mardi 21 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300808 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge social |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 février 2023, et un mémoire, enregistré le 8 janvier 2025, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 3 février 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne lui a accordé une remise gracieuse partielle à hauteur de 842,50 euros de sa dette concernant un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 1 685 euros pour la période du 1er janvier au 30 novembre 2022, en tant qu'il ne lui a pas été accordé une remise totale de sa dette.
Elle soutient que :
* elle est de bonne foi ;
* sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par une lettre du 22 février 2023, le tribunal a demandé à Mme A la communication de pièces justificatives concernant ses ressources et ses charges.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2025, la caisse d'allocations familiales de la Dordogne, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de la construction et de l'habitation ;
* le code de la sécurité sociale ;
* le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Naud, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Naud, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née en 1969, était bénéficiaire de l'allocation de logement familiale. Le 18 décembre 2022, un indu d'un montant de 1 685 euros lui a été réclamé pour la période du 1er janvier au 30 novembre 2022. Le 30 décembre 2022, elle a sollicité la remise gracieuse de sa dette. Le 3 février 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne lui a accordé une remise partielle à hauteur de 842,50 euros. Mme A demande au tribunal l'annulation de cette décision en tant qu'il ne lui a pas été accordé une remise totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. / () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. D'une part, Mme A reconnaît que l'indu qui lui a été réclamé a pour origine une erreur de sa part dans ses déclarations de ressources concernant la pension alimentaire qui lui a été versée. Le caractère intentionnel d'une telle erreur n'est pas établi. Dès lors, aucune manœuvre frauduleuse ou fausse déclaration ne saurait être retenue à l'encontre de la requérante, qui s'avère de bonne foi.
5. D'autre part, Mme A prétend qu'elle rencontre des difficultés financières, alors qu'elle est au chômage total depuis le 26 octobre 2023, qu'elle est divorcée et élève seule ses deux enfants âgés de 24 et 22 ans qui effectuent des études supérieures dans une autre ville, que son loyer est de 600 euros, que ses dépenses courantes s'élèvent à 150 euros pour les frais d'énergie, à 160 euros pour les frais de mutuelle, à 70 euros pour les frais d'assurances, à 50 euros pour les frais de téléphonie, à 15 euros pour les frais bancaires, à 50 euros pour les frais d'eau, outre la nourriture et l'essence, et qu'elle a souffert de quatre cancers ces dix dernières années. Toutefois, alors que le tribunal lui a adressé une demande de pièces complémentaires concernant ses ressources et ses charges le 22 février 2023, elle se borne à justifier de son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi depuis le 26 octobre 2023 et de la perception de l'allocation d'aide au retour à l'emploi en 2024, ainsi que de sa prise en charge en 2016 par l'assurance maladie pour une affection de longue durée. Dans ces conditions et en l'état de l'instruction, il n'est pas établi que le remboursement par Mme A du reliquat de sa dette serait susceptible de compromettre durablement l'équilibre de son budget et de menacer la satisfaction des besoins élémentaires de son foyer. Par suite, le directeur de la caisse d'allocations familiales a pu à bon droit estimer que sa situation de précarité justifie seulement que lui soit accordée la remise gracieuse partielle de sa dette à hauteur de 50 %, soit 842,50 euros.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne en date du 3 février 2023.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre chargée du logement. Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Dordogne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
G. NAUD
La greffière,
P. GAULON
La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026