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Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2301693

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2301693
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme B, enseignante contractuelle, qui contestait un titre de perception de 2 936,79 euros émis pour un indu de rémunération. La requérante soutenait que le montant réclamé était supérieur au trop-perçu initial de 1 318,50 euros et que les sommes n'étaient pas justifiées. Le tribunal a estimé que le titre exécutoire correspondait à plusieurs reliquats d'indu de traitement, d'indemnités journalières, d'heures supplémentaires et d'une journée de carence, pour un total dû de 3 141,60 euros, et que Mme B ne contestait pas sérieusement être redevable de ces sommes. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation et de décharge, sans application de texte spécifique autre que le code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 mars 2023, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre de perception émis le 10 mai 2022 par la direction générale des finances publiques au titre d'un indu de rémunération issu de la paie de septembre 2021, d'un montant de 2 936,79 euros ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer les sommes correspondantes.

Elle soutient que :

- le montant de 2 936,79 euros sollicité est supérieur au trop-perçu de 1 318,50 euros résultant d'un rappel de paie du mois de juin 2021, alors que l'administration a déjà retenu 1 633,83 euros sur ses salaires.

- les montants en cause n'ont jamais été justifiés.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2024, le directeur régional des finances publiques d'Aquitaine et de la Gironde conclut à la compétence du Rectorat de Bordeaux.

Par une ordonnance du 13 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 mai 2024.

Un mémoire en défense a été enregistré pour le rectorat de l'académie de Bordeaux, le 13 septembre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été analysé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Josserand,

- et les conclusions de Mme Caste, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, enseignante contractuelle au Lycée Georges Leygues - Louis Couffignal, a été placée en congé maladie du 9 novembre 2020 au 2 avril 2021. Par un décompte de rappel de paie de juin 2021, le recteur de l'académie de Bordeaux lui a notifié un rappel de traitement de 1 318,50 euros. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler le titre de perception du 10 mai 2022 par lequel le directeur régional des finances publiques de la région Nouvelle-Aquitaine lui a réclamé le versement d'une somme de 2 936,79 euros en répétition d'un indu de rémunération et de prononcer la décharge de l'obligation de payer cette somme.

2. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire attaqué correspond, d'une part, au reliquat de l'indu de traitement dont la requérante a bénéficié entre le 17 février et le 2 avril 2021 ainsi que d'une journée de carence, pour un montant de 1 318,50 euros, tel que figurant dans le décompte de rappel de juin 2021. Sur ce montant, 513 euros ont été retenus au cours du mois de juin 2021, de sorte que l'administration réclame encore à ce titre à Mme B une somme de 805,50 euros. Ce titre correspond également, d'autre part, au reliquat des indemnités journalières de la sécurité sociale qui lui ont été versées par sa mutuelle durant son arrêt maladie pour la période du 3 décembre 2020 au 2 avril 2021. Par une décision du 17 décembre 2020, l'académie de Bordeaux a ainsi mis à la charge de l'intéressée une première somme de 661,10 euros correspondant à la période du 9 novembre au 2 décembre 2020, qui a été intégralement retenue sur la paie de la requérante de février 2021. Par une décision du 4 janvier 2020, elle a mis à sa charge une seconde somme de 1 007,50 euros correspondant à la période du 3 décembre 2020 au 3 janvier 2021, dont 357,93 euros ont été recouvrés en février 2021. Elle a également mis à sa charge une troisième somme de 500,20 euros correspondant à la période du 12 janvier au 12 février 2021, dont 473 euros ont été retenue sur la paie de de mars 2021. Par une décision du 10 mars 2021, elle a mis à sa charge une quatrième somme de 1 033,79 euros correspondant à la période du 13 février 2021 au 15 mars 2021, dont 100,20 euros ont déjà été retenus sur la paie d'avril 2021. Par une décision du 13 avril 2021, elle a mis à sa charge une cinquième somme de 600,20 euros correspondant à la période du 16 mars au 2 avril 2021, dont 455 euros ont été retenus sur la paie de mai 2021. Le montant des sommes restant dues par Mme B a ces différents titres s'élève donc à 3 141,60 euros. Enfin, le titre exécutoire comprend également la récupération d'heures supplémentaires pour un montant total de 318,50 euros ainsi que d'une journée de carence supplémentaire pour un montant de 57,32 euros.

3. Ainsi, Mme B, qui ne conteste pas sérieusement être redevable à l'administration de ces différentes sommes, n'est, en tout état de cause, pas fondée à soutenir que le titre de recette en litige serait entaché d'une erreur de liquidation en tant que son montant est supérieur à 1 318,50 euros.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au recteur de l'académie de Bordeaux. Copie en sera adressée à la direction régionale des finances publiques de la région Nouvelle-Aquitaine.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bourgeois, président,

Mme Jaouen, première conseillère,

M. Josserand, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

Le rapporteur,

L. JOSSERAND Le président,

M. BOURGEOIS

La greffière,

I. MONTANGON

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,