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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2302054

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2302054

mardi 18 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2302054
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge social

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme C, qui contestait le refus de la CAF de la Gironde de lui accorder une remise gracieuse sur un indu de prime d'activité de 3 355,45 euros. Le juge a estimé que, bien que Mme C soit de bonne foi, sa situation financière (salaire mensuel d'environ 2 000 euros, loyer modéré) ne démontrait pas une précarité suffisante pour justifier une remise de dette. La décision s'appuie sur l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui conditionne la remise à la bonne foi ou à la précarité du débiteur.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 avril 2023, et un mémoire en production de pièces, enregistré le 16 mai 2023, Mme B C demande au tribunal d'annuler la décision du 4 avril 2023 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Gironde a refusé de lui accorder la remise gracieuse de sa dette concernant un indu de prime d'activité d'un montant de 3 355,45 euros pour la période du 1er juillet 2021 au 30 novembre 2022.

Elle soutient que :

* elle est de bonne foi ;

* sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2024, la caisse d'allocations familiales de la Gironde, représentée par sa directrice, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

* le code de la sécurité sociale ;

* le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Naud, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Naud, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, née en 1974, était bénéficiaire de la prime d'activité. Le 9 décembre 2022, un indu d'un montant de 3 355,45 euros lui a été réclamé pour la période du 1er juillet 2021 au 30 novembre 2022. Le 14 décembre 2022, elle a sollicité la remise gracieuse de sa dette. Le 4 avril 2023, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Gironde lui a opposé un refus. Mme C demande au tribunal l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. / () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

4. Il est à relever que le présent litige ne porte pas sur la contestation du bien-fondé de l'indu, où pour obtenir l'annulation du refus opposé à son recours administratif préalable obligatoire, il appartiendrait à la requérante d'établir qu'elle remplissait les conditions pour bénéficier de l'allocation en cause, mais concerne une demande de remise gracieuse de dette, pour laquelle la requérante doit justifier, en premier lieu, de sa bonne foi et, dans un second temps, de sa situation de précarité.

5. D'une part, il résulte de l'instruction que l'indu réclamé à Mme C a pour origine des déclarations de ressources omettant de mentionner les revenus perçus par sa fille A, née en 2003, en qualité d'apprentie. Le caractère intentionnel d'une telle omission, qui n'a pas été réitérée une fois l'obligation de déclaration signalée, n'est pas établi. Dès lors, aucune manœuvre frauduleuse ou fausse déclaration ne saurait être retenue à l'encontre de la requérante, qui s'avère de bonne foi.

6. Mais d'autre part, il résulte de l'instruction que Mme C vit maintenant seule, sa fille A n'étant plus à sa charge. Au titre de ses ressources, elle ne conteste pas qu'elle a déclaré un salaire de 2 041 euros au mois de septembre, de 2 296 euros au mois d'octobre et de 2 055 euros au mois de novembre 2024. Au titre de ses charges, elle justifie d'un loyer de 586,71 euros charges comprises au mois d'avril 2023, outre des dépenses courantes notamment d'énergie et de téléphonie. Il s'avère aussi que le 30 janvier 2024, la commission de surendettement des particuliers de la Gironde, statuant sur la situation de la requérante, a validé sans effacement la créance en litige de la caisse d'allocations familiales en fixant le remboursement du reste à payer de 3 269,67 euros en quinze mensualités de 217,98 euros. Au regard de l'ensemble de cette situation financière, il n'est pas établi que le remboursement par Mme C de sa dette serait susceptible de compromettre durablement l'équilibre de son budget et de menacer la satisfaction des besoins élémentaires de son foyer. Dans ces conditions, un refus de remise de dette a pu à bon droit lui être opposé.

7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Gironde en date du 4 avril 2023.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles. Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2025.

Le magistrat désigné,

G. NAUD

La greffière,

C. AHIN

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

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