lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2301518 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mars 2023, Mme A C, représentée par Me Payet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour et ce, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme C soutient que :
- de nationalité brésilienne, elle bénéficie, depuis 1993, de cartes de résident qui lui ont été systématiquement renouvelées ;
- sa dernier carte de résident arrivant à expiration le 14 mars 2023, elle en a sollicité le renouvellement par courrier du 13 janvier 2023 et, en l'absence de réponse, a procédé à plusieurs relances de sa demande, en vain ;
- le courrier du 14 mars 2023 de son conseil aux services de la préfecture de la Gironde aux fins de remise d'un récépissé est également resté sans réponse ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que, son employeur lui ayant fait connaître à deux reprises son intention de mettre fin à son contrat de travail à défaut de présentation d'un récépissé en cours de validité, elle risque de perdre son emploi alors qu'elle élève seule sa fille étudiante ;
- le refus de délivrance d'un récépissé, en violation de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit au travail garanti par l'article 15 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, ainsi qu'à la liberté d'aller et venir, principe de valeur constitutionnelle et protégé par tant l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que par l'article 2 du protocole additionnel n° 4 à cette convention.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2023, le préfet de la Gironde conclut au non-lieu à statuer dès lors qu'il a mis en fabrication la carte de résident délivrée à Mme C valable du 27 février 2023 au 26 février 2033.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gioffré, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu Me Payet pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme C a demandé au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler.
2. Toutefois, en cours d'instance, le préfet a donné son accord au renouvellement du titre de séjour de Mme C et a mis en fabrication la carte de valable du 27 février 2023 au 26 février 2033. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de Mme C.
Sur les frais d'instance :
3. Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il doit être statué en urgence, et à la demande d'aide juridictionnelle formée par Mme Mme C, sur laquelle il n'a pas encore été statué à la date de la présente ordonnance, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de cette dernière au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
4. Dès lors que Mme C est, par la présente ordonnance, admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Payet renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à ce conseil de la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à Mme C.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme C tendant à ce qu'il soit enjoint à ce préfet de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Payet renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Payet, avocat de Mme C, une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à Mme C.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 27 mars 2023.
La juge des référés,
F. B La greffière,
C. GIOFFRE
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière
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