mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2302631 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GUYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 mai 2023, M. B A, représenté par Me Guyon, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un récépissé ou un titre de séjour l'autorisant à travailler, et ce, dans un délai de quarante-huit heures sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. A soutient que :
- entré en France le 25 mai 2018, il a déposé une demande de titre de séjour en tant que parent d'enfant français auprès des services de la Gironde le 18 janvier 2021 et, si l'autorité préfectorale lui a refusé la délivrance de ce titre, par arrêté du 27 août 2021, cette décision a été annulée par arrêt du 27 septembre 2022 de la cour administrative d'appel de Bordeaux ;
- en exécution de l'injonction prononcée par la cour, il s'est vu remettre un récépissé de demande de titre le 22 novembre 2022, dont la validité expirait le 21 mars 2023 ;
- ses demandes de renouvellement du récépissé ou de délivrance d'un titre en date des 15 mars, 4 avril et 24 avril 2023 sont restées sans réponse ;
- l'autorité préfectorale lui a opposé, le 4 mai 2023, une décision de classement sans suite de sa demande de renouvellement, dépourvue de toute explication ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'en l'absence de récépissé, la formation de " Titre professionnel peintre industriel " qu'il suit et la rémunération associée assurée par la région Nouvelle-Aquitaine ont été suspendues, son stage en entreprise prévu à compter du 22 mai n'ayant pu débuter ;
- le défaut de récépissé remet également en cause son recrutement en qualité de peintre industriel sur un contrat à durée indéterminée par une entreprise spécialisée, alors que sa situation financière est préoccupante ;
- le refus de délivrance d'un nouveau récépissé porte une atteinte grave et manifestement illégale, d'une part, au droit à l'éducation reconnu par le 1er protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que par le Préambule de la Constitution du 4 octobre 1958 qui renvoie au Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, droit qui constitue une liberté fondamentale rappelée aux articles L. 111-1 et L. 111-2 du code de l'éducation, d'autre part, au droit au travail protégé par l'article 15 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, son contrat de formation professionnelle relevant de l'article L. 6353-3 du code du travail, enfin, à liberté d'aller et venir, principe de valeur constitutionnelle garanti par l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 2 du protocole additionnel n° 4 à cette convention.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution et notamment son Préambule ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ensemble ses protocoles additionnels n° 1 et 4 ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de l'éducation ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'injonction :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ". L'article L. 522-3 dispose cependant que " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. En distinguant les deux procédures prévues par les articles L. 521-1 et L. 521-2 mentionnés au point 1, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles est subordonnée l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.
3. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. / () ".
4. Pour soutenir que sa demande d'injonction répond à une urgence, M. B A, ressortissant malgache né le 24 janvier 1988 à Toamasina, à Madagascar, soutient que le défaut de récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour a pour conséquence de l'empêcher de poursuivre la formation qu'il a entreprise et de le priver du contrat de travail à durée indéterminée qui lui est proposé.
5. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A s'est vu reconnaître un droit à l'obtention d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " par un arrêt du 27 septembre 2022 de la troisième chambre de la cour administrative d'appel de Bordeaux. A la suite de cette décision juridictionnelle, l'intéressé a été invité, par courrier du 17 octobre 2022, à se présenter le 22 novembre 2022 dans les services préfectoraux, pour le dépôt des pièces nécessaires à la délivrance du titre de séjour revendiqué et accordé par la formation de jugement précitée. L'intéressé s'est alors vu remettre un récépissé de demande de titre valable jusqu'au 21 mars 2023. Selon les mentions portées sur le récépissé, ce document n'était valable qu'accompagné du titre étranger de l'intéressé établissant son identité, qui était valide du 15 mars 2018 au 14 mars 2023. Il n'est pas établi que M. A puisse justifier d'un titre étranger en cours de validité, pour la remise d'un nouveau récépissé. Dans ces conditions, la situation dénoncée par M. A, d'une part, ne saurait créer une situation d'urgence de nature à justifier que le juge prenne une mesure dans un délai de quarante-huit heures, d'autre part, ne révèle pas une atteinte manifestement illégale à une liberté fondamentale, l'intéressé bénéficiant en tout état de cause d'une décision juridictionnelle lui reconnaissant le droit de séjourner en France.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative.
Sur l'aide juridictionnelle et les conclusions relatives aux frais de l'instance :
7. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement " et aux termes de l'article 20 de cette loi : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Il résulte des points précédents que la requête de M. A ne satisfait pas de manière manifeste aux conditions fixées par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Dès lors, et en vertu des dispositions précitées de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
8. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. A demande le versement au profit de son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête n° 2302631 de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Guyon.
Copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 23 mai 2023.
Le juge des référés,
J-M. Bayle
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026