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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2301073

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2301073

mercredi 31 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2301073
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge social

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 février 2023, Mme C A et M. B A demandent au tribunal d'annuler la décision du président de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de Lot-et-Garonne en date du 14 février 2023 portant rejet du recours administratif préalable obligatoire par lequel Mme A a contesté le bien-fondé de l'indu de prime d'activité d'un montant de 259,20 euros qui lui a été réclamé pour la période du 1er avril 2021 au 31 mars 2022.

Ils soutiennent que :

* ils remplissaient les conditions pour bénéficier de l'allocation en cause ;

* ils ont correctement déclaré les salaires de M. A et ils ont droit à l'erreur.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2023, la caisse d'allocations familiales de Lot-et-Garonne, représentée par sa directrice, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

* le code des relations entre le public et l'administration ;

* le code de la sécurité sociale ;

* le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Naud, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Naud, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, née en 1969, qui est mariée à M. A, né en 1966, est bénéficiaire de la prime d'activité. Le 2 janvier 2023, un indu d'un montant de 259,20 euros lui a été réclamé pour la période du 1er avril 2021 au 31 mars 2022. Le 18 janvier 2023, elle a formé un recours administratif préalable obligatoire, qui a été rejeté le 14 février 2023 par le président de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de Lot-et-Garonne. M. et Mme A demandent au tribunal l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. / () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / () ". Aux termes de l'article R. 843-1 du même code : " I. Le montant dû au foyer bénéficiaire de la prime d'activité est égal à la moyenne des primes calculées conformément à l'article L. 842-3 pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. / () / III. Pour chacun des trois mois mentionnés au I, les ressources prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont celles perçues au cours du mois considéré. () ". Aux termes de l'article R. 844-1 du même code alors en vigueur : " Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 1° de l'article L. 842-4 : / 1° L'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée () ".

3. Il résulte de l'instruction que Mme A a fait état dans ses déclarations trimestrielles de ressources des traitements perçus par son mari en 2021 à hauteur de 1 519 euros au mois de janvier, de 1 405 euros au mois de février, de 1 404 euros au mois de mars, de 2 180 euros au mois d'avril, de 1 516 euros au mois de mai, de 2 421 euros au mois de juin, de 1 391 euros au mois de juillet, de 1 517 euros au mois d'août, de 1 391 euros au mois de septembre, de 1 395 euros au mois d'octobre, de 2 872 euros au mois de novembre et de 1 506 euros au mois de décembre, soit au total 20 517 euros. Or, l'administration fiscale a retenu un salaire annuel de 23 792 euros. Il ressort pourtant des bulletins de paie de M. A qu'il a perçu un traitement "net à payer avant impôt" de 1 519,75 euros au mois de janvier, de 1 405,95 euros au mois de février, de 1 404 euros au mois de mars, de 2 180,39 euros au mois d'avril, de 1 516,08 euros au mois de mai, de 2 421,12 euros au mois de juin, de 1 391,47 euros au mois de juillet, de 1 517,74 euros au mois d'août, de 1 391,47 euros au mois de septembre, de 1 395,64 euros au mois d'octobre, de 2 872,94 euros au mois de novembre et de 1 506,47 euros au mois de décembre. Il suit de là que Mme A a correctement déclaré les traitements "nets à payer avant impôt" de son mari, arrondis à l'entier inférieur.

4. En défense, la caisse d'allocations familiales fait valoir qu'après étude des bulletins de paie de l'année 2021 de M. A, " une différence est toujours observée entre le net imposable des bulletins de salaire de l'année 2021 (23 063 €) et le net imposable transmis par les impôts (23 792 €) ". La commission de recours amiable a de même estimé que " après vérification des bulletins de salaire un écart de 728 euros est encore présent par rapport à l'avis d'imposition transmis par l'administration fiscale ". Toutefois, s'il ressort du bulletin de paie du mois de décembre 2021 que le "net imposable" pour l'ensemble de l'année 2021 s'élève en effet à 23 063,98 euros, il s'agit de l'addition des sommes perçues les douze mois de 2021 correspondant au montant "base PAS" (prélèvement à la source) et pas au montant "net à payer avant impôt". Pour ce qui est de la somme de 23 792 euros retenue par l'administration fiscale, il n'est fourni aucune justification permettant d'expliquer la différence avec les traitements effectivement perçus. Dans ces conditions et alors qu'il n'est pas démontré que M. A aurait eu d'autres ressources à prendre en compte pour le calcul de la prime d'activité, au sens du III de l'article R. 843-1 du code de la sécurité sociale, que ses traitements résultant des bulletins de paie précités, il n'est pas établi qu'au lieu de la somme de 20 517 euros déclarée par Mme A au titre des revenus perçus par son mari en 2021, il y avait lieu de retenir celle de 23 063 euros, ou encore celle de 23 792 euros.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A sont fondés à demander l'annulation de la décision du président de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de Lot-et-Garonne en date du 14 février 2023.

DÉCIDE :

Article 1er : La décision du président de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de Lot-et-Garonne en date du 14 février 2023 est annulée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et M. B A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités. Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de Lot-et-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

G. NAUD

La greffière,

C. AHIN

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

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