mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300645 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge social |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2300645 le 3 février 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 12 décembre 2022 par laquelle le directeur de la mutualité sociale agricole Dordogne, Lot-et-Garonne lui a accordé une remise gracieuse partielle à hauteur de 415,29 euros de sa dette concernant un indu de prime d'activité d'un montant de 1 661,16 euros pour la période du 1er octobre 2021 au 30 juin 2022, en tant qu'il ne lui a pas été accordé une remise totale de sa dette.
Il soutient qu'il est de bonne foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2023, la caisse de mutualité sociale agricole Dordogne, Lot-et-Garonne, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2301126 le 6 mars 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 12 décembre 2022 par laquelle le directeur de la mutualité sociale agricole Dordogne, Lot-et-Garonne lui a accordé une remise gracieuse partielle à hauteur de 415,29 euros de sa dette concernant un indu de prime d'activité d'un montant de 1 661,16 euros pour la période du 1er octobre 2021 au 30 juin 2022, en tant qu'il ne lui a pas été accordé une remise totale de sa dette.
Il soutient qu'il est de bonne foi.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
* le code de la sécurité sociale ;
* le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Naud, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Naud, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né en 1986, est bénéficiaire de la prime d'activité. Le 30 août 2022, un indu d'un montant de 1 661,16 euros lui a été réclamé pour la période du 1er octobre 2021 au 30 juin 2022. Le 12 septembre 2022, il a formé une réclamation. Le 12 décembre 2022, le directeur de la mutualité sociale agricole Dordogne, Lot-et-Garonne lui a accordé une remise partielle à hauteur de 415,29 euros. Par deux requêtes enregistrées sous le n° 2300645 et le n° 2301126, M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision en tant qu'il ne lui a pas été accordé une remise totale de sa dette.
2. Les requêtes n° 2300645 et n° 2301126 sont dirigées contre la même décision et concernent la situation d'un même allocataire. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
3. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. / () ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
5. D'une part, il résulte de l'instruction que l'indu réclamé à M. A a pour origine l'information transmise par la caisse d'allocations familiales concernant son fils C, né en 2011, à la charge de sa mère à compter du 1er septembre 2021. Le requérant a ensuite effectué une déclaration de changement de situation concomitamment avec la mère de l'enfant le 23 mars 2022. Dès lors et en l'absence de volonté manifeste de tromper l'administration, aucune manœuvre frauduleuse ou fausse déclaration ne saurait être retenue à l'encontre du requérant, qui s'avère de bonne foi.
6. Mais d'autre part, il n'est pas établi que le remboursement par M. A du reliquat de sa dette serait susceptible de compromettre durablement l'équilibre de son budget et de menacer la satisfaction des besoins élémentaires de son foyer, en l'absence de justificatifs quant à ses ressources et ses charges. Dans ces conditions, le directeur de la mutualité sociale agricole a pu à bon droit estimer que la situation de précarité du requérant justifie seulement que lui soit accordée la remise gracieuse partielle de sa dette à hauteur de 415,29 euros.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du directeur de la mutualité sociale agricole Dordogne, Lot-et-Garonne en date du 12 décembre 2022.
DÉCIDE :
Article 1er : Les requêtes n° 2300645 et n° 2301126 de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités. Copie en sera adressée à la mutualité sociale agricole Dordogne, Lot-et-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
G. NAUD
La greffière,
C. AHIN
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière, -2301126
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