mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2301260 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge social |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2023, Mme A et M. B demandent au tribunal d'ordonner au préfet de la Gironde de leur attribuer un logement de type T2/T3 répondant à leurs besoins et capacités conformément à la décision de la commission de médiation de la Gironde du 29 juin 2022 qui a reconnu leur situation prioritaire sur le fondement du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
Ils soutiennent qu'ils ont été expulsés de leur logement et qu'aucune proposition de logement ne leur a été faite alors qu'ils sont contraints de vivre à l'hôtel et que M. B ne perçoit que le revenu de solidarité active.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le 12 avril 2023, le bailleur Domofrance a proposé aux intéressés un logement T2 situé à Bordeaux et qu'en conséquence l'Etat est délié de son obligation de relogement.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'habitation et de la construction ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les litiges concernant la garantie du droit au logement prévue par l'article prévue par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Selon le II de ce même article, sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, () ". Aux termes de l'article L. 441-2-3-1 du même code : " I.- Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. () ". Aux termes de l'article R. 441-16-1 du même code : " A compter du 1er décembre 2008, le recours devant la juridiction administrative prévu au I de l'article L. 441-2-3-1 peut être introduit par le demandeur qui n'a pas reçu d'offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités passé un délai de trois mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence. Dans les départements d'outre-mer et dans les départements comportant au moins une agglomération, ou une partie d'une agglomération, de plus de 300 000 habitants, ce délai est de six mois ".
2. Ces dispositions fixent une obligation de résultat pour l'Etat, désigné comme garant du droit au logement opposable reconnu par le législateur. Elles font obligation au juge d'adresser au préfet l'injonction qu'elles prévoient, dès lors qu'il constate qu'une demande de logement a été reconnue comme prioritaire et devant être satisfaite d'urgence par la commission sans que n'ait été offert un logement tenant compte des besoins et capacités du demandeur tels que définis par la commission.
3. Par une décision du 29 juin 2022, la commission de médiation prévue par les dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation compétente pour le département de la Gironde a reconnu Mme A comme étant prioritaire et devant bénéficier d'urgence d'un logement de type T2/T3. Par lettre du 31 mars 2023, le préfet de la Gironde a mis en demeure le bailleur Domofrance, qu'il avait précédemment désigné, d'attribuer sans délai le premier logement libre T2/T3 à Mme A et qu'à défaut il prendrait un arrêté d'attribution d'office. Par courrier du 12 mars 2023, le bailleur a proposé à Mme A un logement de deux pièces d'une surface habitable de 40,04 m2 situé dans le quartier des Bassins à flot à Bordeaux avec un loyer de 274,29 euros pour elle-même et sa famille. Il était demandé à la requérante de prendre contact avec le bailleur pour visiter le logement et qu'au-delà d'un délai de dix jours, il serait considéré qu'elle n'était pas intéressée par ce logement, ce refus étant susceptible de lui faire perdre le bénéfice de la décision de la commission de médiation. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme A a répondu à cette proposition et elle n'a pas davantage indiqué que ce logement ne répondrait pas à ses besoins et capacités. Il en résulte que cette proposition étant conforme à la décision de la commission de médiation, l'Etat est délié de son obligation de résultat. Il suit de là que les conclusions de Mme A et M. B tendant à demander au tribunal d'enjoindre au préfet de la Gironde de leur attribuer un logement de type T2/T3 répondant à leurs besoins et capacités doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A et M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et M. B ainsi qu'au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie sera adressée au préfet de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
La magistrate désignée,
P. CLa greffière,
C. AHIN
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
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Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
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Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026