vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2303670 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge social |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2023, Mme A C demande au tribunal d'annuler la décision du 6 juin 2023 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Gironde a refusé de lui accorder la remise gracieuse de sa dette concernant un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 341,31 euros pour la période du 1er janvier au 30 juin 2022.
Elle soutient que :
* elle est de bonne foi ;
* sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, la caisse d'allocations familiales de la Gironde, représentée par sa directrice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de la construction et de l'habitation ;
* le code de la sécurité sociale ;
* le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Naud, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Naud, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, née en 1966, est bénéficiaire de l'aide personnalisée au logement. Le 12 décembre 2022, un indu d'un montant de 341,31 euros lui a été réclamé pour la période du 1er janvier au 30 juin 2022. Le 28 décembre 2022, elle a sollicité la remise gracieuse de sa dette. Le 6 juin 2023, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Gironde lui a opposé un refus. Mme C demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. / () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. D'une part, il résulte de l'instruction que l'indu réclamé à Mme C a pour origine un nouveau calcul de ses droits à l'aide personnalisée au logement sur la base de ses ressources, qui s'élevaient à 17 700 euros du 1er décembre 2020 au 30 novembre 2021, soit un droit du 1er janvier au 31 mars 2022 à 70 euros par mois au lieu de 99,77 euros, et qui s'élevaient à 20 200 euros du 1er mars 2021 au 28 février 2022, soit un droit du 1er avril au 30 juin 2022 à 0 euro par mois au lieu de 84 euros. La volonté manifeste de tromper l'administration n'est pas établie, ni d'ailleurs un quelconque retard de déclaration. Dès lors et ainsi que l'admet la caisse d'allocations familiales, aucune manœuvre frauduleuse ou fausse déclaration ne saurait être retenue à l'encontre de la requérante, qui s'avère de bonne foi.
5. Mais d'autre part, il résulte de l'instruction que le foyer de Mme C est composé d'elle-même et de sa fille B née en 2004. La requérante produit son avis d'impôt établi en 2022 sur les revenus de 2021 qui corrobore ses ressources telles que mentionnées au point précédent. Elle établit aussi que son quotient familial était de 882 euros à compter du mois de janvier 2023, ainsi que la caisse d'allocations familiales le lui a indiqué le 6 juillet 2023. À cet égard, il convient de préciser que pour retenir dans la décision attaquée un quotient familial de 1 137 euros, la caisse d'allocations familiales s'est fondée sur les éléments de calcul prévus à l'article D. 553-1 du code de la sécurité sociale. Enfin, il ressort de l'attestation de loyer produite en défense que son loyer s'élevait à 371,19 euros à la date de son entrée dans les lieux, le 1er juin 2021. Au regard de l'ensemble de cette situation financière, il n'est pas établi que le remboursement par Mme C de sa dette serait susceptible de compromettre durablement l'équilibre de son budget et de menacer la satisfaction des besoins élémentaires de son foyer. Dans ces conditions et en l'état de l'instruction, un refus de remise de dette a pu à bon droit lui être opposé.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Gironde en date du 6 juin 2023.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine. Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
G. NAUD
La greffière,
P. GAULON
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026