mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2301093 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | JU-1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mars 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 11 février 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré trois points sur le capital de son permis de conduire.
Il soutient que
- son véhicule a été vendu le 18 juillet 2022 à une autre personne qui est l'auteur de l'infraction ;
- il ne peut pas faire l'objet du retrait de points dès lors qu'il a formé une contestation le 19 août 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de l'imputabilité de l'infraction est porté devant une juridiction incompétente ;
- aucun des autres moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Cornevaux a été entendu au cours de l'audience publique
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été destinataire d'une décision du 11 février 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé du retrait de trois points sur son permis de conduire pour une infraction commise le 20 juillet 2022. Par la présente requête, l'intéressé demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
3. Il résulte des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que, pour les infractions dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat, le contrevenant peut, dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention, soit acquitter une amende forfaitaire et éteindre ainsi l'action publique, soit présenter une requête en exonération. Lorsque le destinataire d'un avis de contravention choisit d'éteindre l'action publique par le paiement de l'amende forfaitaire, il résulte des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route que ce paiement établit la réalité de l'infraction et entraîne la réduction de plein droit du nombre de points dont est affecté le permis de conduire de l'intéressé. Par suite, celui-ci ne peut utilement soutenir devant le juge administratif, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision de retrait de points, qu'il n'est pas le véritable auteur de l'infraction réalisée à Léognan le 20 juillet 2022 à 18h40.
4. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code la route et des articles 529 et suivants du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention, ou, en cas d'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation de ce titre.
5. Il résulte de l'instruction que M. B démontre avoir présenté une requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours de l'infraction constatée le 20 juillet 2022 en produisant une capture d'écran de son dossier, attestant qu'il a présenté sa requête le 19 août 2022. Par suite, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 11 février 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré trois points sur le capital de son permis de conduire.
6. Il résulte de tout ce qui précède la décision du 11 février 2023 doit être annulée.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de retrait de point du 11 février 2023 suite à l'infraction du 20 juillet 2022 est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.
Le président du tribunal,
G. CORNEVAUX
La greffière,
I. MONTANGON
La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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