jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300681 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ROUVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 février 2023 et le 21 septembre 2023, la société Evollis, représentée par Me Rouve, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice du crédit d'impôt innovation prévu par l'article 244 quater B du code général des impôts à hauteur de 80 000 euros à raison des dépenses engagées à ce titre au cours de l'année 2020 ;
2°) d'ordonner la restitution de cette somme avec intérêts ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les dépenses qu'elle a engagées en vue du développement d'un parcours de souscription digitale de type " click and collect " pour son partenaire Micromania sont éligibles au bénéfice de ce crédit d'impôt.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 août 2023 et le 10 novembre 2023, le directeur régional des finances publiques de Nouvelle Aquitaine et du département de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public,
- et les observations de Me Rouve, représentant la société Evollis.
Considérant ce qui suit :
1. La société Evollis exerce une activité consistant en la création, la conception, la réalisation de sites internet et de plateformes d'intermédiation depuis le 21 février 2011. Depuis le 15 juin 2016, elle exerce également des activités d'intermédiation en assurance et de location, achat et vente de biens d'équipements auprès de professionnels ou de particuliers. A cette fin, elle a développé une plateforme dématérialisée hébergeant des offres de location de produits avec option d'achat émises par des prestataires qui lui sont affiliés, et proposant des financements par divers organismes bancaires, à laquelle elle apporte chaque année des améliorations. Le 17 juin 2021, et sur le fondement des dispositions de l'article 244 quater B du code général des impôts, elle a sollicité le remboursement d'un crédit d'impôt recherche à hauteur de 90 994 euros, et d'un crédit d'impôt innovation de 80 000 euros à raison de dépenses exposées à l'occasion du développement d'un parcours de souscription hybride de location longue durée de biens d'équipement, de type " click and collect ", permettant au consommateur de pré-remplir son contrat de location de manière autonome, puis de finaliser sa commande en magasin et d'y récupérer son produit, limitant ainsi le temps passé en magasin. Le 20 octobre 2022, la société a renoncé à sa demande de crédit d'impôt recherche, mais a maintenu sa demande de crédit d'impôt innovation. Par décision du 14 décembre 2022, l'administration a rejeté cette demande. La société Evollis demande au tribunal de lui accorder le bénéfice de ce crédit d'impôt.
Sur l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 244 quater B du code général des impôts : " I. - Les entreprises industrielles et commerciales ou agricoles imposées d'après leur bénéfice réel () peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des dépenses de recherche qu'elles exposent au cours de l'année. Le taux du crédit d'impôt est de 30 % pour la fraction des dépenses de recherche inférieure ou égale à 100 millions d'euros () Pour les dépenses mentionnées au k du II, le taux du crédit d'impôt est de 20 %. () II. - Les dépenses de recherche ouvrant droit au crédit d'impôt sont : () k) Jusqu'au 31 décembre 2022, les dépenses exposées par les entreprises qui satisfont à la définition des micro, petites et moyennes entreprises donnée à l'annexe I au règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d'aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité et définies comme suit : 1° Les dotations aux amortissements des immobilisations créées ou acquises à l'état neuf et affectées directement à la réalisation d'opérations de conception de prototypes ou installations pilotes de nouveaux produits autres que les prototypes et installations pilotes mentionnés au a ; 2° Les dépenses de personnel directement et exclusivement affecté à la réalisation des opérations mentionnées au 1° ; 3° Les autres dépenses de fonctionnement exposées à raison des opérations mentionnées au 1° ; ces dépenses sont fixées forfaitairement à la somme de 75 % des dotations aux amortissements mentionnées au 1° et de 43 % des dépenses de personnel mentionnées au 2° ; 4° Les dotations aux amortissements, les frais de prise et de maintenance de brevets et de certificats d'obtention végétale ainsi que les frais de dépôt de dessins et modèles relatifs aux opérations mentionnées au 1° ; 5° Les frais de défense de brevets, de certificats d'obtention végétale, de dessins et modèles relatifs aux opérations mentionnées au 1° ; 6° Les dépenses exposées pour la réalisation d'opérations mentionnées au 1° confiées à des entreprises ou des bureaux d'études et d'ingénierie agréés selon des modalités prévues par décret. Les dépenses mentionnées aux 1° à 6° entrent dans la base de calcul du crédit d'impôt recherche dans la limite globale de 400 000 € par an. Pour l'application du présent k, est considéré comme nouveau produit un bien corporel ou incorporel qui satisfait aux deux conditions cumulatives suivantes : - il n'est pas encore mis à disposition sur le marché ; - il se distingue des produits existants ou précédents par des performances supérieures sur le plan technique, de l'écoconception, de l'ergonomie ou de ses fonctionnalités. Le prototype ou l'installation pilote d'un nouveau produit est un bien qui n'est pas destiné à être mis sur le marché mais à être utilisé comme modèle pour la réalisation d'un nouveau produit. () ".
3. Il appartient au juge de l'impôt de constater, au vu de l'instruction dont le litige qui lui est soumis a fait l'objet, qu'une entreprise remplit ou non les conditions lui permettant de se prévaloir de l'avantage fiscal institué par l'article 244 quater B du code général des impôts.
4. L'administration a rejeté la demande tendant au bénéfice du crédit d'impôt innovation présentée par la société requérante au motif que son projet consistait en une simple adaptation personnalisée et sur mesure de sa plateforme existante, après avoir relevé que cette société n'avait fait état d'aucun indicateur d'innovation dans sa demande et que le bénéfice de ce crédit d'impôt lui avait déjà été refusé pour les évolutions présentées au titre des années 2016, 2017 et 2018.
5. Il ne résulte pas de l'instruction que l'ajout à la plateforme dématérialisée de souscription de contrats de location longue durée de biens d'équipement exploitée par la société requérante, d'un parcours de souscription hybride de type " click and collect " ou " click now - sign later ", au surplus développé au bénéfice d'une seule de ses entreprises affiliées, doterait cette plateforme de performances supérieures sur le plan technique ou de ses fonctionnalités au sens des dispositions citées au point 3, qui ne s'appliquent pas à de simples innovations commerciales. Il s'ensuit que l'administration a pu légalement estimer que le projet qui lui a été présenté au titre de l'année 2020 ne présentait pas de caractère innovant, la circonstance qu'un tel caractère ait été reconnu au projet de l'année précédente, dont les caractéristiques techniques ne sont au demeurant pas précisées, étant sans incidence.
Sur l'interprétation de la loi fiscale :
6. D'une part, la société Evollis, qui n'a pas fait l'objet d'un rehaussement d'imposition primitive, ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations de la documentation référencée BOI-BIC-RICI-10-10-45-10 du 2 mars 2016.
7. D'autre part, le dégrèvement prononcé par l'administration le 30 septembre 2021, qui ne comporte aucune motivation, ne peut être regardé comme une interprétation formelle de la loi fiscale au sens de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.
8. Enfin, il ne résulte nullement du compte-rendu de l'interlocution départementale, faisant suite à la remise en cause du bénéfice des crédits d'impôt recherche et innovation accordés à la société requérante au titre des années 2017 et 2018, que l'administration aurait à un quelconque moment admis les arguments de cette dernière, et que ceux-ci lui seraient devenus opposables.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la société Evollis n'est pas fondée à demander le bénéfice du crédit d'impôt innovation à raison de dépenses engagées au titre de l'année 2020. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la société Evollis est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Evollis et au directeur régional des finances publiques de Nouvelle Aquitaine et du département de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme B et Mme A, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
La rapporteure,
E. B
Le président,
D. FERRARI Le greffier,
Y. JAMEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026