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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2304419

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2304419

jeudi 18 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2304419
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Bordeaux rejette l’opposition formée par M. C... contre une contrainte émise par la caisse d’allocations familiales de la Gironde pour le recouvrement d’une dette de 271 euros. Le requérant n’a pas produit, malgré une invitation, la copie intégrale de la signification de la contrainte, ce qui rend sa requête manifestement irrecevable. En application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, le juge rejette la requête sans examiner le fond, faute de preuve de la régularité de la notification de la contrainte. Les textes appliqués sont le code de la sécurité sociale (articles L. 161-1-5 et R. 133-3) et le code de procédure civile (articles 655, 658 et 664-1).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 août 2023, M. A... C... doit être regardé comme formant opposition à la contrainte émise par le directeur de la caisse d’allocations familiales de la Gironde en vue du recouvrement d’une dette d’un montant de 271 euros.

Il soutient que la dette objet de la contrainte avait été réglée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de procédure civile ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Willem, premier conseiller, en application des dispositions des articles R. 222-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. Par sa requête, M. A... C..., qui n’a pas produit, malgré une invitation en ce sens du tribunal, la copie intégrale de la signification de la contrainte qu’il conteste, forme opposition à cette contrainte qui apparait avoir été émise le 13 juin 2023 par la caisse d’allocations familiales de la Gironde pour le recouvrement d’une dette d’un montant de 271 euros.


2. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) / ; (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (…), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ».

Sur l’opposition à contrainte :

3. Aux termes de l’article L. 161-1-5 du même code : « Pour le recouvrement d’une prestation indûment versée (…), le directeur d’un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d’opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d’un jugement et confère notamment le bénéfice de l’hypothèque judiciaire ». Aux termes de l’article R. 133-3 dudit code : « (…) La contrainte est signifiée au débiteur par acte d’huissier de justice (…). À peine de nullité, l’acte d’huissier (…) mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l’opposition doit être formée, l’adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. / L’huissier de justice avise dans les huit jours l’organisme créancier de la date de signification. / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié (…) par lettre recommandée avec demande d’avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L’opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l’organisme créancier dans les huit jours de la réception de l’opposition. / La décision du tribunal, statuant sur opposition, est exécutoire de droit à titre provisoire ». Aux termes de l’article 655 du code de procédure civile : « Si la signification à personne s'avère impossible, l'acte peut être délivré soit à domicile, soit, à défaut de domicile connu, à résidence. / L'huissier de justice doit relater dans l'acte les diligences qu'il a accomplies pour effectuer la signification à la personne de son destinataire et les circonstances caractérisant l'impossibilité d'une telle signification./ La copie peut être remise à toute personne présente au domicile ou à la résidence du destinataire./ La copie ne peut être laissée qu'à condition que la personne présente l'accepte et déclare ses nom, prénoms et qualité./ L'huissier de justice doit laisser, dans tous ces cas, au domicile ou à la résidence du destinataire, un avis de passage daté l'avertissant de la remise de la copie et mentionnant la nature de l'acte, le nom du requérant ainsi que les indications relatives à la personne à laquelle la copie a été remise.». Aux termes de l’article 658 du même code : « Dans tous les cas prévus aux articles 655 et 656, l'huissier de justice doit aviser l'intéressé de la signification, le jour même ou au plus tard le premier jour ouvrable, par lettre simple comportant les mêmes mentions que l'avis de passage et rappelant, si la copie de l'acte a été déposée en son étude, les dispositions du dernier alinéa de l'article 656. La lettre contient en outre une copie de l'acte de signification. (…) ». Aux termes, enfin, de l’article 664-1 du même code : « La date de la signification d'un acte d'huissier de justice (…) est celle du jour où elle est faite à personne, à domicile, à résidence (…) ».

4. Sauf texte contraire, les délais de recours devant les juridictions administratives sont, en principe, des délais francs, leur premier jour étant le lendemain du jour de leur déclenchement et leur dernier jour étant le lendemain du jour de leur échéance, et les recours doivent être enregistrés au greffe de la juridiction avant l’expiration du délai. Toutefois, il résulte des dispositions précitées de l’article R. 133-3 du code de la sécurité sociale, applicables également au


contentieux général de la sécurité sociale, qui relève des juridictions judiciaires, que, ainsi que cela est le cas devant ces juridictions en vertu des articles 642 et 668 du code de procédure civile, l’opposition à contrainte doit seulement être « adressée » à la juridiction compétente, c’est-à-dire expédiée en cas d’envoi postal, avant le terme du délai de quinze jours à compter de la signification de la contrainte, qui n’est pas un délai franc mais est seulement susceptible de prorogation jusqu’au premier jour ouvrable suivant s’il expire normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé.

5. Il résulte de l’instruction que la contrainte émise le 13 juin 2023 par la caisse d’allocations familiales de la Gironde apparait comme ayant été signifiée à domicile par commissaire de justice le 20 juillet 2023. La remise en personne ou à un tiers de la contrainte étant impossible au 49 Place des Capucins à Bordeaux, où l’intéressé est domicilié, M. C... a été avisé de la signification par lettre simple du 21 juillet 2023, à laquelle était annexée la copie de cette signification, et de ce que la copie de la contrainte avait été déposée à l’étude. Il résulte ainsi de l’instruction que la contrainte a été régulièrement signifiée à domicile le 20 juillet 2023. Cette contrainte comportait, par ailleurs, la mention des délais et voies de recours, notamment le délai d’opposition de quinze jours prévu par les dispositions précitées du code de la sécurité sociale. Ainsi, à compter de la date du 20 juillet 2023, le requérant disposait d’un délai de 15 jours pour former opposition à la contrainte, soit jusqu’au vendredi 4 août 2023 à 23h59. Or, l’opposition à contrainte de M. C... n’a été adressée par pli recommandé que le 5 août 2023 à 11h32. Par suite, l’opposition à contrainte est tardive et manifestement irrecevable au sens des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

6. Au surplus, M. C... se borne à soutenir que la dette objet de la contrainte avait été réglée et qu’il avait la preuve de ce paiement apparaissant sur son compte bancaire. Toutefois, alors que l’intéressé n’apporte pas au dossier cette preuve ni aucun autre élément attestant de ce que sa dette était soldée, son moyen n’est manifestement pas assorti des précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé au sens des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222- 1 du code de justice administrative.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions citées au point 2.



DÉCIDE :



Article 1er : La requête de M. A... C... est rejetée.









Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C....

Fait à Bordeaux le 18 décembre 2025.



Le magistrat désigné,

E. WILLEM




La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,

la greffière,


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