mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2303319 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge social |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juin 2023, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 25 mai 2023 par laquelle la commission de médiation de la Gironde, saisie au titre du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, a rejeté sa demande tendant à être désignée comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social.
Elle soutient que :
* elle a 21 ans et elle a une fille âgée de 2 ans dont elle a la garde exclusive ;
* elle est sans domicile depuis le 15 mai 2022 ; elle alterne les hébergements chez sa mère, des amis et à l'hôtel ; elle ne peut avoir d'hébergement stable car sa présence entraîne souvent des conflits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
* les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés ;
* elle a conclu un contrat de location avec un bailleur social pour un logement situé à Mérignac avec prise d'effet le 1er février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de la construction et de l'habitation ;
* le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains ;
* le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Naud, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Naud, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a saisi, au titre du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la commission de médiation de la Gironde d'une demande tendant à être désignée comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le 24 février 2023. La commission lui a opposé un refus, le 25 mai 2023. Mme A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " () / II. La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. Elle peut aussi être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur ou une personne à sa charge est logé dans un logement non adapté à son handicap, au sens du même article L. 114. / () ".
3. Aux termes de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département (). / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / () / - être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance / () / La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus ".
4. Il ressort des pièces du dossier que pour rejeter la demande de Mme A, la commission de médiation a estimé " que la requérante est hébergée chez un tiers ascendant ayant obligation alimentaire ; / () que la requérante n'apporte pas d'éléments probants, tendant à démontrer des difficultés dans les hébergements, qui justifieraient une urgence et une priorité à un relogement ". La requérante soutient qu'elle a 21 ans, qu'elle a une fille âgée de 2 ans dont elle a la garde exclusive, qu'elle est sans domicile depuis le 15 mai 2022, qu'elle alterne les hébergements chez sa mère, des amis et à l'hôtel et qu'elle ne peut avoir d'hébergement stable car sa présence entraîne souvent des conflits. Toutefois, ses allégations ne sont étayées par aucun commencement de preuve. En particulier, elle n'apporte aucune précision quant à ses conditions d'hébergement chez sa mère. Dans ces conditions, le refus qui a été opposé à Mme A s'avère fondé au vu de l'examen global de sa situation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de la commission de médiation de la Gironde en date du 25 mai 2023.
6. Au demeurant, la requérante ne conteste pas qu'elle a conclu un contrat de location avec un bailleur social pour un logement situé à Mérignac avec prise d'effet en cours d'instance, le 1er février 2024, ainsi que l'indique le préfet de la Gironde en défense.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine. Copie en sera adressée au préfet de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
G. NAUD
La greffière,
C. AHIN
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026