spécialisé en chirurgie orthopédique, lequel pourra toujours avoir recours, s'il l'estime utile, à un sapiteur avec l'autorisation de la présidente du tribunal.
Sur la mise hors de cause du CHU de Bordeaux et du centre hospitalier de Pau :
6. Si les conditions dans lesquelles Mme A a été prise en charge au sein du CHU de Bordeaux et du centre hospitalier de Pau ont déjà fait l'objet d'une expertise, leur participation à la présente expertise n'en est pas moins utile au regard du nouvel examen médical de la requérante qui sera réalisé et de la fixation des préjudices définitifs qu'elle a subis. Dès lors, et en l'état de l'instruction, il y a lieu de rejeter les demandes de mise hors de cause présentées par ces établissements.
Sur le dépôt d'un pré-rapport :
7. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions de l'ONIAM tendant à ce que l'expert communique un pré-rapport aux parties ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la charge des frais d'expertise :
8. Conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il n'appartient pas au juge des référés, mais au seul président de la juridiction administrative, lorsqu'il fixe les frais et honoraires définitifs de l'expertise, de désigner celle des parties qui devra s'en acquitter. Dès lors, les conclusions des défendeurs tendant à ce que les frais d'expertises soient mis à la charge de la requérante, sont prématurées et doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. En l'absence de partie perdante, les conclusions du centre hospitalier de Pau présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E
Article 1er : Le docteur D B est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de se faire communiquer tous documents relatifs aux examens, soins, interventions, traitements et reprises pratiqués sur Mme E A lors de sa prise en charge par le centre hospitalier universitaire de Toulouse le 26 juin 2019 à l'occasion du changement de la prothèse de genou droite ; recueillir toutes informations orales ou écrites des parties et de tout sachant ; procéder à l'examen de l'entier dossier médical de M. A ainsi qu'à son examen clinique ;
2°) de décrire l'état de santé antérieur à son admission au CHU de Toulouse et actuel de Mme A, les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge et soignée dans cet établissement ainsi que les séquelles dont elle serait atteinte ;
3°) de donner au tribunal tous les éléments lui permettant de déterminer le lien éventuel entre les séquelles présentées par Mme A et l'intervention qu'elle a subie au CHU de Toulouse ; préciser si les actes et soins pratiqués y ont été attentifs, diligents et conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science ; donner au tribunal tous les éléments lui permettant de déterminer si tout ou partie des séquelles présentées par Mme A sont liées à une erreur de diagnostic, à un retard de diagnostic ou de prise en charge, à une mauvaise réalisation de l'intervention chirurgicale, à une négligence, à l'état initial de Mme A, à l'évolution prévisible de cet état ou à toute autre cause extérieure ; en cas de cause plurifactorielle, préciser la part des séquelles imputables à chacune des causes éventuellement retenues ;
4°) de se prononcer sur la relation entre la positivité des tests d'allergie réalisés par Mme A, notamment au nickel, et les deux descellements de l'implant fémoral survenus après les opérations réalisées au CHU de Bordeaux et au centre hospitalier de Pau.
5°) de donner son avis sur le point de savoir si le ou les manquements éventuellement constatés au CHU de Toulouse ont fait perdre Mme A une chance sérieuse de guérison des lésions dont elle était atteinte ; donner son avis sur l'ampleur (pourcentage) de la chance perdue par Mme A de voir son état de santé s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader en raison de ces manquements ;
6°) de préciser, au cas où aucune raison ne permettait de penser que Mme A était exposé aux complications dont elle a été victime, si le risque en est connu et si la réalisation en est exceptionnelle en indiquant sa fréquence et en donnant des éléments de comparaison avec d'autres risques pouvant survenir lors de ce type de prise en charge ;
7°) de donner son avis sur le point de savoir si l'état de Mme A a été causé par un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale telle que définie à l'article L. 1142-1 du code de la santé publique et indiquer si, compte tenu de la chronologie des événements, Mme A a pu contracter cette affection iatrogène ou infection lors de son séjour au centre hospitalier universitaire de Toulouse, ou si elle a pour origine une cause extérieure et étrangère à cette hospitalisation ;
8°) de dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir si Mme A a été informée au CHU de Toulouse de la nature des opérations qu'elle allait subir, et des conséquences normalement prévisibles de cette intervention et si elle a été mise à même de formuler un consentement éclairé ; dans la négative, préciser si Mme A a subi une perte de chance de se soustraire au risque en refusant l'opération si elle en avait connu tous les dangers (pourcentage) ;
9°) de dire si l'état de Mme A a entraîné une incapacité permanente partielle résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
10°) d'indiquer à quelle date l'état de Mme A peut être considéré comme consolidé ; préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;
11°) de dire si l'état de Mme A est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
12°) de donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice psychologique) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ;
13°) de donner son avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constatée sur la vie personnelle et professionnelle de Mme A ;
14°) d'une manière générale donner tous éléments d'appréciation utiles à la détermination des préjudices subis par Mme A.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre Mme E A, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux, le centre hospitalier de Pau, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et la caisse primaire d'assurance maladie des Pyrénées Atlantique.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert qui communiquera aux parties un pré-rapport, s'il l'estime utile, avec un délai leur permettant de faire valoir leurs dires avant d'analyser leurs observations dans un rapport définitif, déposera le rapport définitif au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E A, au centre hospitalier universitaire de Toulouse, au centre hospitalier universitaire de Bordeaux, au centre hospitalier de Pau, à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse primaire d'assurance maladie des Pyrénées Atlantique et au docteur D B, expert.
Fait à Bordeaux, le 7 juin 2023.
La présidente,
Cécile MARILLER
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026