mardi 20 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2303683 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DELAVALLADE - RAIMBAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juillet 2023, Mme B C, représentée par Me Lageyre, demande au tribunal :
1°) de condamner Bordeaux Métropole à lui verser la somme totale de 42 058,44 euros en réparation de ses préjudices ;
2°) de mettre à la charge de Bordeaux Métropole la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de Bordeaux Métropole est engagée sur le fondement de la responsabilité décennale, le caveau où reposait la dépouille de son mari au cimetière du parc Rive Gauche de Mérignac, que Bordeaux Métropole exploite, étant impropre à sa destination ;
- ses préjudices en lien avec ce dommage doivent être indemnisés à hauteur de 4 528,04 euros en remboursement du coût du caveau et de la concession acquis le 13 août 2011, de 21 312 euros au titre des frais exposés pour déplacer la dépouille de son mari dans un nouveau caveau d'une nouvelle concession, de 1 218,40 euros au titre des frais d'huissier et de 15 000 euros au titre du préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2024, Bordeaux Métropole, représenté par la SCP Delavallade Raimbault, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme C le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- sa responsabilité décennale n'est pas susceptible d'être engagée en l'espèce dès lors que Bordeaux Métropole n'est pas constructeur du caveau, les désordres constatés ne sont pas en lien avec des travaux et aucune réception ni délai décennal ne saurait être retenue ;
- à titre subsidiaire, les demandes indemnitaires seront rejetées en l'absence de lien de causalité et dès lors qu'elles aboutiraient à une double indemnisation du préjudice de Mme C.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 15 juin 2023 par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par M. A.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lorrain Mabillon ;
- les conclusions de M. Roussel Cera, rapporteur public ;
- les observations de Me Lageyre, représentant Mme C ;
- et les observations de Me Houppe, représentant Bordeaux Métropole.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux arrêtés du président de la communauté urbaine de Bordeaux du 13 août 2011, Mme C a obtenu dans le cimetière du parc Rive Gauche à Mérignac, exploité par Bordeaux Métropole, une concession de terrain trentenaire et la cession du caveau situé sur ce terrain, à l'effet d'y fonder une sépulture de famille, destinée à accueillir la dépouille de son époux, décédé le 12 aout 2011. Informée courant 2014 de l'inondation du caveau voisin, Mme C a entrepris des démarches auprès de Bordeaux Métropole. Le 25 août 2020, Bordeaux Métropole a procédé à l'ouverture du caveau, et au pompage de l'eau présente dans celui-ci. Le 10 mars 2021, Mme C a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux qui, par une ordonnance du 19 juillet 2021, a ordonné une expertise. L'expert désigné par le tribunal a remis son rapport le 5 juin 2023. Par sa requête, Mme C demande la condamnation de Bordeaux Métropole à l'indemniser des préjudices résultant de l'inondation du caveau.
Sur la responsabilité de Bordeaux Métropole :
2. En se bornant à soutenir que les désordres sont de nature à engager la responsabilité décennale de Bordeaux Métropole et en renvoyant au rapport d'expertise judiciaire, sans préciser davantage le fondement juridique de sa demande, la qualité de Bordeaux Métropole, alors que la collectivité publique indique qu'elle ne peut être regardée comme constructeur, ni justifier, au demeurant, de l'apparition des désordres dans le délai décennal qu'elle invoque, Mme C n'assortit pas sa requête des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Il s'ensuit que, sans qu'il soit besoin d'examiner sa recevabilité, sa requête ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les dépens :
3. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".
4. Eu égard à l'attitude adoptée pendant les opérations d'expertise par Bordeaux Métropole, qui n'a pas déféré aux demandes de pièces présentées par l'expert judiciaire puis par la présidente du tribunal, il y a lieu, dans les circonstances particulières de l'affaire, de mettre à la charge définitive de Bordeaux Métropole les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 2 580 euros par ordonnance du 15 juin 2023.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Bordeaux Métropole, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme C une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Bordeaux Métropole présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 2 580 euros, sont mis à la charge définitive de Bordeaux Métropole.
Article 3 : Les conclusions de Bordeaux Métropole présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et à Bordeaux Métropole.
Délibéré après l'audience du 22 avril 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvin, présidente,
Mme Ballanger, première conseillère,
Mme Lorrain Mabillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mai 2025.
La rapporteure,
A. LORRAIN MABILLON La présidente,
A. CHAUVIN
La greffière,
C. JANIN
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026