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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2301193

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2301193

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2301193
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. A B contestant la décision "48 SI" du 12 mai 2022 constatant l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul. Le tribunal a jugé la requête manifestement irrecevable car tardive, en application des articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative. Il a estimé que la décision avait été régulièrement notifiée le 13 juin 2022 par pli recommandé, et que le recours introduit le 9 mars 2023 dépassait le délai de deux mois.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 mars 2023, M. C A B, représenté par Me Ledoux, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 12 mai 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A B soutient que :

- la décision a été signée par une autorité incompétente ;

- la décision n'a pas été notifiée en recommandé avec accusé de réception ;

- il n'a pas bénéficié des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion des infractions litigieuses ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés par le requérant ne sont fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à compter de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ()". Et aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

2. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de l'action introduite devant un tribunal administratif, d'établir que l'intéressé a régulièrement reçu notification de la décision. En cas de retour à l'administration du pli contenant la décision, cette preuve peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal, conformément à la réglementation en vigueur, d'un avis d'instance prévenant le destinataire de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste.

3. Il ressort de l'instruction que le pli recommandé contenant la décision référencée " 48 SI " attaquée du 12 mai 2022 a été expédié à l'adresse de M. A B et mentionne qu'il a été distribué le 13 juin 2022. Dès lors, c'est à tort que M. A B soutient que la décision contestée lui a été notifiée par envoi simple et ne lui est donc pas opposable. La notification de la décision " 48 SI " en litige, qui comportait au verso la mention des voies et délais de recours, est donc intervenue le 13 juin 2022. Or, la requête de M. A B tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " attaquée n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif que le 9 mars 2023, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois ayant couru à compter du 13 juin 2022. Ainsi, la requête de M. A B est entachée d'une irrecevabilité manifeste insusceptible de régularisation. Pour ce motif, il y a lieu de la rejeter en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Bordeaux, le 5 décembre 2024

Le président du tribunal,

G. CORNEVAUX

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

No 2301193

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