vendredi 8 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2301637 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL JURICA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mars 2023, M. B A, représenté par Me Caroline Pechier, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des articles R. 532-1 et R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de désigner un expert aux fins de de déterminer la nature et l'étendue des séquelles dont il demeure atteint en relation directe et certaine avec sa chute en vélo survenue le 12 octobre 2021 sur la route départementale n° 130 E en raison d'une bosse non signalée et d'évaluer les préjudices qu'il a subis, en lien direct avec cet accident.
2°) de condamner le département de la Gironde à lui verser une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient qu'il a été gravement blessé à la suite d'une chute alors qu'il circulait à vélo sur la route départementale 130 E au lieu-dit les Guinots sur le territoire de la commune de Flaujagues en raison de la présence d'une bosse importante non signalée.
La requête a été communiquée au département de la Gironde et à la Mutualité Sociale Agricole des Charentes de qui n'ont pas produit de mémoire
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins d'expertise :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".
2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. Il résulte de l'instruction que, le 12 octobre 2021, M. A a fait une chute alors qu'il circulait en vélo sur le territoire de la commune de Flaujagues au lieu-dit les Guinots, sur la route départementale n° 130 E en raison d'une bosse importante. Le requérant, gravement blessé lors de cet accident, qui estime que le département de la Gironde est responsable de sa chute à défaut d'avoir correctement entretenu la route ou signalé le danger, demande au juge des référés de prescrire une expertise aux fins de déterminer la nature et l'étendue des séquelles dont il demeure atteint en relation directe et certaine avec sa chute et d'évaluer les éventuels préjudices qu'il a subis. Par suite, la mesure d'expertise médicale sollicitée, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, est utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les frais liés à l'instance :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Le docteur C D est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de convoquer les parties ;
2°) de se faire communiquer tous documents relatifs aux examens, soins, interventions et traitements pratiqués sur M. A suite à sa chute du 12 octobre 2021 ; recueillir toutes informations orales ou écrites des parties et de tout sachant ; procéder à l'examen du dossier médical de M. A ainsi qu'éventuellement, à son examen clinique ;
3°) de décrire l'état de santé de M. A ainsi que les séquelles dont il serait atteint ;
4°) de déterminer le lien éventuel entre les séquelles présentées par M. A et sa chute survenue le 12 octobre 2021 ;
5°) de dire si les lésions constatées ont entraîné des déficits fonctionnels temporaires et en préciser le ou les taux et la ou les durées ; préciser la part des déficits imputables de manière directe et certaine à la chute dont M. A a été victime, en excluant toute cause résultant de son état antérieur ;
6°) d'indiquer à quelle date l'état de M. A peut être considéré comme consolidé ; préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable à la chute de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;
7°) de donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes tels que souffrances endurées, préjudice moral, préjudice d'agrément, préjudice esthétique, dépenses de santé futures, assistance éventuelle d'une tierce personne, frais de logement et/ou de véhicule adapté, préjudices permanents exceptionnels, et en évaluer l'importance en distinguant la part imputable au manquement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie ;
8°) de donner son avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constatée sur la vie personnelle actuelle et future de M. A.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre M. A, le département de la Gironde et la Mutualité Sociale Agricole des Charentes.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle la présidente du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au département de la Gironde, à la Mutualité Sociale Agricole des Charentes et au docteur C D, expert.
Fait à Bordeaux, le 8 septembre 2023.
La juge des référés,
C. MARILLER
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026