vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2303306 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge social |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juin 2023, et un mémoire en production de pièces, enregistré le 4 juillet 2023, Mme A C demande au tribunal d'annuler la décision du 13 juin 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne a accordé à M. B C une remise gracieuse partielle à hauteur de 455,51 euros de sa dette concernant un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 944,01 euros pour la période du 1er mai au 31 juillet 2022, en tant qu'il ne lui a pas été accordé une remise totale de sa dette.
Elle soutient que :
* elle est de bonne foi ;
* sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2023, le département de la Dordogne, représenté par le président du conseil départemental, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de l'action sociale et des familles ;
* le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Naud, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Naud, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, né en 1985, est bénéficiaire du revenu de solidarité active. Le 17 avril 2023, un indu d'un montant de 944,01 euros lui a été réclamé pour la période du 1er mai au 31 juillet 2022. Le 24 avril 2023, il a sollicité, avec son épouse, Mme A C, née en 1988, la remise gracieuse de sa dette. Le 13 juin 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne lui a accordé une remise partielle à hauteur de 455,51 euros. Mme C demande au tribunal l'annulation de cette décision en tant qu'il n'a pas été accordé à M. C une remise totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. / () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
4. Aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles : " () / L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'État () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. / () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
5. D'une part, il résulte de l'instruction que l'indu réclamé à M. C a pour origine des déclarations de ressources omettant de mentionner les revenus perçus par son épouse grâce à la vente de vêtements sur une plateforme en ligne. Le caractère intentionnel d'une telle omission n'est pas établi, alors qu'il s'agit de transactions effectuées à titre personnel hors de son activité professionnelle d'auto-entrepreneure. Dès lors, aucune manœuvre frauduleuse ou fausse déclaration ne saurait être retenue à l'encontre de M. et Mme C, qui s'avèrent de bonne foi.
6. Mais d'autre part, il résulte de l'instruction que le foyer de M. C est composé de lui-même, de son épouse et de leur enfant né en 2020. D'après les déclarations de la requérante, M. C, agent de la direction générale des finances publiques, est en congé parental et n'a pas de revenus. En ce qui la concerne, elle justifie avoir perçu l'allocation d'aide au retour à l'emploi à hauteur de 1 579,83 euros bruts au mois de juillet 2022, tandis qu'elle fait état d'un chiffre d'affaires brut de son auto-entreprise de 1 491,25 euros au mois de juin 2022 et de 170 euros au mois de juillet 2022. Ils ont aussi reçu de la caisse d'allocations familiales le revenu de solidarité active, la prime d'activité et la prestation d'accueil du jeune enfant à hauteur de 837,40 euros au mois de juillet 2022 hors rappels de droits. Au titre de leurs charges, M. et Mme C, qui sont propriétaires de leur logement, justifient d'échéances mensuelles de remboursement de crédits immobiliers d'un montant de 378,01 euros et de 623,08 euros et d'un autre crédit d'un montant de 211,53 euros, outre la taxe foncière et des dépenses courantes d'assurance, d'eau, d'énergie et de téléphonie. Au regard de l'ensemble de cette situation financière, il n'est pas établi que le remboursement du reliquat de leur dette serait susceptible de compromettre durablement l'équilibre de leur budget et de menacer la satisfaction des besoins élémentaires de leur foyer. Dans ces conditions, le directeur de la caisse d'allocations familiales a pu à bon droit estimer que leur situation de précarité justifie seulement que soit accordée à M. C la remise gracieuse partielle de sa dette à hauteur de 455,51 euros.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne en date du 13 juin 2023 en tant qu'il n'a pas été accordé à M. C une remise totale de sa dette.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au département de la Dordogne. Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Dordogne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
G. NAUD
La greffière,
P. GAULON
La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026