mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2303893 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET BERTIN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juillet 2023 et des mémoires enregistrés, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Le Hameau de La Pelou, ci-après EHPAD, représenté par Me Thiry, demande au juge des référés :
1°) de condamner in solidum la société Alumin, M. A B, le Groupe Loisier, la société Bureau Veritas Construction et la SMABTP à lui verser, à titre provisionnel, la somme de 545 426,97 euros TTC, en réparation des désordres affectant les baies vitrées de la résidence, assortie des intérêts au taux légal capitalisés à compter de la date d'enregistrement de la requête ;
2°) de mettre à la charge, in solidum, de la société Alumin, de M. A B, du Groupe Loisier, de la société Bureau Veritas et de la SMABTP une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés pour l'instance.
Elle soutient que :
- les désordres présentent un caractère décennal et sont imputables à l'ensemble des constructeurs mis en cause ;
- son action n'est pas prescrite ;
- la provision sollicitée ne présente pas un caractère sérieusement contestable.
Par un mémoire enregistré le 29 juillet 2024, la société d'assurance SMABTP, représentée par Me Bertin, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à la condamnation de la société Alumin, de M. A B, du Groupe Loisier et de la société Bureau Veritas à la garantir des condamnations prononcées à son encontre.
Elle soutient que les ouvrages à l'origine des désordres découlent des travaux de reprises effectués en 2012 et non des travaux pour lesquels l'assurance dommages ouvrage a été souscrite ; que le caractère décennal des désordres n'est pas contestable et que ceux-ci sont imputables à l'ensemble des constructeurs mis en cause.
Par un mémoire enregistré le 30 juillet 2024, M. B et la société Groupe Loisier, représentés par Me Milon, concluent, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que la société Socotec et la société Alumin soient condamnées à les garantir et relever intégralement indemnes des condamnations provisionnelles susceptibles d'être prononcées à leur encontre, à défaut les garantir de ces condamnations dans une proportion qui ne saurait être inférieure à 80%, en tout état de cause, à qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de l'EHPAD au titre des frais qu'il a exposés pour l'instance, outre les entiers dépens.
Ils soutiennent que l'action en responsabilité décennale de l'EHPAD est prescrite ; qu'ils n'ont commis aucune faute dans l'exécution de leurs prestations contractuelles ; que seuls des 25 menuiseries décrites comme fuyardes dans la requête en référé expertise sont susceptibles d'indemnisation.
Par lettre du 25 octobre 2024, le tribunal a demandé à l'EHPAD de produire, dans le délai de dix jours, toutes pièces susceptibles de venir au soutien de sa requête afin de compléter l'instruction du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Manuel Bourgeois, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé en application des dispositions du livre V du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
2. L'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Le Hameau de La Pelou, ci-après EHPAD a fait construire une résidence destinée à accueillir des personnes âgées dépendantes sur la commune de Créon. La maîtrise d'œuvre de cette opération a été confiée à M. A B, architecte, en cotraitance avec le groupe Loisier et son contrôle technique à la société Bureau Veritas Construction. La société Alumin s'est vue attribuer le lot " menuiseries aluminium " du marché de travaux correspondant. Enfin, l'EHPAD a souscrit une assurance dommage-ouvrage auprès de la société SMABTP. L'EHPAD demande au juge des référés de condamner in solidum la société Alumin, M. A B, le Groupe Loisier, la société Bureau Veritas Construction et la SMABTP à lui verser, à titre provisionnel, une somme de 545 426,97 euros TTC sur le fondement de la garantie décennale en réparation des désordres affectant les baies vitrées de la résidence.
Sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête :
3. L'EHPAD soutient que la réception des ouvrages a été prononcée le 22 avril 2008 et que les réserves ont été levées le 30 mars 2009. Elle ajoute que des infiltrations d'eau de pluie sont toutefois apparus sous les châssis des chambres des résidents en juin 2010 puis en novembre 2010 et que des travaux reprises ont été réalisés en 2012 par la société Alumin. Enfin, elle se prévaut de l'apparition de nouvelles infiltrations qui se serait produites à compter de la fin de l'année 2017 et seraient de nature à engager la responsabilité des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale. Toutefois, elle ne produit aucune pièce à l'appui de ces allégations et, en particulier pas le rapport qu'aurait rendu le 3 janvier 2022 l'expert nommé par le tribunal pour examiner les désordres en cause et leur imputabilité ni aucune pièce contractuelle en dépit de la demande par laquelle le tribunal lui a demandé, le 11 octobre 2024 de produire, dans le délai de dix jours les pièces susceptibles de venir au soutien de sa requête.
4. Dans ces conditions, l'EPHAD ne peut être regardé comme justifiant, avec un degré suffisant de certitude, être titulaire à l'encontre des entreprises mises en cause d'une obligation non sérieusement contestable. Par suite sa requête ne peut qu'être rejetée, y compris ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de M. B et de la société Groupe Loisier tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'EHPAD Le Hameau de La Pelou est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Alumin, à M. B, au Groupe Loisier, à la société Bureau Veritas Construction, à la SMABTP. ainsi qu'à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Le Hameau de La Pelou.
Fait à Bordeaux le 3 décembre 2024.
Le juge des référés,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2303893
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026