mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300646 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge social |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 février 2023, et un mémoire en production de pièces, enregistré le 15 février 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 4 novembre 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Lot-et-Garonne a refusé de lui accorder la remise gracieuse de sa dette concernant un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3 733,65 euros pour la période du 1er juin 2020 au 28 février 2022.
Elle soutient que :
* elle est de bonne foi ;
* sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le département de Lot-et-Garonne, représenté par la présidente du conseil départemental, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de l'action sociale et des familles ;
* le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Naud, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Naud, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née en 1965, est bénéficiaire du revenu de solidarité active et de la prime d'activité. Le 28 mars 2022, un indu d'un montant global de 3 788,94 euros lui a été réclamé, incluant un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3 733,65 euros pour la période du 1er juin 2020 au 28 février 2022. Le 9 avril 2022, elle a sollicité la remise gracieuse de sa dette. Le 4 novembre 2022, la présidente du conseil départemental de Lot-et-Garonne lui a opposé un refus. Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. / () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
4. D'une part, il résulte de l'instruction que l'indu réclamé à Mme B a pour origine l'attribution de l'allocation aux adultes handicapés à titre personnel à sa fille qui a atteint l'âge de 20 ans en 2018, ce qui faisait obstacle à ce que celle-ci soit considérée comme étant encore à la charge de la requérante. Dès lors et en l'absence de volonté manifeste de tromper l'administration, aucune manœuvre frauduleuse ou fausse déclaration ne saurait être retenue à l'encontre de la requérante, qui s'avère de bonne foi.
5. D'autre part, il résulte de l'instruction que si elle est propriétaire de son logement, Mme B a pour seules ressources une pension de vieillesse à hauteur de 272 euros par mois et le revenu de solidarité active à hauteur de 262,82 euros par mois, ainsi qu'un dédommagement pour la prise en charge de sa fille handicapée, accueillie pendant la journée dans un établissement spécialisé, à hauteur de 1 113,75 euros par mois. Au titre de ses charges, outre des dépenses courantes d'eau, d'énergie et d'assurance, elle justifie d'échéances mensuelles de remboursement d'un crédit à la consommation d'un montant de 188,58 euros. Mme B est dans l'incapacité de rembourser sa dette sans que cela ne compromette durablement l'équilibre de son budget et ne menace la satisfaction des besoins élémentaires de son foyer. Dans ces conditions, sa situation de précarité justifie que lui soit accordée la remise gracieuse totale de sa dette.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision de la présidente du conseil départemental de Lot-et-Garonne en date du 4 novembre 2022.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision de la présidente du conseil départemental de Lot-et-Garonne en date du 4 novembre 2022 est annulée.
Article 2 : Il est accordé à Mme B une remise totale de sa dette d'un montant de 3 733,65 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er juin 2020 au 28 février 2022.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de Lot-et-Garonne. Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de Lot-et-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
G. NAUD
La greffière,
C. AHIN
La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026