mardi 17 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300172 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL BOISSY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 13 et 16 janvier 2023, la société des eaux minérales d'Arcachon (SEMA), représenté par Selas Cazamajour et Urbanlaw, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au maire et à la commune d'Arcachon de modifier le marquage de chaussée sur le boulevard de la Côte d'Argent par une ligne discontinue ou des pointillés au droit des accès à l'usine dite des Abatilles de la SEMA autorisant les véhicules circulant sur le boulevard de la Côte d'Argent dans le sens nord-sud à tourner à Gauche ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Arcachon le versement d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'interdiction faite aux véhicules de tourner à gauche dans le sens Sud-Nord sur le Bd de la Côte d'Argent couplée avec l'absence d'aménagement permettant le demi-tour des poids-lourds au Nord de l'usine des Abatilles rend impossible la poursuite de l'activité de la SEMA ;
- cette interdiction, qui cause une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté du commerce et de l'industrie, à la liberté d'entreprendre, au droit de propriété et à la liberté d'accéder à la voie publique, doit être levée de toute urgence ;
- l'usine est située sur une portion du boulevard de la Côte d'Argent en quasi-ligne droite, avec une visibilité optimale dans les deux sens de circulation, en agglomération où la vitesse des véhicules est réduite à 50km/h maximum ;
- l'aménagement d'une ligne blanche continue sur plus d'un kilomètre sans aucune possibilité de franchissement au droit des accès de l'usine méconnaît tous les principes édictés par l'instruction interministérielle sur la signalisation routière ;
- cet aménagement ne vise qu'à bloquer l'exploitation de la SEMA en la privant de la possibilité de recevoir les matières premières nécessaires à son activité et de livrer les bouteilles d'eau minérale conditionnée sur le site ; il n'est nullement justifié par des objectifs de sécurité routière, l'axe n'étant pas accidentogène et aucun incident n'ayant eu lieu impliquant un camion accédant à l'usine des Abatilles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 janvier 2023, la commune d'Arcachon, représentée par la Sarl Boissy avocats et associés, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société requérante d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la condition d'urgence n'est pas justifiée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gioffré, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :
- Me Cazamajour, représentant la société requérante, qui confirme ses écritures et qui soutient en outre que les difficultés de fonctionnement générées par l'interdiction en litige deviennent insurmontables et risquent de compromettre la poursuite de son activité ;
- Me Sebert, représentant la commune d'Arcachon, qui confirme ses écritures, et qui fait également valoir que l'aménagement de la circulation a pour but de prévenir des accidents de la circulation en interdisant tout dépassement sur cette portion de route.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "
2. Il résulte de l'instruction que la commune d'Arcachon a procédé, le 20 décembre 2022, à la pose d'une ligne blanche continue de plus d'un kilomètre de long séparant les deux voies de circulation du boulevard de la Côte d'Argent notamment au niveau des trois entrées du site de la Société des Eaux Minérales d'Arcachon (SEMA). Cette ligne séparative interdit ainsi aux véhicules de livraison de cette dernière de tourner à gauche dans le sens sud - nord et d'entrer directement sur le site de l'entreprise, les contraignant à faire demi-tour sur un rond-point situé à quelques kilomètres de ces entrées.
3. Il résulte de l'instruction, et des débats de l'instance, que si la dangerosité de cette axe routier n'est pas particulièrement établie, si le demi-tour que doivent effectuer les poids-lourds sur un rond-point situé en zone urbaine présente également des inconvénients en terme de sécurité routière, si les contraintes exercées par l'interdiction de franchissement de voie sur l'activité de la société sont manifestes, il n'en demeure pas moins que la société requérante n'établit pour autant pas que cette situation présente à court terme un risque pour la poursuite de son activité, le demi-tour sur ledit rond-point n'étant pas impossible. De plus, tant la société que la commune ont accepté d'entrer dans une démarche de médiation dans d'autres instances actuellement pendantes devant le tribunal, lesquelles sont relatives aux conditions de circulation des poids-lourds en litige, médiation qui pourrait être l'occasion de convenir tant de mesures d'aménagement provisoire, que d'une concertation plus globale sur les aménagements routiers à réaliser pour permettre de concilier la poursuite de l'activité de la SEMA, qui est présente sur ce site depuis près de 100 ans et qui ne peut délocaliser son activité en raison de la présence de la source qu'elle exploite, que la sécurité routière sur le boulevard de la Côte d'Argent. Dans ces conditions, la condition d'urgence exigée par les dispositions citées au point 1 n'est pas remplie. La requête de la SEMA ne peut donc qu'être rejetée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée, et peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.
5. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de la SEMA dirigées contre la commune d'Arcachon qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de la SEMA au titre des frais exposés par la commune et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Société des Eaux Minérales d'Arcachon est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Arcachon en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la Société des Eaux Minérales d'Arcachon et à la commune d'Arcachon.
Fait à Bordeaux, le 17 janvier 2023.
Le juge des référés,
Ph. A
La greffière,
C. GIOFFRE
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026