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Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2302356

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2302356
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux a été saisi par Mme B d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du préfet de la Gironde du 21 septembre 2023 rejetant sa demande de carte de séjour temporaire. Le tribunal constate que cet arrêté a déjà été annulé par un jugement du 27 juin 2024, passé en force de chose jugée. En application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, il prononce un non-lieu à statuer sur les conclusions d’annulation et d’injonction, devenues sans objet. Les conclusions accessoires sont rejetées, et l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle n’est plus nécessaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Lanne, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2023 qui s'est substitué à la décision implicite née le 28 janvier 2023 par laquelle le préfet de la Gironde a rejeté sa demande de carte de séjour temporaire ;

3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Gironde de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois suivant jugement à intervenir et lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans cette attente ;

4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de la Gironde de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois suivant jugement et lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans cette attente ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat à verser à la requérante la somme de 1.500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, avec application du bénéfice des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 au profit de Me Lanne.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2024, le préfet de la Gironde conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions tendant au paiement des frais de procès.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. Lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première.

3. En l'espèce, par arrêté du 21 septembre 2023, le préfet de la Gironde a expressément rejeté la demande de titre de séjour présentée par Mme B. Les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de cette demande de titre de séjour doivent donc être regardées comme dirigées contre l'arrêté précité. Or, par un jugement du 27 juin 2024 passé en force de chose jugée faute d'avoir été frappé d'appel, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé cet arrêté du 21 septembre 2023. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme B ont perdu leur objet.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre une somme à la charge de l'Etat au titre des frais liés au litige, ni n'admettre provisoirement Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle, celle-ci ayant été admise au bénéfice de cette aide par décision du 28 novembre 2023.

ORDONNE:

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de Mme B.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'annulation et d'injonction présentées par Mme B.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 14 octobre 2024.

Le président de la 4ème chambre,

D. Katz

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,